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Maroc-Energie-Environnement : la main droite sait-elle ce que fait la gauche ?
Publié dans EcoActu le 17 - 01 - 2023

« La main droite ne sait pas ce que fait la main gauche« . Il est utile de mettre en lumière la pertinence de ce vieil adage lorsqu'on découvre à quel point un Département Ministériel peut agir en faisant abstraction des engagements pris par un autre Département du même Ministère !
En 2019, le Département de l'Environnement (de l'ex-MEME, dirigé par Mr. Aziz RABBAH jusqu'en octobre 2021, devenu depuis lors MTEDD et dirigé par Mme. Leila BENALI) a déposé son 2ème Rapport Biennal[1] qui a suivi l'engagement du Maroc dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur les Changements Climatiques, désignée par les « Accords de Paris sur le Climat » (2015). Seules quelques incompatibilités entre les engagements des uns et les actions des autres seront soulignées, mais y en a-t-il d'autres ?
Introduction
Pour tout projet ayant un objectif donné dans un contexte prédéfini, les moyens mobilisés doivent avoir l'efficience nécessaire pour atteindre le résultat escompté (objectif). Les actions menées doivent être en cohérence interne avec les ressources (moyens) mobilisées et suffisamment efficaces pour servir la finalité attendue. La Figure 1 montre la représentation du tétraèdre que forment les Moyens, les Actions et le Contexte avec l'Objectif, (« MACO« ).
Figure 1 Tétraèdre que forment les Moyens, les Actions et le Contexte avec l'Objectif d'un projet (« MACO« )
La représentation « MACO » ne rappelle pas que la forme de la molécule d'ammoniac (NH3) mais aussi l'importance de la qualité des forces de liaison à l'origine de l'existence de l'entité (du projet).
On ne reviendra ni sur le contexte (dont les contours nationaux ou internationaux sont connus de tous), ni sur l'objectif, qui a encore été récemment rappelé dans le Communiqué du Cabinet Royal[2] : « Sa Majesté le Roi, que Dieu L'assiste, a donné Ses Hautes Directives en vue d'accélérer le développement des énergies renouvelables, notamment les énergies solaire et éolienne. En construisant sur ses avancées, le Maroc devrait accélérer le déploiement des énergies renouvelables afin de renforcer sa souveraineté énergétique, réduire les coûts de l'énergie et se positionner dans l'économie décarbonée dans les décennies à venir. » Par contre, on se focalisera sur les incohérences internes entre quelques moyens prévus par le Département de l'Environnement dans ledit Rapport Biennal1 et les actions pilotées par le Département de l'Energie.
Les engagements des uns et les actions des autres
Pour comprendre le jargon utilisé dans le rapport de l'UNFCC, il faut savoir que chaque adhérent à la Convention s'engage lui-même par son propre ensemble de « NAMA » (Nationally Appropriate Mitigation Actions) qui sont autant de mesures nationales prises pour atténuer les émissions des gaz à effet de serre causées par son pays. Ainsi, le Maroc est engagé pour 2030 sur pas moins de 66 « NAMA » dont environ 35 seraient déjà en exploitation aujourd'hui, quand on le relit à la lumière de l'existant à fin 2022.
Parmi ces « NAMAs« , figurent aussi des projets de stockage d'électricité qui, même s'ils ne sont pas, en eux-mêmes, des mesures d'atténuation, sont appelés à le devenir quand ils stockeront les futurs excédents d'électricité verte produite au Maroc, les Stations de Transfert d'Energie par Pompage (STEP) :
* de Abdelmoumen (au Nord Est d'Agadir, 350 MW pour 386.5 M$) qui sera mise en service en 2023 avec 9 ans de retard sur le planning de la Stratégie Energétique Nationale de 2008,
* de Ifahsa (entre Chefchaouen et Ouad Laou, 300 MW pour 292M$), prévue pour 2021 (page 66 du rapport1),
* de El Menzel (au Sud Est de Fes, 300 MW pour 260 M$), prévue pour 2026 (page 66 du rapport1).
Déjà irréalistes dans le document de 2015, les deux dernières dates de mise en service sont devenues farfelues en Décembre 2019 puisque la construction de Abdelmoumen a duré 8 ans. D'ailleurs, en Janvier 2023, les Appels d'Offres de la construction de ces deux dernières STEP ne sont pas encore publiés.
Parmi ces « NAMA« , figure aussi un Programme qui était en « Phase de Planification » en décembre 2019 et qui ne prévoit rien de moins que « ... d'éliminer toutes les barrières réglementaires, économiques et techniques qui entravent le développement des toits solaires PV raccordés au réseau basse tension (BT) dans le secteur résidentiel » (sic, page 204 du rapport1), « ... en mode autoconsommation en attendant l'autorisation d'injection du courant sur le réseau basse tension » (sic, page 66 du rapport1) :
* D'une part, l'injection mentionnée dans la page 66 de ce Rapport de décembre 2019 était déjà autorisée depuis l'amendement 58/2015 de la Loi 13/2009 relative aux énergies renouvelables.
* D'autre part, la récente Loi 82/2021 relative à l'autoproduction d'électricité, de par son objectif limité à « réglementer l'activité d'autoproduction » (sic, Article 1 de la Loi[3]) par un encadrement administratif sans comporter aucune mesure incitative fait que cette Loi n'épouse :
o ni les engagements du Maroc à l'égard de la Convention des Nations Unies sur les Changements Climatiques (UNFCC) rappelés ci-dessus1,
o ni les Directives Royales rappelées plus haut2,
o ni les bonnes pratiques communément adoptées par les autres pays du monde,
o ni la teneur du discours élogieux officiel qui est tenu autour de cette Loi.
Est-ce le Département de l'Environnement qui a pris ses désirs d'atténuation pour des réalités ou bien est-ce celui de l'Energie qui ne s'et pas senti concerné par les engagements du premier ? – En tous cas, il y a comme un hic dans la gestion de ces projets gouvernementaux et nous n'en voyons que deux explications antagonistes : la négligence de contraintes de contexte à la rédaction des engagements ou bien l'intervention ultérieure « imprévisible » de lobbies plus forts que la bonne volonté gouvernementale.
Conclusion
A travers l'indice RECAI[4] et l'indice de changement climatique[5], les organismes internationaux ont très bien classé le Maroc qui a très légitimement mérité la reconnaissance de l'effort fourni pour baisser ses émissions de gaz à effet de serre. Mais... si le Maroc est si bien classé malgré les incohérences évoquées ci-dessus, alors qu'en est-il des autres pays ? – Sans doute sont-ils pires que nous, ce qui permet de clore avec l'adage : « au royaume des aveugles, les borgnes sont rois« .
Par Amin BENNOUNA ([email protected])
[1] Département de l'Environnement, Ministère de l'Energie, des Mines et de l'Environnement, « Rapport Biennal Actualisé – Dans le cadre de la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques« , Décembre 2019, https://www4.unfccc.int/sites/SubmissionsStaging/NationalReports/Documents/569701_Morocco-BUR2-1-BUR2-Morocco.pdf
[2] Communiqué du Cabinet Royal, 22 Novembre2022, http://www.mapnews.ma/fr/activites-royales/communiqu%C3%A9-du-cabinet-royal-89
[3] Diffusion via LinkedIn du scan OCR du texte original en arabe et d'une tentative de traduction, https://www.linkedin.com/posts/amin-bennouna-3a4147220_fichier-num%C3%A9ris%C3%A9-du-texte-de-loi-en-arabe-activity-7012314241240072192-RQuj?utm_source=share&utm_medium=member_desktop
[4] « Le Maroc en tête des pays arabes et africains en termes d'attractivité des énergies renouvelables« , Magazine Challenge 15 Octobre 2021, https://www.challenge.ma/le-maroc-en-tete-des-pays-arabes-et-africains-en-termes-dattractivite-des-energies-renouvelables-223590/
[5] Moctar FICOU, Webmagazine Vivafrik, 22 Juin 2021, https://www.vivafrik.com/2021/06/22/le-maroc-occupe-le-4eme-rang-mondial-dans-le-classement-de-lindice-de-performance-climatique-a41472.html


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