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Entretien avec Omar Chikhaoui, Directeur général de Capital Invest : LBO : un avenir prometteur
Publié dans Finances news le 23 - 11 - 2006

* Méconnu du grand public, le LBO a de beaux jours devant lui. Tour d'horizon avec Omar Chikhaoui, Directeur général de Capital Invest, société d'investissement, filiale du groupe BMCE.
Finances News Hebdo : Selon vous, quelle définition peut-on donner aux montages
LBO ?
Omar Chikhaoui : Le LBO peut être défini comme l'achat d'une entreprise saine, financée partiellement par des emprunts, dans le cadre d'un schéma où les dirigeants repreneurs sont associés en partenariat avec des investisseurs financiers en vue de réaliser ensemble une plus-value à moyen terme.
Il existe plusieurs types d'opérations LBO, notamment selon que les dirigeants repreneurs sont issus de l'intérieur ou de l'extérieur de la société : MBO (rachat d'une société par son équipe de direction) ou OBO (rachat d'une entreprise par un holding détenu conjointement par le dirigeant propriétaire actuel et des investisseurs financiers).
Le LBO apparaît comme une solution de transmission d'entreprise particulièrement intéressante et présentant une bonne adéquation entre les objectifs propres à l'entreprise et ceux des actionnaires. En témoigne le fait que les fonds d'investissements spécialisés dans les opérations de LBO représentent 42% du total des fonds en cours de constitution, particulièrement en Europe et aux Etats-Unis.
F. N. H. : Qu'en est-il de ce type d'opérations au Maroc?
O. C. : Au Maroc, les besoins de fonds propres sont clairement identifiés pour faire face à des problématiques de transmission différentes. Il peut s'agir :
- d'une entreprise familiale confrontée à un problème de succession : en l'absence d'une génération pour assurer la reprise, par manque d'intérêt, de compétence ou d'accord familial, la succession d'une entreprise est bien souvent problématique à gérer;
- d'actionnaires privés souhaitant réaliser leurs actifs «industriels» : la culture de l'attachement à son entreprise n'est plus aussi rigide que par le passé. L'ouverture de l'économie et le développement des opérations de rapprochement expliquent cette banalisation de l'entreprise comme étant «un actif» parmi d'autres que le propriétaire peut chercher à réaliser et rendre liquide par voie de cession totale;
- d'un souhait de diversification patrimoniale : nombreux sont les entrepreneurs qui souhaiteraient diversifier leur patrimoine en cédant une partie de leur entreprise tout en gardant son contrôle, et éventuellement avec l'appui d'un manager externe. Quand l'entreprise est en plus rentable, la réalisation d'une telle opération, appelée OBO, permet aux actionnaires majoritaires -grâce au levier mis en place- d'avoir une forte liquidité par rapport à la valeur globale de l'entreprise tout en gardant le contrôle.
La plupart des entreprises marocaines ayant été créées ou reprises pendant les années 60, ces trois problématiques de transmission sont d'actualité puisque l'on assiste actuellement à un véritable changement de génération au sein du tissu économique. En outre, elles revêtent au Maroc un caractère d'autant plus aigu que les entreprises évoluent dans un contexte d'ouverture économique suscitant certaines interrogations sur une lecture pertinente du couple opportunités/menaces.
F. N. H. : Capital Invest gère un fonds dénommé "Capital North Africa Venture" qui se positionne, entre autres, sur les opérations LBO. En quoi consiste, au juste, l'intervention de ce fonds dans de telles opérations?
O. C. : Capital Invest gère depuis 2000 le Fonds Capital Morocco aujourd'hui complètement investi dans une douzaine d'entreprises. Dénommé «Capital North Africa Venture», ce nouveau fonds est d'une taille supérieure au premier fonds qui était d'une taille de 400 MDH et vise les entreprises de tailles moyenne et grande, principalement sur le marché marocain et avec une approche opportuniste sur les marchés algérien et tunisien.
À l'instar du premier, ce nouveau fonds se positionne sur les opérations de capital-développement et de LBO. Il s'agit du 1er fonds au Maroc introduisant dans sa stratégie d'investissement les opérations LBO. Il est prévu que le fonds réalise une douzaine d'opérations sur une période d'investissement de quatre ans. Plusieurs opérations de Capital transmission/LBO sont en cours de finalisation.
F. N. H. : Quelles sont les perspectives de développement de ce type d'opérations dans notre pays et les contraintes qui empêchent leur décollage ?
O. C. : Les conditions pour réunir un environnement propice à la mise en place de ce type d'opérations sont encourageantes:
1-Existence d'un vivier de managers pour l'accompagnement de la reprise : il est en train de se constituer ; en effet, une nouvelle génération d'entrepreneurs non familiaux, souvent formés dans les meilleures écoles de gestion ou écoles d'ingénieurs, cherchent désormais à prendre leur indépendance et sont prêts à courir le risque de dirigeant et d'actionnaire d'entreprises moyennes, pourvu que, généralement sans fortune préalable, ils soient accompagnés par des investisseurs financiers actifs, aptes à concevoir avec eux des stratégies offensives de développement.
2- Le développement des schémas de co-investissement, déjà pratiqués dans les opérations de capital-développement, est également de nature à faciliter la constitution de tour de table de reprise majoritaire associant un pool d'investisseurs ayant ensemble le contrôle majoritaire de la société, tout en minimisant le risque financier de l'investisseur dans le cadre, notamment, des premières opérations de LBO sur le marché marocain.
F. N. H. : Hormis la dette classique, les opérations LBO requièrent d'autres types de financement plus élaborés. Les banques marocaines sont-elles assez outillées pour suivre les investisseurs dans ce sens ? Ou alors quelles sont les techniques ou produits financiers mis en place par celles-ci afin de répondre à ce type de besoin ?
O. C. : Le début de sensibilisation des banques marocaines à l'intérêt du segment LBO constitue un véritable marché pour les établissements de crédit au niveau international. La réalisation avec succès des premières opérations, la constitution en cours au Maroc de fonds de garantie internationaux projetant d'inclure ces opérations dans leur périmètre d'intervention ainsi que le montage en cours d'un fonds Mezzanine pouvant compléter la dette Senior, contribuent à la construction d'un environnement financier adéquat pour la mise en place des opérations à effet de levier (LBO). Les taux d'intérêt n'ont jamais atteint un niveau aussi bas (taux pour un crédit moyen terme à 6,5-7%) renforçant ainsi l'opportunité financière d'une opération LBO pour les investisseurs.
F. N. H. : Un mot pour conclure ?
O. C. : Trop souvent, en effet, l'accent est mis sur le seul aspect financier des LBO : l'achat d'une entreprise par endettement crée un effet de levier qui augmente la rentabilité des capitaux investis. En effet, le LBO est, par ailleurs, un élément déterminant pour améliorer l'efficacité globale de l'économie, en contribuant à une plus grande flexibilité des structures industrielles, et à une meilleure adéquation entre les objectifs propres des entreprises et ceux de leurs actionnaires.
Selon des études européennes les plus récentes, les entreprises ayant fait l'objet d'un LBO déclarent, en majorité, avoir augmenté à la fois leur volume d'affaires, leurs performances, mais aussi leurs effectifs ; et que ce type d'opérations présente une bonne alternative pour gérer une situation de transmission. Le marché du capital-investissement au Maroc se caractérise également par des besoins importants en transmission/LBO provenant autant d'entreprises familiales, qui doivent gérer des problématiques de succession, que de grands groupes industriels ou de services souhaitant se recentrer sur des activités stratégiques en se désengageant d'unités de taille moyenne.


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