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Recouvrement des impayés
Publié dans Finances news le 16 - 10 - 2003

Le marché du recouvrement s’est doté plus que jamais de véritables spécialistes capables de répondre aux nouvelles exigences imposées de façon incessante par les débiteurs récalcitrants. Entre l’affacturage, les sociétés de recouvrement et les formules d’assurance-crédit, le concept de « l’externalisation » du recouvrement paraît malgré tout ne pas susciter beaucoup de confiance.
Au sein d’un environnement économique composé essentiellement de PME, et faute d’une fonction transversale de crédit management, le traitement d’une facture impayée reste le plus souvent en déshérence entre force de vente, comptabilité et service juridique lorsqu’il existe au sein de la structure concernée. En fait, quand la facture est arrivée à échéance, attendre son règlement de façon passive est la pire des solutions pour le chef d’entreprise. Ce temps perdu pèse évidemment sur la trésorerie du créancier tandis que le débiteur qui joue la montre finance gratuitement sa trésorerie sur le dos de son fournisseur.
Par conséquent, agir dans de telles circonstances paraît devenir un savoir-faire à part entière. En parallèle, les comportements des débiteurs « accoutumés » ont eux aussi évolué au point qu’ils recourent à des cabinets conseils afin d’être mieux armés pour les phases des négociations. « Si nous confions nos dossiers d’impayés à des sociétés de recouvrement, c’est qu’elles ont les compétences juridiques qui nous manquent en interne », estime un gérant d’une société de confection, et il ajoute : « Dans 80% des cas enregistrés, le simple fait de prendre contact avec un spécialiste du domaine permet de régler à l’amiable l’affaire litigieuse. En fait, la « culture » de l’entreprise est une notion fondamentale pour dissiper tous les malentendus que suscite ce sujet. Autrement dit, la plupart des entreprises, il faut l’avouer, font de l’impayé un mode de gestion de trésorerie et vont jusqu’à attendre l’externalisation du dossier litigieux pour payer. « Dans un environnement juridique où les courriers stéréotypés de première et deuxième relances sont inefficaces, la mauvaise foi du débiteur est facile à établir », estime un expert-comptable. « C’est l’apport psychologique apporté par l’agent de recouvrement, ajouté à ses qualités de négociateur, qui parviennent généralement à résoudre cette question. Il faut noter que l’externalisation coûte selon les cas 2,5 à 3% du montant de la créance pour les affacturages en plus d’une exigence de gestion de portefeuille totale ». Pour les sociétés qui préfèrent le mode de l’assurance-crédit, la prime versée pour prévenir les risques de paiement varie de 0,1% à 1,2% du chiffre d’affaires assurable. Au Maroc, une offre adaptée aux PME-PMI moins structurées et le renseignement commercial demeurent la seule méthode utilisée pour détecter les débiteurs récalcitrants. Inutile d’insister sur le fait que l’élément de confiance, qui est l’âme des affaires, paraît introuvable à l’heure actuelle, non seulement entre le créancier et ses débiteurs potentiels, mais aussi à l’égard des sociétés de recouvrement.


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