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Business Angels : Un nouveau virage s'amorce
Publié dans Finances news le 11 - 09 - 2018

- Le business angel est un véhicule de financement adapté aux besoins des entreprises innovantes.
- L'implication de la CCG dans la structuration de l'activité des business angels, encore peu développée au Maroc, est de nature à provoquer l'effet boule de neige.

Par Momar Diao

L'un des plus grands obstacles auquel se heurtent les TPE et les PME au Maroc est l'accès au financement. Afin de remédier à cette situation particulièrement préjudiciable, les banques et les pouvoirs publics ont déployé des efforts certes substantiels, mais visiblement encore insuffisants pour satisfaire les multiples besoins en financement du tissu entrepreneurial de plus en plus fragilisé par l'allongement des délais de paiement. A cette insuffisance, s'ajoutent les besoins spécifiques des start-up et des entreprises innovantes.
Au regard de ce contexte, la dernière initiative de la CCG (Crédit Capital Garantie ex-Caisse centrale de garantie), étayée par un avis informatif, tombe à point nommé. En effet, l'entité dirigée par Hicham Zanati Serghini ambitionne, dans le sillage de la mise en place du dispositif de financement de l'amorçage et de l'innovation (Fonds Innov Invest), de développer des partenariats avec des business angels.
En clair, des partenariats seront établis avec les business angels constitués en réseaux et associations sur la base de leurs candidatures. L'objectif est de solliciter les interventions du Fonds Innov Invest sous forme d'investissements conjoints et de bénéficier d'un mécanisme d'appui prévu dans le cadre de ce dispositif.
La CCG a donc l'ambition de structurer un véhicule de financement adapté aux entreprises innovantes à travers une activité encore peu développée au Maroc, et ce par rapport aux pays développés.
Zineb Rharrasse, cofondatrice et directrice de Startup Maroc, et Aziz Qadiri, ancien président du Réseau entreprendre Maroc et administrateur de société, voient d'un bon œil l'implication de l'établissement spécialisé dans la garantie des crédits octroyés aux entreprises (lire les deux témoignages).

L'effet boule de neige

Nos deux interlocuteurs sont formels : il existe des business angels au Maroc. Du reste, l'engagement de CCG est de nature à favoriser davantage de personnes à se muer en ce type d'investisseurs.
Rappelons, à ce titre, que MITC Capital, société gestionnaire du fonds d'investissement Maroc Numeric Fund (MNF), et OCP Entrepreneurship Network ont lancé MNF Angels en juillet 2016. Le ticket d'investissement oscille entre 100.000 et 1 MDH. Cette structure, qui comptait à ses débuts une dizaine de membres, sélectionne des projets novateurs, tout en accompagnant leurs porteurs à travers une assistance technique dans plusieurs domaines (finances, stratégie, droit, etc.).
Au-delà de ce cas concret, soulignons que la Loi de Finances 2018 a prévu une réduction d'impôt plafonnée à 200.000 DH pour les sociétés désireuses d'investir dans des jeunes entreprises innovantes en nouvelles technologies. Ce qui est de bon augure pour le développement du mode de financement qui suscite l'intérêt de la CCG.
En définitive, l'essor de l'activité des business angels est conditionné par d'autres paramètres-clefs, comme notamment la multiplication des projets innovants et la mise en place d'un arsenal juridique clair, assorti d'incitations fiscales plus attractives pour les investisseurs. ■

Verbatim : Comment procède la CCG ?
«Nous tenons d'abord à rappeler que l'initiative publique portant sur la mise en place du dispositif de financement de l'innovation et de l'amorçage, dénommé Fonds Innov Invest (FII), géré par le CCG, vise à promouvoir le financement ciblant des start-up et des porteurs de projets innovants durant les phases initiales de création et de développement caractérisées par un niveau élevé de risque.
En s'inspirant de ce qui se passe à l'international tout en s'adaptant au contexte local, ce dispositif apporte des solutions variées de financement tout en cherchant à développer des partenariats avec des acteurs de l'écosystème de façon à assurer notamment un continuum de financement en faveur des start-up innovantes et à renforcer les synergies entre ces acteurs (incubateurs, clusters, accélérateurs, business angels, fonds de capital investissement, etc.).
Compte tenu des objectifs visés et des ressources allouées, le FII n'a pas pour vocation de développer tout l'écosystème, mais de travailler seulement avec certains acteurs de cet écosystème. Parmi eux, il y a les business angels. Il s'agit de particuliers disposant, en plus de ressources financières, d'expertises et de réseaux. Ainsi, des partenariats seront établis avec des business angels constitués en réseaux ou associations sur la base de leurs candidatures afin de co-investir dans des start-up innovantes pouvant être par la suite ciblées par les 4 fonds d'amorçage et de capital-risque lancés dans le cadre du Fonds Innov Invest.

Faible taux de pénétration

Même si le premier réseau de business angels a été créé en 2008, force est de constater son faible taux de pénétration dans le tissu économique. Toutefois, la dynamique enregistrée ces dernières années dans l'écosystème par la multiplication d'acteurs et d'initiatives pourrait donner plus de visibilité et encourager des personnes marocaines ou étrangères à investir davantage dans des start-up établies au Maroc. Dans ce contexte, il faut noter aussi cette prise de conscience de l'importance de ce maillon de financement providentiel, comme en témoignent les incitations fiscales mises en place cette année.

La mission des associations de business angels

Notre approche dans le déploiement opérationnel du «Fonds Innov Invest (FII)» repose sur le développement de partenariats avec des acteurs de l'écosystème retenus sur la base de cahiers de charges. Il en va de même pour les business angels constitués en réseaux ou associations. Ces derniers auront principalement pour mission de prospecter, identifier et sélectionner des start-up innovantes à fort potentiel de développement qui vont bénéficier des financements du «FII», en plus des fonds mobilisés par ces acteurs qui assureront également des mentoring et accompagnements adaptés aux besoins de chacune des entreprises investies pour renforcer ainsi leurs chances de succès». ■


Aziz Qadiri, ancien président de Réseau entreprendre Maroc et administrateur de société

«Au Maroc, certaines personnes ont tenté de constituer des structures de business angels : c'est l'exemple notamment d'Atlas Business Angels. Certaines entités ont bien marché, d'autres un peu moins.
D'ailleurs, plusieurs business angels ont investi dans des entreprises accompagnées par Maroc Numeric Fund. L'initiative de CCG est donc à saluer car le business angel est un mode de financement adapté pour accompagner les entreprises innovantes.
Au regard des expériences étrangères (Europe, Etats-Unis, etc.), le profil type du business angel est généralement une personne qui a bien réussi dans les affaires. Après avoir vendu son entreprise, il investit dans des sociétés innovantes, tout en mettant à disposition son réseau et son expertise.
Maintenant, la question à se poser est de savoir si nous avons au Maroc ce genre de profil. Il y en a certes, mais pas en grand nombre.
Rappelons à ce titre que Said Rkaibi, fondateur du Groupe Medtech, a monté au sein de son entité une structure spécialisée dans l'investissement dans les start-up.
Il convient également de faire remarquer que le levier fiscal est intéressant pour amener les personnes à se muer en business angels. Il faudrait peut-être réfléchir à d'autres formes d'incitations permettant d'accélérer l'essor de ce type de financement dont le tissu entrepreneurial, notamment celui des start-up, a grandement besoin.
En France et aux Etats-Unis, les clubs de business angels sont très nombreux. Cette forme de financement marche très bien dans ces deux pays qui présentent beaucoup de projets innovants. Ce qui constitue une opportunité d'investissement pour les nombreux business angels. Au Maroc, l'espoir doit être de mise, car beaucoup de jeunes porteurs de projets sont de plus en plus innovants». ■

Zineb Rharrasse, cofondatrice et directrice de Startup Maroc
«L'initiative de la CCG est excellente. Le Maroc a besoin de ce type de financement pour les start-up et les entreprises innovantes. Il faut savoir qu'il existe une multitude de genres de financement pour les différentes phases de développement des start-up. A ce titre, le business angel est une composante autrement plus importante, puisqu'il a l'avantage d'apporter le financement et, surtout, l'accompagnement. D'où la nécessité de structurer ce financement innovant. Ce qui peut favoriser son essor au Maroc, qui compte tout de même pas mal de business angels, et ce depuis longtemps.
Toutefois, la particularité de notre pays est que les business angels ne sont pas très connus; ils ne se mettent pas en avant. Comme exemple d'initiative récente, il y a lieu de rappeler que le MITC Capital, société gestionnaire des fonds d'investissement Maroc Numeric Fund I et II, dirigé par Dounia Boumehdi, a lancé un club de business angels, en partenariat avec l'OCP.
Par ailleurs, au sein de Startup Maroc, l'on dénombre des mentors qui sont des business angels. En outre, il faut savoir qu'aucun montant n'est insignifiant pour une start-up. Tout dépend de la phase de développement de celle-ci. Ceci, pour nuancer les critiques formulées à l'encontre du montant de la participation ouvrant droit à la réduction d'impôt plafonnée à deux cent mille (200.000) dirhams pour les sociétés désireuses d'investir dans des jeunes entreprises innovantes en nouvelles technologies. Ce dispositif de la Loi de Finances 2018 est important, car certaines start-up au Maroc ont démarré avec 100.000 dirhams. Parfois, une entreprise n'a besoin que de 50.000 dirhams lors de la phase de démarrage. Tout argent, quel que soit le montant, peut être profitable pour une startup. Beaucoup d'argent n'est pas nécessairement utile pour celle-ci. D'où l'intérêt d'accorder un grand intérêt à l'indentification du besoin en financement aux différentes étapes. Chaque étape nécessite un besoin en financement spécifique. En définitive, le montant de 200.000 dirhams peut être bénéfique pour une entreprise en phase de démarrage. Ne serait-ce que pour réaliser un prototype et suivre lors des premières phases». ■


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