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Responsabilité sociale
Publié dans Finances news le 01 - 12 - 2005

Les entreprises ont une vision positive de l’intérêt et de l’urgence de la responsabilité sociale, tout en ayant de fortes attentes vis-à-vis du gouvernement et des pouvoirs publics. Elles sont, par ailleurs, conscientes des avantages
managériaux et des opportunités qui incitent à s’y engager.
L’Agence indépendante de notation et d’évaluation de la responsabilité sociale des entreprises, Vigeo, a réalisé la première étude de la perception de la responsabilité sociale par les entreprises marocaines. L’étude a été réalisée en préparation des 3èmes Intégrales de l’investissement qui se tiennent autour de ce même thème.
Les résultats de l’étude, présentés par Fouad Benseddik de Vigeo, permettent d’évaluer comment l’environnement réagit vis-à-vis de cette notion et son aptitude à s’y inscrire.
Plus de 70 % des entreprises ayant répondu à cette étude estiment que la responsabilité sociale est un thème sérieux d’avenir pour les entreprises marocaines.
20 % estiment que c’est un thème sérieux, mais hors sujet pour l’entreprise marocaine et les pays émergents. Et rares sont ceux qui estiment que c’est un thème à la mode et plutôt artificiel.
Les entreprises marocaines ont une perception positive de la responsabilité sociale, puisque les 4/5 des entreprises questionnées estiment que c’est un thème jugé sérieux et d’avenir.
Et c’est en grande partie au gouvernement et aux acteurs politiques que relève cette priorité. Puisque plus de 25 % pensent que la responsabilité sociale concerne en priorité le gouvernement, suivi des partis politiques. Les investisseurs et les top managers viennent largement derrière.
Il en découle que les entreprises visualisent bien le rôle des investisseurs et des opérateurs financiers et minorent le rôle des top managers. D’ailleurs, 45 % des entreprises estiment que c’est au gouvernement d’impulser l’ISR au Maroc, contre près de 25 % pour la coopération internationale, près de 14 % pour les caisses de retraite et 10 % pour les collectivités locales.
Autre conclusion à tirer de cette étude : les entreprises marocaines hiérarchisent plus clairement leurs propres contraintes de marché que leurs responsabilités sociales. C’est ainsi qu’elles placent la bonne gouvernance en tête des fondements d’un bon investissement socialement responsable. 15 % pensent en effet que la responsabilité sociale repose sur une bonne gouvernance, 14 % estiment qu’elle passe par l’éradication de la corruption, 13 % répondent qu’elle porte en priorité sur le respect de la législation sociale. S’ensuivent l’amélioration de la gestion des ressources humaines, le paiement des impôts et des cotisations sociales, la protection de l’environnement et enfin l’aide aux catégories vulnérables.
Les entreprises accordent peu d’importance au reporting et à la communication, en raison manifestement des faibles pressions de leurs partis politiques prenants, et interpellent volontiers les politiques publiques, notamment la pertinence du cadre législatif et réglementaire qu’elles voudraient plus souple à l’anglo-saxone.
Les entreprises ont de fortes attentes vis-à-vis des pouvoirs publics.
Des avantages managériaux certains
Sur un autre volet, l’étude réalisée par Vigeo s’est attardée sur les retombées pour un opérateur de s’engager dans des objectifs de responsabilité sociale.
Près de 25 % des entreprises questionnées pensent que cet engagement peut renforcer son image de marque, 20 % estiment que cela peut renforcer la sécurité d’approvisionnement et les relations avec les clients. Seules 14 % pensent que cela renforce la cohésion sociale et moins de 13 % estiment que l’engagement des entreprises renforce la sécurité juridique, idem pour la transparence et l’efficience. Et plus de 80 % des entreprises estiment qu’un investissement socialement responsable est rentable à long terme aux actionnaires et à la communauté, contre 10 % qui pensent qu’il est d’abord rentable aux actionnaires puis au reste de la communauté. L’étude en conclut que les entreprises identifient les avantages managériaux et les opportunités de marché de l’engagement sur des objectifs de responsabilité sociale.
Elles ont d’ailleurs une vision instrumentale de la responsabilité sociale et croient peu à l’approche éthique. Puisqu’une majorité écrasante définit la responsabilité sociale comme un ensemble d’engagements concrets sur des objectifs précis permettant de conjuguer performance économique et prévention des risques sociaux, sociétaux de gouvernance. Le reste la définit comme l’ensemble des comportements moraux relevant librement de l’éthique des opérateurs.
Par ailleurs, plus de 45 % des entreprises ayant répondu aux questions de ce sondage affirment que la responsabilité sociale les concernera dès l’année prochaine, moins de 45 % pensent que cela se fera dans les 5 ans à venir, alors que 10 % estiment que cela ne se fera pas avant 15 ou 20 ans.


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