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Entretien avec Ahmed Ouayach, président de la Comader : «L’accord avec l’UE doit préserver les acquis sans léser notre agriculture»
Publié dans Finances news le 08 - 06 - 2006

* Les agriculteurs n’ont pas été consultés au sujet des négociations avec l’UE.
* Les réformes pour la mise à niveau de l’agriculture n’ont pas encore commencé.
* Le scénario de l’accord avec les Américains ne doit pas se répéter.
Finances News Hebdo : Comment jugez-vous l'offre européenne concernant le projet d'accord Maroc-UE sur le volet agricole ?
Ahmed Ouayach : Pour le moment, on n’est pas au stade du jugement de l’offre, pour la simple raison qu’on ne connaît pas cette offre. Une série de réunions ont été organisées où il était question de parler du cadrage des accords. Il y avait deux grandes réunions au niveau du ministère. Il y avait aussi un ensemble de réunions au niveau de chaque filière. Pour le moment, l’Administration se limite à recueillir les doléances des professionnels. A ce jour, on ne connaît ni l’offre européenne ni l’offre marocaine. Nous n’avons pas de données officielles, nous avons recueilli des informations à gauche et à droite. Il y a une offre européenne concernant la liste négative pour les produits sensibles. Au niveau de cette liste, il y a des produits de grande importance pour le Maroc, notamment ceux destinés à l’export comme les tomates, les agrumes et les fruits.
F. N. H. : Est- ce que les professionnels ont été associés à ces négociations ?
A. O. : Au stade où nous sommes, il n’y a pas eu d’association, à vrai dire, des professionnels. Et je ne pense pas qu’ils le seront dans l’avenir. Je crois que l’Administration, notamment le département de l’Agriculture, s’est engagée à nous soumettre les propositions de l’UE pour avoir l’aval et l’assentiment des professionnels marocains. Si ce n’est pas le cas, nous, nous réservons notre position.
F. N. H. : Quelle est la position de la Comader (Confédération marocaine de l’agriculture)?
A. O. : La position de la Comader est très simple. Il s’agit d’abord de défendre les acquis. Ça veut dire garder le courant d’échange en matière d’export vers l’Europe. Nous espérons, au niveau des négociations, non seulement consolider les acquis, mais augmenter les quantités et, bien entendu, sans léser ou déstabiliser notre agriculture. Car le secteur est encore fragile. Nous pensons protéger encore plus les produits sensibles. Mais on ne peut pas protéger d’une manière indéfinie ces produits. Tôt ou tard, on doit ouvrir nos frontières et s’intégrer dans le commerce international. Nous espérons, du côté du ministère de l’Agriculture, qu’il engage des négociations et également qu’il lance des chantiers de réformes. A ce jour, on n’a pas encore commencé ces réformes. L’UE va apporter une aide substantielle pour la mise à niveau de l’agriculture marocaine. Mais les professionnels ne se sont pas encore réunis pour définir les besoins.
F. N. H. : Les divergences d'intérêt entre les filières seraient-elles un handicap pour arrêter une position commune ?
A. O. : Je ne pense pas. La position de la Comader est très simple. Il n’y a pas de conflit d’intérêts. C’est l’intérêt national qui prime. Il est question de défendre notre production nationale, de défendre les intérêts d’un secteur qui assure l’emploi pour près de 70% de la population active dans le monde rural et 50% de la main-d’œuvre au niveau national. Sans oublier la contribution substantielle au niveau du PIB. Le Maroc doit proposer une offre cohérente qui tienne compte des intérêts des uns et des autres. Pour ce faire, il y a une grande concertation entre les différentes composantes de la Comader. Nous avons même créé un groupe de réflexion. Nous allons engager dans les semaines qui viennent des compétences nationales : il s’agit surtout d’experts, de chercheurs et de professeurs universitaires pour nous appuyer, nous conseiller et nous accompagner dans le cadre de ces négociations.
F. N. H. : Est-ce que le scénario de l'accord avec les Américains va se répéter?
A. O. : Je ne le pense pas, parce que nous, en tant que professionnels, nous avons protesté au niveau de l’ALE avec les Américains. Une famille a été associée - je parle en toute transparence ; je suis là en train de nommer les fruits et les légumes, alors que les associations représentant les secteurs sensibles n’ont pas été associées. Je ne pense pas que le même scénario va se reproduire avec les Européens car toutes les garanties nous ont été apportées par les responsables du département de tutelle qu’on va être associé à toutes les étapes des négociations et qu’on va être consulté lorsque le ministère présentera la version définitive. Pour le moment, nous n’allons pas gêner les négociateurs car il y a des choses qui sont du domaine du confidentiel. Mais le moment venu, nous serons obligés de demander le contenu exact des négociations.
F. N. H. : Les intérêts marocains seront-ils préservés ?
A. O. : C’est aussi bien l’objectif du ministère que des professionnels. L’équipe actuelle des négociateurs a fait un parcours sans faute. Mais nous aimerions qu’ils s’entourent de plus de compétence pour approfondir leur dossier et leur réflexion. Il faut dire que notre équipe est jeune, alors qu’en face il y a de vieux routiers, il y a des lobbies. Il faut que le ministère de l’Agriculture soit prudent. Avant de soumettre son dossier définitif à l’UE, il faut qu’il reçoive l’aval d’une commission interministérielle sous la présidence du Premier ministre et regroupant tous les départements concernés comme les Affaires étrangères, le Commerce extérieur, l’Intérieur… Il y a cette histoire de cadrage et de statut. On a parlé de bon voisinage, on a parlé d’arrimage, on a parlé de tas de formules. Nous, agriculteurs, nous ne saisissons pas le sens de ces formules. Le problème va être posé et tranché au niveau des Affaires étrangères.
F. N. H. : Est-ce que vous êtes pour un démantèlement tarifaire pour les produits sensibles ?
A. O. : Nous sommes pour des relations encore plus privilégiées avec l’UE. Nous sommes pour le libre-échange. Ça c’est clair, c’est une évolution obligatoire du commerce mondial. Il est tout à fait normal que notre agriculture et notre économie intègrent ce circuit. Mais ce secteur est très fragile. Il faut donc opérer doucement. Il faut engager sans tarder les réformes et avoir une vision très claire au-delà de 2012. C’est à partir de là qu’il faut définir l’accord avec l’UE. Il ne faut pas oublier qu’on a un accord avec les Etats-Unis, un accord avec la Turquie et un accord multilatéral avec certains pays arabes. Il faut prendre en considération toute cette mosaïque et avoir une position cohérente.


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