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La femme, cette autre moitié
Publié dans Finances news le 10 - 03 - 2005

La condition de la femme marocaine a certes connu une amélioration tangible ces dernières années. Toutefois, bien du chemin reste à parcourir pour que cet être sensible puisse accéder au rang qui lui revient. Déjà, certaines femmes ont bravé tous les obstacles et se sont imposées dans un monde qui ne reconnaît que la loi du «mâle».
On ne cessera jamais de dire et redire que la femme représente le noyau de toute société. La priver de ses droits revient à condamner la prospérité même de la communauté. Il va sans dire que tous «les hommes» sont d’accord que la femme constitue leur propre moitié. À ceci près qu’il s’agit d’une moitié à posséder et manipuler à leur guise. Elle est et demeurera une simple moitié qui n’a droit qu’à la moitié... des droits.
Toutefois, certaines questions se posent. Qui est responsable de la condition de la femme marocaine ? Les hommes ? La société ? L’éducation ?...
Un système maso
Disons-le clairement. La condition de la femme est la conséquence d’un système qui l’a voulue toujours soumise. L’on rétorquera que le système est établi par les hommes. On répondra que le système est instauré par des hommes.
Entre «les» et «des», la nuance est de taille. Il s’agit d’un système maso confectionné pour servir les intérêts d’une poignée d’hommes. Un système instauré depuis des siècles pour «asservir» les femmes comme les hommes. De fait, le combat que mènent les femmes contre les hommes est faux. Elles doivent le mener contre ce système qui les a assujetties... aux côtés des hommes.
Chemin épineux
Malgré l’avancée considérable dans la législation relative aux droits de l’homme, malgré les apports positifs du nouveau code de la famille, malgré l’apparition de certains signes encourageants quant à l’émancipation de la femme... bien des combats restent à gagner. Le chemin est encore semé d’embûches. Il ne s’agit pas de voter avec l’apport des voix, ni de promulguer des décrets. Il s’agit d’entreprendre une vaste action éducative qui donnera naissance à un citoyen responsable qui ne dénigre pas les droits de la femme. Encore une fois, c’est celui qui est responsable de cette situation qui a les clés pouvant ouvrir les portes de l’égalité aux femmes. Seul le système peut entreprendre un tel projet. L’Etat ne doit pas se contenter de légiférer. Toute action sociale visant à changer des comportements millénaires ne peut se passer d’une politique éducative à long terme. Les torts dont ont souffert les femmes durant des siècles ne peuvent être redressés du jour au lendemain. Il en va de l’avenir de toute une société.
Ceci dit, heureusement que malgré une situation pas du tout favorable, la femme marocaine a toujours voulu s’affirmer là où les challenges sont grands. À cet égard, il faut saluer la bravoure et le courage de celles qui ont bravé les obstacles et les embûches pour réussir là où même des «mâles» ont échoué. Le sexe faible a pu s’adjuger des postes même dans des métiers communément admis comme strictement machos.


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