* Après un ralentissement de lactivité, les studios de tournage de Ouarzazate renouent avec les plus grosses productions américaines. * Plus de 2.000 familles de la région vivent du cinéma. Avec 250 DH et plus par jour pour les figurants, le cinéma est une manne pour les jeunes. * La première promotion de lInstitut spécialisé dans les métiers du cinéma verra le jour en 2006 et mettra sur le marché des profils qualifiés. Demblée, les studios cinématographiques dOuarzazate, Atlas Corporation Studio, étalés sur une trentaine dhectares, affichent leur longue histoire avec le cinéma. La carcasse dun F16 vous arrête à lentrée, seul témoin du film «Diamant du Nil» tourné en 1984 avec à laffiche Michael Douglas. Un film qui a marqué le début dune grande aventure du cinéma hollywoodien en plein cur du désert marocain. Dautres succès du cinéma ont été tournés au Maroc, notamment Lawrence dArabie, mais en vingt ans, les Studios dOuarzazate, Atlas Corporation Studio et Andromeda, sont devenus une plaque tournante du cinéma mondial. Rien que la semaine dernière, une grosse production américaine venait de sachever sous la direction de la petite-fille de Charlie Chaplin. «Les studios cinématographiques dOuarzazate accueillent annuellement quatre à cinq grosses productions américaines, sans compter les films et courts-métrages tournés en partie dans la perle du désert», explique un guide des studios. «Actuellement, plus de 2.000 familles vivent de lactivité cinématographique de la région, avec 250 DH la journée pour les figurants ; le cinéma est une manne pour les jeunes de la ville», poursuit-il. Quant aux raisons de ce succès, ce guide, qui participe lui-même aux tournages en tant quassistant ou figurant, les justifie par la beauté du paysage, la luminosité, mais aussi des coûts de production moitié moins onéreux que ce qui se fait aux USA et moins de 30 % de ce qui se pratique dans les destinations cinématographiques traditionnelles. Et de surcroît une stabilité hors pair. Sans compter les facilités administratives consenties par le Maroc qui cherche à cultiver cet attrait. Le Centre Cinématographique Marocain (CCM) prévoit lexonération de la TVA pour tous les biens et services acquis au Maroc, dimportantes remises sont consenties sur le transport aérien et le dédouanement du matériel de tournage est assuré dans la journée. Enfin, les visas de tournage délivrés via le CCM sont obtenus en un temps record - souvent pas plus dune semaine - et laccès aux sites et aux monuments historiques bénéficie dune tarification symbolique. Un Institut soutient lélan dOuarzazate Malgré une baisse de régime enregistrée après les attentats du 11 Septembre 2001, lactivité des studios semble reprendre de plus belle puisquen 2002 le CCM a octroyé plusieurs centaines dautorisations pour des courts et des longs métrages, des téléfilms et des spots publicitaires. Le flottement de 2001 semble déjà nêtre quun mauvais souvenir, les budgets investis annuellement frôlent et dépassent parfois les 140 millions de dollars par an. Pour booster et rehausser lattrait de la destination Ouarzazate comme haut lieu de tournage cinématographique, SM le Roi avait inauguré en octobre 2006 lInstitut spécialisé dans les métiers du cinéma. Le nouvel Institut vise à «combler un vide» en matière de formation aux métiers du cinéma et à doter la destination de jeunes techniciens et techniciens supérieurs qualifiés. «Lobjectif est de rehausser le niveau des ressources humaines destinées au cinéma et nous invitons régulièrement les professionnels pour identifier leurs besoins et répondre à leurs attentes», explique Ahmed Aït Ouzdi, Directeur du complexe de formation professionnelle à Ouarzazate. Avec une capacité daccueil de 400 étudiants, 120 stagiaires sont déjà en formation, et la première promotion verra le jour en 2008. Gestion de la production, décors, accessoires, effets spéciaux, sans oublier lart du maquillage, les costumes lInstitut dispense plusieurs filières. «Là aussi on a pensé à insérer un module concernant la morphologie de la peau, la stérilisation. Et cest une formation polyvalente qui, au bout de deux ans, est sanctionnée dun BTS», poursuit-il : «Et là on cherche les passerelles entre lOFPPT et les Universités pour pousser plus loin la spécialisation et mettre en place un master». Ouarzazate accumule ainsi les atouts pour coopter le plus grand nombre de tournages, sites de tournage, main-duvre compétitive et savoir-faire.