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Entretien : Olivier Ralet : Les Saints ont leur histoire, même morts !
Publié dans Finances news le 11 - 10 - 2007

* Bouya Omar bénéficie d’un renouveau général de croyances populaires.
* Les filiations de sang et les filiations spirituelles entre saints se recoupent souvent.
* Sidi Rahal étant le grand-père de Bouya Omar, il n’y a rien d’étonnant à leur proximité spirituelle.
* Bouya Omar aurait bénéficié d’un «transfert» de la baraka attachée jusque-là à un autre saint, dont le culte avait dérivé vers l’idolâtrie de l’argent vers les années 60.
* Entretien avec Olivier Ralet, auteur du livre : «Bouya Omar, le saint et les rapaces».
Finances News Hebdo : En ce début de XXIème siècle, quelle place occupe ce Saint dans la vie du Marocain, d’après-vous ?
Olivier Ralet : Il y a une vingtaine d’années, les traditions autour du monde invisible, des saints, des djinns et des guérisseurs m’ont été présentés comme des «archaïsmes» en voie de disparition. Pourtant, je suis de plus en plus convaincu du contraire : on assiste à un véritable renouveau de ce monde, une fierté retrouvée de ces traditions et des savoir-faire efficaces qui les accompagnent, tant au Maroc que dans la communauté d’origine immigrée marocaine en Europe. Peut-on y voir la fin de la période d’occultation du soufisme qui a suivi l’indépendance ? Ou une résistance populaire à la montée de formes d’Islam rigoristes et puritaines, modernistes et éradicatrices de traditions, sortes d’hybrides entre le wahhabisme et l’idéologie des Frères musulmans ? Peut-être les deux… Bouya Omar bénéficie de ce renouveau général ; il est d’autant plus regrettable que les malades qui y séjournent y soient si mal traités, s’ils sont sans moyens financiers – du moins si la situation ne s’est pas améliorée depuis ma visite. Bien heureusement, de nombreux autres lieux où est cultivé ce «patrimoine invisible» du «commerce avec les esprits» dans un but de guérison respectent mieux les obligations d’hospitalité et de dignité.
F.N.H. : Comment s’explique cette montée en puissance du saint depuis la fin des années 60 alors qu’il date du 16ème siècle ?
O. R. : Les saints, même morts, et les djinns, même invisibles, ont une histoire… Regardez Lalla Aïcha Qandicha… Les histoires qui racontent que ce sont Sidi Ahmed Dghughi et Sidi Ali ben Hamdouch qui l’ont fait venir du Soudan (en fait le Mali) datent de la fin du 17ème siècle, et celles qui la relient à la résistance aux Portugais à El Jadida sont encore plus anciennes. Pourtant, le livre de Henri Basset : «Le culte des grottes au Maroc», qui date de 1920 et nomme les principaux génies honorés au Maroc, ne la mentionne pas. Son accession au trône de «reine des djinns» est postérieure. Et le «Festival international de Lalla Aïcha Qandicha» que constitue le moussem de Sidi Ali rassemble chaque année plus de monde… Tout se passe comme si le monde visible et le monde invisible avaient chacun leur histoire propre, reliées l’une à l’autre par des fils eux-mêmes invisibles… Ainsi, au cours des années 1960, Bouya Omar aurait bénéficié d’un «transfert» de la baraka attachée jusque-là à un autre saint, dont le culte avait dérivé vers l’idolâtrie de l’argent ; si le culte dont il fait l’objet dérive de la même manière, peut-être la baraka le quittera-t-elle à son tour…
F.N.H. : Quel lien «thérapeutique» existe-t-il entre Bouya Omar et Sidi Rahal, non pas de leur vie, puisque actuellement chaque après-midi les descendants de Sidi Rahal viennent animer la Hadra au sanctuaire de Bouya Omar ?
O. R. : Les filiations de sang et les filiations spirituelles se recoupent souvent, et Sidi Rahal étant le grand-père de Bouya Omar, il n’y a rien d’étonnant à leur proximité spirituelle. Le «miracle de la bouilloire» est commun aux deux branches de la famille, et les adeptes de Bouya Omar se réfèrent aux rahaliyyne, confrérie fondée par Sidi Rahal. Que les chorfa de Sidi Rahal participent à la hadra au sanctuaire de Bouya Omar tend à contredire l’accusation selon laquelle de «faux chorfa» de Bouya Omar auraient fait main basse sur le sanctuaire en vue d’enrichissement (sauf à penser que les chorfa de Sidi Rahal sont complices de cette usurpation). Mes connaissances des généalogies des saints marocains sont très réduites ; ce qui m’a poussé à estimer crédible l’accusation selon laquelle les personnes qui s’occupaient du sanctuaire quand j’y suis passé étaient de «faux chorfa» est l’état d’abandon des pensionnaires, et l’absence d’accès à l’eau potable, alors qu’une coûteuse maison était en voie d’achèvement à proximité du sanctuaire. Qu’il s’agisse de faux ou de vrais chorfa de Bouya Omar, l’état de misère dans laquelle ils laissaient les pensionnaires m’a choqué et m’a semblé indigne.
F.N.H. : Dans votre ouvrage, vous faites référence aux rapaces, notamment les faux chorfas. Mais comment expliquer dans ce cas l’affluence que connaît toujours le sanctuaire ?
O. R. : D’une part, les problèmes provoqués par les djinns, loin de se réduire avec la vie moderne, se multiplient, et les ressources thérapeutiques sont loin d’être suffisantes : à la recherche de l’apaisement de leurs tourments, les gens sont prêts à tout, y compris à subir un accueil indigne s’ils y voient un espoir de guérison. D’autre part, la vénération sincère par de nombreux pensionnaires et pèlerins maintient peut-être, pour un temps, la baraka de Bouya Omar, malgré la dérive cupide de ceux qui s’occupent de son sanctuaire…
F.N.H. : Face à l’innommable que subissent les malades à Bouya Omar, existe-t-il une quelconque voie de recours, sachant qu’il existe un fort lobby derrière le marabout ?
O. R. : Le système de soin lié au culte des saints n’est évidemment pas tenu aux mêmes règles et contrôles que le système hospitalier… On peut se réjouir qu’au Maroc ce système «maraboutique», qui répond à un véritable besoin dans la population et traite d’autres types de troubles que la médecine moderne, n’ait pas fait l’objet d’une éradication comme en Algérie. Néanmoins, on pourrait imaginer que des exigences de dignité et d’hygiène minimum lui soient imposées : un accès gratuit à l’eau potable, une «soupe populaire» quotidienne, des installations sanitaires décentes, des soins de santé modernes et gratuits pour les maladies qui en relèvent… Si aucun organisme officiel ne peut faire respecter ces exigences, peut-être la pression d’organes de presse comme le vôtre pourrait y arriver...


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