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Haddi Gharib, le financier sportif
Publié dans Finances news le 07 - 02 - 2008

La première chose qui intrigue chez Haddi Gharib, le Président fondateur de l’Association Marocaine des Analystes Financiers, est son prénom qui renvoie à un prénom oriental et pourtant, ce jeune homme est un pur produit marocain. En fait, son prénom est un héritage qu’il a reçu de sa famille dont une lignée de la branche masculine se prénomme Haddi ou Abbès.
Comme son père s’appelait Abbès, il était normal que le fils s’appelle Haddi et pourtant, il n’était pas l’aîné, il est même le 4ème mâle d’une famille de cinq garçons et trois filles. Son père avait fait des mains et des pieds pour que ce prénom reste dans sa petite famille et que la chaîne des Haddi Abbès ne soit pas rompue.
Un père que, hélas, Haddi Gharib ne connaîtra pas, ce dernier étant décédé alors que Haddi avait tout juste deux ans. Et pourtant, comme le lui rapportent les autres membres de sa famille, il est le portrait craché de son père, car comme lui, il est touche-à-tout et manie tout.
«Mon père avait des activités commerciales, agricoles, artisanales… il voyageait beaucoup et diversifiait ses métiers géographiquement et par branche pour s’immuniser contre le risque. C’est d’ailleurs l’une des première règles prudentielles qu’on nous enseignait».
Après le décès du père, c’est la mère qui prend les commandes de la famille, en essayant au mieux de gérer les biens hérités de son mari. «Elle a fait un travail formidable, puisqu’à 27 ans elle se retrouvait seule en charge de 8 enfants. Heureusement que pour cela elle a pu compter sur le soutien et les conseils de son père qui était Mokaddem et sur la solidarité des autres membres de la famille. Elle a pu mener sa nichée à bon port».
Et ce n’est pas Haddi qui lui donna le plus de souci. En effet, c’est un enfant sage et un élève brillant qui n’a pour occupation que la lecture et le sport et bien évidemment les activités parascolaires.
Mais bien avant, comme la majorité des Marocains, il fait ses premiers pas au Mssid où il apprend le Coran mais surtout la rigueur et l’assiduité. À six ans, il rejoint les bancs de l’école dans sa ville natale Azemmour. Il est toujours assis devant, il ne s’absente jamais et ne veut rien rater des cours. «J’ai toujours cette impression que si jamais je rate une information, j’aurais du mal à bien assimiler la leçon suivante».
Au collège, il ne faillit pas à la règle, premier ou deuxième du collège, il était très assidu. Tellement brillant que lorsqu’il décroche le brevet du premier cycle en 1985, il fait partie d’une poignée d’admis dans une nouvelle branche : la filière électrotechnique.
«J’étais brillant également en lettres, mais comme j’avais eu sous les yeux l’expérience de mes frères et sœurs qui ont fait leurs études aussi, mais qui se retrouvaient au final dans le cycle public qui n’assure ni situation matérielle convenable ni un développement de carrière». Intégrer le lycée technique à El Jadida ouvrait une nouvelle page dans sa vie. Certes, ce fut une expérience qui s’assimile facilement à un service militaire déguisé, puisqu’après 40 h de cours par semaine, les élèves étaient assignés à deux heures ou trois de révision après le dîner, mais cela lui a permis de se construire un espace vital, privé, loin du cocon familial.
«Au lycée, j’ai rencontré des gens d’horizons divers. Il est vrai que cela s’est fait dans des conditions difficiles, notamment la bouffe et le partage d’une chambre entre quatre personnes avec qui il fallait composer, mais c’est une bonne expérience que j’ai eue très tôt de la vie». Ses cours, il les révisait pendant que tout le monde dormait, entre minuit et 3 h du matin, ainsi il exploitait bien sa journée.
Dimanche, de retour à la maison, il n’était pas plus gâté que les autres. Il s’asseyait à table avec sa mère pour calculer les dépenses de la semaine suivante, il devait aussi gérer son budget hebdomadaire. «Je n’étais pas riche, mais ça me suffisait».
Son adolescence était plutôt tranquille, rien ne l’intéressait plus que le foot ou la lecture. De plus, il était obsédé par son devenir.
«L’année du Bac, j’ai fait avec un ami de classe une simulation de ce qu’on allait faire plus tard. Malheureusement, il n’y avait pas encore d’école d’ingénieurs en électrotechnique. La seule issue pour les bacheliers de ma spécialité restait le concours de
l’ ENSET pour devenir par la suite enseignants».
Haddi va décrocher alors des inscriptions dans des écoles étrangères, mais le niet de sa famille le dissuade. Alors, pour leur faire plaisir, il passe le concours de l’ ENSET à Rabat. «J’ai été pris au sens propre et figuré, parce que j’étais pris au piège ». Ce n‘est pas pour autant qu’il renonce. Après une année qu’il réussit avec succès, il décide de quitter l’école, mais comme il était sous contrat, il n’avait de choix que de se faire expulser. «Lors de l’examen, j’ai remis une copie blanche lors du test de physique générale».
Là, sa vie fera un virage à 180 degrés. Il décide de partir pour Casablanca pour s’inscrire dans une école de gestion d’entreprise. Après moult essais, il atterrit dans une école belge. «À l’époque, j’étais vraiment néophyte, je ne connaissais pas la différence entre l’actif et le passif, ni aucune notion de finance ou de comptabilité, tout était à refaire à zéro». Et pourtant, durant quatre années, il est successivement majeur de sa promotion. Là encore, une autre femme va jouer un rôle crucial dans sa vie. Sa sœur décide de partager avec lui son salaire pour que Haddi puisse payer les mensualités de l’école.
2.000 DH par mois, durant les deux premières années. Autant dire un vrai sacrifice et une preuve de solidarité de sa part.
Avant sa soutenance le 29 juillet 96, il avait déjà décroché son premier emploi à la banque d’affaires de Wafa bank à l’époque. «J’étais le dernier à rencontrer le DG et le premier à être reçu par le PDG. Et avant même que je n’arrive chez ma tante qui m’hébergeait à Casablanca, la banque avait déjà appelé pour que je revienne l’après-midi signer mon contrat d’embauche en tant que responsable du back office OPCVM».
Mais Haddi Gharib est un dur à cuire. Il demande un peu de temps pour lire son contrat et, au final, il explique au DG qu’il n’était pas satisfait de la rémunération. «On m’a présenté un contrat standard que, malgré mon besoin d’argent, je jugeais insuffisant».
En effet, à la sortie de la loi régissant les OPCVM en octobre 93, Haddi avait organisé un séminaire dédié à ce sujet. Le DG savait pertinemment qu’un tel profil n’était pas à rater, il lui propose alors de faire exception et lui rédige un autre contrat avec une plus importante rémunération. C’est ainsi que démarrait la carrière de celui qui redonnera vie au marché actif. En effet, quand il intègre la CNIA en 2001, cette dernière avait déjà déserté le marché actions. Il convie la compagnie d’assurance, un nouveau monde pour lui, à réinvestir ce marché malgré la crise de l’époque. Du coup, les dirigeants lui donnent le feu vert en allouant
100 MDH à la poche actions.
Cette année-là, 2002, les 100 MDH enregistrent une plus-value de 4,81 % alors que l’indice général de la Bourse était au rouge avec une contre-performance de plus de 7 %. Il aura une expérience après dans un groupe d’enseignement pour lequel il réussit à établir un équilibre financier. Bien que ce passage ne lui plaît guère, il rétroque : «On apprend aussi dans le négatif». Cela motive sa décision de travailler pour son propre compte. Il créera en 2005 GFC, capitalisant sur son expérience. Les missions d’audit, de contrôle de montage de plans financiers affluent. Mais entre temps, il avait fondé une famille et avait un enfant pour lequel il voulait être présent. «J’ai travaillé pendant 6 mois,
18 h par jour. Or, je ne voulais pas sacrifier ma vie de famille. il fallait trouver un juste équilibre».
Aujourd’hui, il a intégré un nouveau monde, celui de l’emballage en tant que Directeur financier d’un groupe chapotant trois entreprises. «Là, je me suis retrouvé. Je me sens dans mon assiette. Je travaille sans compter et les gens me le rendent bien par la confiance qu’ils me font».
Comme son père, il entretient toujours des projets personnels. Mais l’un de ceux qui lui tiennent à cœur est d’internationaliser le profil d’analystes financiers pour répondre aux besoins des professionnels pour la gestion des produits dérivés et, plus tard, des produit plus complexes, par le biais de la SMAF dont il est le Président fondateur mais bien appuyé par ses proches collègues membres fondateurs.
Connaissant la persévérance de l’homme, il ne fait pas de doute qu’il y arrivera !


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