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Bourse : Les valeurs bancaires en berne
Publié dans Finances news le 05 - 06 - 2008

* Trois valeurs bancaires enregistrent des contre-performances notables. Trois autres sont au vert mais font moins que le marché.
* Les résultats (décevants) des banques cotées, leur niveau de valorisation exagéré et la morosité du marché boursier en sont les principales raisons.
Les valeurs bancaires ont-elles perdu de leur lustre? Tout laisse à penser que oui. Les banques cotées affichent en effet des performances boursières en demi-teinte. Le CIH, le Crédit Du Maroc et la BMCI affichent des contre-performances pour le moins notables. Elles ont perdu respectivement 4,44%, 0,44% et 7,11% de leurs valeurs depuis le début de l’année. Les trois bancaires restantes affichent, quant à elles, des performances positives, mais bien loin des exploits d’antan. Avec des performances respectives de 7,14%, 7,87% et 12,08%, les trois mastodontes du secteur, Attijariwafa bank, la BCP et la BMCE n’arrivent même pas à s’aligner sur l’indice général de la cote (Masi) qui, lui, affiche des gains cumulés de près de 14%. Le déphasage est patent. Les bancaires nous ont habitués à mieux. À la même période de l’année dernière, celles-là distançaient de loin le marché. Que se passe-t-il alors? Comment s’explique cette baisse de régime?
Les banques ont fait moins que prévu…
Selon des avis recoupés de quelques professionnels du marché, trois éléments majeurs peuvent justifier cet état de choses. D’abord, les résultats opérationnels de ces établissements. «Bien qu’étant ressortis au vert, les résultats des banques cotées au titre de l’année 2007 ont été décevants. Le marché s’attendait à mieux», lance d’emblée un gestionnaire d’actifs. Son avis est partagé par la quasi-majorité des analystes interrogés par FNH. La BCP a d’abord et, contre toute attente, accusé un net repli opérationnel en 2007. Son RBE a baissé de 4,1% par rapport à 2006. Pis, sa capacité bénéficiaire s’est délestée de 15,2%, détériorant au passage sa marge nette de 4,7 points à seulement 13,8%. Les autres établissements, quant à eux, ont également déçu. Bien qu’ayant signé une croissance notable entre 2006 et 2007, les réalisations des bancaires ont été en deçà des prévisions du marché et les progressions enregistrées ont été moins imposantes que ce qui a été réalisé ces trois dernières années. Le CIH et la BMCE Bank sortent, toutefois, du lot avec des progressions de résultats pour le moins extraordinaires. La banque d’Othmane Benjelloun a boosté son RBE de 52,6% par rapport à 2006 et sa capacité bénéficiaire s’est appréciée de 52,7% dépassant pour la première fois le milliard de dirhams. Idem pour l’ex-OFS dont la capacité bénéficiaire s’est littéralement envolée de 265% à plus de 1,4 milliard de dirhams, contre seulement 387 MDH un an auparavant ! Mais dans ce cas comme dans l’autre, il aura fallu compter sur des éléments exceptionnels pour en arriver là. La BMCE Bank a dû engranger une plus-value de cession d’un montant avoisinant les 700 MDH pour réaliser un tel exploit. Même son de cloche chez le CIH qui, sur un seul dossier de créances en souffrance (Hôtel Mansour Dahbi de Marrakech), a pu récolter, entre plus-values et reprises sur provision, la bagatelle de
690 MDH… Des prouesses, somme toute, difficilement reproductibles dans le futur !
… Et sont relativement chères
Outre cet élément, le niveau de valorisation des bancaires peut également être utile pour appréhender cette baisse de régime. Traitant à un niveau de PER 27 fois les bénéfices engrangés en 2007 et plus de 24 fois de ceux attendus en 2008, le secteur bancaire figure parmi les compartiments les plus chers de la cote. Nuance toutefois. Toutes les banques ne sont pas logées à la même enseigne. Si la BMCE, ATW ou encore la BCP traitent à des niveaux on ne peut plus exagérés, la BMCI, le CDM et le CIH, eux, présentent un niveau de valorisation assez correct. Et c’est bizarrement ces trois valeurs qui subissent de plein fouet la baisse! Le marché en a décidé ainsi.
Et c’est là le troisième élément qui explique le bilan en demi-teinte des valeurs bancaires. Le marché boursier passe, ces derniers temps, par des moments pour le moins difficiles. La morosité a jeté son dévolu sur la place et ne veut plus la lâcher. Les indices flanchent. Les volumes se tassent. Et les investisseurs sont indécis. Du coup, aucune tendance logique ne se dégage. «Et les bancaires, à l’image de la quasi-majorité des valeurs cotées, sont tout simplement prises dans la tourmente du marché. On peut même dire qu’elles résistent bien», martèle cet analyste financier. «Car, quoique l’on puisse dire, les valeurs du secteur bancaire restent (et resteront) la locomotive de la place» renchérit-il. Évoluant dans un secteur des plus solides et des plus prometteurs, les banques cotées ont encore de beaux jours devant elles. Personne n’en doute. Leur liquidité sur le marché fait également qu’elles sont et seront toujours plébiscitées par les investisseurs… sauf «catastrophe naturelle», ironise ce professionnel du marché, qui conclut sur une note assez positive en disant que «la décrue de cette année pourrait être salutaire pour les bancaires. Ça aurait au moins le mérite de les faire revenir à des niveaux de PER un peu raisonnables». C’est en tout cas tous le mal que l’on espère !


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