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Entretien :«Le Maroc n’a pas de stratégie économique»
Publié dans Finances news le 26 - 02 - 2009

* Le plan d’urgence ne répond pas aux interrogations de plus en plus soulevées par un grand nombre d’opérateurs économiques.
* C’est dans ce sens que le CMC a proposé la mise sur pied d’un pacte national pour la croissance.
* Ce cadre aiderait à une mise en cohérence de tous les plans sectoriels dont la dispersion ne favorise pas l’efficacité.
* Pas d’inquiétude pour le secteur financier si les règles prudentielles continuent à être appliquées avec rigueur par BAM.
* Ces dernières années, la demande interne a été déterminante dans le cycle de croissance qu’a connu le Maroc.
* Point de vue de Habib El Malki, président du Centre Marocain de Conjoncture.
- Finances News Hebdo : Vous avez évoqué, lors de la 19ème rencontre du CMC, l’importance de disposer d’une vision globale et non de plans sectoriels, certes porteurs mais isolés les uns des autres. Alors, dans quelle mesure le plan d’urgence ne reproduirait-il pas ce même schéma ?
- Habib El Mlaki : Nous considérons que le plan d’urgence est un point de départ. Les ajustements ne sont pas conjoncturels, ils sont, par définition, structurels eu égard à la nature de la crise.
Alors que le plan d’urgence est fondamentalement conjoncturel et très limité. Il concerne trois secteurs : textile, sous-traitance automobile et secteur du cuir. Il est aussi limité dans la durée (six mois), avec une certaine conditionnalité. C’est un plan qui a le mérite d’exister mais qui ne répond pas aux interrogations de plus en plus soulevées par un grand nombre d’opérateurs économiques.
Nous avons procédé à une enquête d’opinion auprès de toutes les fédérations professionnelles représentatives de notre économie, suite à laquelle nous avons constaté que la perception de la crise est très profonde, de manière générale. C’est pour cela qu’il faut faire face à la crise autrement. Et c’est dans ce sens que nous avons proposé la mise sur pied d’un pacte national pour la croissance.
- F. N. H. : Comment imaginez-
vous ce cadre et quelles seraient ces missions ?
- H. E. M. : Ce serait un cadre mobilisateur de toutes les parties concernées, de tous les acteurs aussi bien publics que privés… Un cadre qui aiderait à une mise en cohérence de tous les plans sectoriels que nous considérons comme une avancée dans le domaine des politiques sectorielles du Maroc. En effet, ces plans touchent à tous les secteurs vitaux, mais la dispersion ne favorise pas leur efficacité.
- F. N. H. : Une sorte de fil conducteur de tous ces plans…
- H. E. M. : Ce pacte sera une manière d’exprimer une vision claire et cohérente et une stratégie économique. Le Maroc ne dispose pas d’une telle stratégie. Autant le pays a enregistré des avancées importantes en matière de politiques sectorielles, autant il n’y a pas de politique économique. C’est pour cela que la définition d’un pacte national pour la croissance reste un impératif.
- F. N. H. : Ce n’est qu’en ce mois de février qu’un plan d’urgence a été mis en place pour faire face à une crise dont les prémices ont été visibles il y a des mois déjà. Pensez-vous que le gouvernement s’y est pris tardivement ?
- H. E. M. : Nous étions les premiers à réagir, dès l’automne de l’année passée, en attirant l’attention sur les incidences de la crise mondiale sur l’économie nationale. Mais aujourd’hui, nous sommes fortement confortés dans notre diagnostic d’il y a cinq mois. Mieux vaut tard que jamais. Le plus important est la prise de conscience et la capacité de réagir et de préparer l’après-crise.
- F. N. H. : Ne pensez-vous pas que cette crise finira par avoir un impact su notre système financier ?
- H. E. M. : Pour le moment, du côté secteur financier, il n’y a pas d’inquiétude majeure. Car notre système financier est plutôt domestique au sens anglo-saxon du terme. Même s’il a connu des ouvertures sur l’Afrique ou au Maghreb, ce n’est pas pour autant un système internationalisé.
- F. N. H. : Mais les effets de la crise ne peuvent-ils pas l’atteindre du côté économique ?
- H. E. M. : Pas dans l’immédiat et pas si les règles prudentielles continuent à être appliquées avec beaucoup de vigilance et de rigueur par Bank Al-Maghrib. Je ne pense pas qu’il y aura de dérapage de ce côté.
- F. N. H. : Dans cette crise, la demande interne a joué un rôle moteur, mais pensez-vous que la Loi de Finances 2009 et surtout les mesures de soutien au pouvoir d’achat ont été suffisantes pour soutenir davantage ce rôle ?
- H. E. M. : Je crois que tout le monde devient de plus en plus conscient que, pour se développer, le marché intérieur est appelé à jouer un rôle moteur. Et ces dernières années, la demande interne a été déterminante dans le cycle de croissance qu’a connu le Maroc. C’est ce que nous avons toujours défendu d’ailleurs, et cela est devenu l’un des fondements de la doctrine économique du Centre Marocain de Conjoncture. Pour stabiliser la croissance, une croissance équilibrée et pour réduire les chocs externes, le marché intérieur joue un rôle extrêmement important. Et certaines mesures contenues dans la Loi de Finances 2009 vont dans ce sens.
- F. N. H. : Est-ce que vous êtes pour un retour en force du rôle de l’Etat pour rétablir quelque peu l’équilibre dans les marchés qui se sont libéralisés à outrance ?
- H. E. M. : Dans ce domaine, il n’y a pas de position dogmatique. Dans les pays capitalistes développés, les Etats ont démissionné de leur rôle de régulateur et ont transféré une grande partie de leurs prérogatives aux marchés. Et je crois que ce qu’il faut incriminer ceux sont plus les Etats démissionnaires que le marché qui est devenu hégémonique.


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