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Entretien : «Nous voulons être les porte-parole des sans-voix»
Publié dans Finances news le 02 - 04 - 2009

* La première édition du Women’s Tribune a été clôturée ce lundi à Essaouira autour du thème des femmes en tant que coactrices du développement.
* Bien que le Maroc ait enregistré un net progrès sur le plan législatif relatif aux droits de la femme, celle-ci est toujours confrontée à de grands obstacles au niveau politique et économique.
* Le Women’s Tribune Maroc se veut un espace de dialogue mixte et non élitiste.
* Echanges d’idées avec Fathia Bennis, présidente et cofondatrice du Women’s Tribune Maroc.
w Finances News Hebdo : Comment évaluez-vous la participation de la femme marocaine à la vie économique et politique du pays ?
w Fathia Bennis : Dans sa participation à la vie économique et politique, la femme marocaine a réalisé beaucoup de progrès, notamment des avancées certaines sur le plan légal. Il reste tout de même beaucoup à faire pour rétablir la femme dans ses droits et devoirs, notamment politiques et économiques. Je cite à titre d’exemple que des objectifs ne sont toujours pas atteints, notamment le quota sur le plan politique. Il faut néanmoins soulever une remarque : si la femme est moins engagée dans la politique, il faut reconnaître qu’elle n’est pas la seule, c’est aussi le cas d’hommes qui ne se sentent pas concernés par la politique au pays. Le problème ne se limite pas au droit de vote qui est garanti équitablement entre les deux sexes. Le problème est que les gens ne veulent pas voter, femmes et hommes compris, à cause de la décrédibilisation politique qui est d’une épine énorme dans le pied du Maroc. Ce n’est donc pas un problème propre aux femmes, mais aux citoyens marocains qui, je dirais, voudraient rester sur le bord et laisser les autres piloter.
Pour revenir à la représentativité de la femme sur la scène politique, chacun y va de son argumentation. Certains disent que la réglementation des partis ne permet pas aux femmes de se présenter aux élections. Moi je dis que c’est faux, il y a des femmes compétentes mais on ne leur donne pas la possibilité de le faire.
w F. N. H. : Donc, les compétences politiques chez les femmes existent mais demeurent entravées par des obstacles…
w F. B. : J’irais même plus loin. Les compétences existent aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Alors qu’on nous ne dise pas que les femmes ne sont pas compétentes parce qu’il y a aussi des hommes incompétents sans que cela ne les empêche d’arriver au Parlement. Cela ne veut pas dire que j’encourage la médiocrité ni qu’il faille être au Parlement juste parce qu’on est une femme. Mais c’est un argument qui ne tient pas la route dans la mesure où les compétences féminines en la matière existent.
w F. N. H. : Est-ce que cette approche genre est constatée également sur le plan économique ?
F. B. : C’est une peu différent. Si une femme décide de créer sa propre entreprise, elle peut le faire. Il n’existe aucun texte qui puisse le lui interdire. Et d’ailleurs, il y a beaucoup de femmes qui se sont lancées dans l’entrepreneuriat mais leur nombre reste assez réduit, du fait qu’il y a plus de femmes dans l’informel que dans le formel. L’AFEM, par exemple, compte entre 400 à 500 femmes chefs d’entreprise et membres de l’Association. Ce n’est pas assez !
Autre observation sur la présence féminine dans la vie économique du pays : les femmes sont plus présentes au niveau du micro-crédit et des micro-projets pour se sortir de la précarité. Là encore, il ne faut pas du tout que le micro-crédit soit la panacée, sinon les femmes resteront toujours les dernières de la classe. Il faut que le micro-crédit ne soit qu’un passage pour accéder au crédit bancaire et développer leurs projets.
w F. N. H. : Les femmes marocaines souffrent-elles de disparités salariales ou de contraintes liées à l’accès aux postes de responsabilité ?
w F. B. : Maintenant, au niveau des entreprises, il n’y a pas assez de femmes dans les postes de décision dans la mesure où vous trouverez beaucoup d’hommes occupant des postes-clés et pas assez de femmes. Et là, le Maroc n’est pas le seul à être dans cette situation ; même dans les pays européens, ce verrou n’a pas encore sauté ou ne l’est que de manière exceptionnelle.
Sur le plan salarial, ça va vous étonner, mais le Maroc n’est pas le moins bien loti ; au contraire ! Je crois qu’à compétence égale dans un poste de responsabilité, hommes et femmes ont les mêmes salaires en principe.
w F. N. H. : Comparativement à d’autres femmes de la zone, peut-on dire que la femme marocaine est mieux lotie ?
w F. B. : On ne peut pas arrêter un classement ! Ça dépend des domaines, mais en tout état de cause et toute chose étant relative par ailleurs, disons qu’au niveau du statut personnel de la femme, la transmission de la nationalité par la mère à ses enfants, le Maroc et la Tunisie sont au top niveau…
Pour l’entrepreneuriat, nous sommes probablement mieux lotis qu’ailleurs, mais peut-être pas mieux que les pays du nord. De manière globale, le Maroc s’en sort bien mais il y a encore beaucoup de chemin à faire parce que la femme rencontre encore beaucoup d’obstacles pour accéder aux postes de responsabilité.
w F. N. H. : Est-ce qu’on peut dire aussi que la responsabilité de l’amélioration de la situation de la femme lui incombe et qu’elle y a une part de responsabilité à assumer ?
w F. B. : Effectivement, c’est une responsabilité partagée. Mais il ne faut pas perdre de vue que les femmes ont réalisé beaucoup de progrès dans différents domaines grâce au travail associatif où elles s’épanouissent, car elles se sentent plus valorisées et souffrent moins de machisme. Dans les partis politiques, vous trouverez rarement des femmes dans les bureaux politiques des partis. Leur nombre est disproportionné par rapport au nombre de militants politiques, ce qui prouve toute la difficulté qu’elles éprouvent pour accéder aux commandes sur la scène politique.
L’autre versant de la réponse est, effectivement, la responsabilité partagée. C’est pourquoi nous avons voulu être une association mixte. Aussi revendiquons-nous la mixité parce que les problèmes de la femme sont ceux de la société toute entière. Nous voulons qu’on nous écoute mais qu’on écoute aussi les hommes. Et qui dit avoir des droits dit aussi remplir des devoirs ! Nous, les femmes, avons une responsabilité dans la médiocrité de certains aspects de notre société que nous devons assumer. Et il est injuste également dans l’autre sens que les femmes aillent à l’école et obtiennent des diplômes pour rester à la maison par la suite, c’est un vrai gaspillage de compétences et d’investissement de l’Etat. De même qu’il est anormal que le stress de la vie retombe sur les épaules de l’homme. Aujourd’hui, pour que la vie soit viable, il faut que les deux s’entraident et participent à la vie quotidienne et au développement de la société.
w F. N. H. : Dans quelle mesure des initiatives pour l’Union Pour la Méditerranée ou le Statut avancé, peuvent-elles créer des espaces d’échange à même d’améliorer la condition des femmes et leur rôle vis-à-vis de la société ?
w F. B. : Nous avons des propositions de réseautage pour participer au changement et au rapprochement des deux rives. D’ailleurs, des accords se préparent dans ce sens pour que les femmes de l’Union Pour la Méditerranée participent activement aux initiatives en cours.
Notre ambition est de faire entendre la voix du Sud et j’espère que nous allons franchir une nouvelle étape, celle de faire participer, avec nous des femmes et des hommes lambda parce que nous ne voulons pas être une association élitiste. Nous avons d’ailleurs la prétention d’être les porte-parole des sans-voix aussi bien hommes que femmes.


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