* La révision de la loi 10-94 qui va autoriser linstallation au Maroc de capitaux et de médecins étrangers suscite toujours la grogne de 30 organismes appartenant au secteur. * Le corps médical reproche au département de tutelle de ne pas ériger des remparts contre la détérioration de la qualité des soins et la protection du capital national. F aut-il ou non libéraliser la loi relative à la déontologie et à la pratique médicale au Maroc ? Deux points de vue totalement divergents sont actuellement exprimés. Même si la campagne électorale a obligé la majeure partie des acteurs concernés à se concentrer maintenant sur les communales. Un procès symbolique a été intenté par 30 organismes du secteur de la profession médicale et sanitaire, en guise de protestation contre les amendements décidés par le département de tutelle. Le ministère de la Santé propose en effet que le secteur soit investi par tous ceux qui ont la capacité financière de le faire. Cela veut dire concrètement que des cliniques peuvent être la propriété de non professionnels, et instaurer de nouvelles règles pour le salariat médical. Ainsi que dimportants changements au niveau de lexercice des médecins étrangers au Maroc. Il faut souligner que la révision de la loi 10-94 figure parmi les objectifs prioritaires du plan daction 2008-2012 du département de Yasmina Baddou. La mise à niveau des établissements de soins entamée par le ministère était une étape nécessaire pour les préparer aux nouvelles règles qui devront désormais régir la qualité des soins. Le département de la Santé sinspire largement dexpériences similaires menées respectivement en Tunisie et en Jordanie et certains pays du Golfe arabe. Des pays qui ont déjà libéralisé le secteur médical et sanitaire afin de fournir une qualité de soins proportionnelle au pouvoir dachat des différentes catégories sociales.