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Finance islamique : A l’heure de la mondialisation
Publié dans Finances news le 03 - 07 - 2009

* 50 à 60% de l’épargne des Musulmans du monde seraient conformes à la charia.
* Le marché bancaire islamique dépasserait son potentiel de 4.200 Mds $.
* Le rôle de la finance islamique se veut être un stabilisateur et un correcteur d’économie.
Face aux soubresauts de la crise financière internationale, une question se pose d’emblée : est-ce qu’il ne faut pas réfléchir à une finance responsable et alternative qui nous mette à l’abri de cette avalanche ? Une finance qui vient remédier aux carences de celle conventionnelle.
C’est dans ce sillage que s’est inscrite la conférence organisée par l’Institut Marocain des Relations Internationales et dont la thématique débattue était la finance islamique à l’heure de la mondialisation. Le conférencier était Dhafer Saidane, maître de conférences en sciences économiques et habilité à diriger des recherches à l’Université Charles De Gaulle Lille III. D. Saidane est en outre Conseiller du Club des dirigeants des banques africaines.
D. Saidane a tenu, dans un premier temps, à faire le distinguo entre la finance conventionnelle et celle alternative. La première s’inscrit dans une sphère marchande (prix = coût + marge). La seconde s’inscrit, par contre, dans une sphère non marchande. Elle est plus motivée par le social, l’éthique et des projets solidairement responsables (prix = coût + subvention de l’Etat). Ou plus exactement, la finance conventionnelle relève de tout ce qui est macroéconomique et concerne essentiellement le financement des grands projets. La finance alternative s’intéresse plus à tout ce qui est microéconomique et individuel.
Aujourd’hui, et dans un contexte de crise de confiance, on assiste à une montée en flèche de la finance responsable. Si on prend le cas de l’Europe, le PIB dans la zone Euro serait de 4,3%. Le taux de chômage serait de 9,3% et un déficit budgétaire récurrent. La finance islamique pourrait-elle être une solution ? Avant la crise économique, la finance islamique luttait contre l’exclusion sociale et la misère, essentiellement dans les régions défavorisées. Son rôle se veut désormais comme un stabilisateur et correcteur d’économie. La finance islamique prend plusieurs formes. On peut citer les tontines et les fonds solidaires en Afrique et en Asie, le système d’épargne-crédit dans la Grameen Bank au Bangladesh, le micro-crédit et aussi la finance éthique qui s’est développée au cours de la période 1980-90 sous forme de fonds investis dans l’économie verte et vertueuse qui renforce la dignité.
Aussi, d’après D. Saidane, depuis une vingtaine d’années, la finance islamique connaît une expansion remarquable. Elle génère 700 Mds de dollars. Elle opère dans plus de 60 pays à travers plus de 300 institutions financières. Les actifs islamiques affichent une progression de 15%/an. 50 à 60% de l’épargne des musulmans du monde seraient conformes à la charia. Le marché bancaire islamique dépasserait son potentiel de 4.200 Mds de dollars. «Il s’agit d’un nouveau marché qui se profile et qui ne laisse pas indifférentes les institutions européennes», renchérit-il.
Le nombre de banques islamiques augmente à travers le monde avec pour principale mission la maîtrise des risques.
Au Maroc, les produits islamiques ont été tués dans l’œuf à cause de leur cherté parce qu’il y a la TVA sur les intérêts… Ce type de produits n’a pas été accompagné d’une fiscalité adaptée.


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