le tourisme interne doit constituer le noyau dur de la future stratégie touristique au lieu d'être considéré comme un simple palliatif en périodes de crises. Alors que l'Organisation mondiale de Tourisme affirmait le 07 mai que « les arrivées de touristes internationaux pourraient baisser de 60 à 80 % en 2020 », le tourisme interne est plus que jamais sollicité pour sauver un secteur voué à la récession depuis l'apparition de la pandémie de Covid-19 en décembre 2019 dans la ville chinoise de Wuhan. Au Maroc et selon le directeur du Conseil Provincial du Tourisme (CPT) de Ouarzazate, Zouhir Bouhout « le recours aux nationaux ne doit pas être considéré comme un simple palliatif au moment des crises et jetable dès la reprise des arrivées internationales, il doit constituer le noyau dur de la future stratégie touristique». Dans un document reçu par 2M.ma, ce professionnel du secteur touristique estime qu'«il est impératif que le Maroc révise son modèle de développement touristique ». Et d'ajouter que « le tourisme interne a toujours dynamisé l'activité du secteur au Maroc. C'est grâce au tourisme national que le secteur a pu résister et dépasser les zones de turbulences avec un minimum de dégâts les 20 dernières années». Ainsi, « la progression des nuitées des nationaux entre 2000 et 2019 a été spectaculaire. Ils sont passées de 2,27 millions en 2000 à 7,84 millions en 2019, soit plus 5,57 millions de nuitées correspondant à une progression de 245% entre 2000 et 2019 », détaille dans un document envoyé à 2M.ma le directeur provincial de tourisme. Ce même document nous informe que « les marocains auraient dépensé plus de 125 Milliards de dirhams dans leurs voyages à l'étranger durant la période 2000-2019 alors que la recette du Tourisme interne marchand se situerait à 63 milliards ». D'après Bouhout, pour plusieurs professionnels du secteur touristique, les nationaux pourront amortir le choc d'une chute libre de ce secteur dont 8500 entreprises sont à l'arrêt depuis l'instauration de l'état d'urgence sanitaire le 20 mars dernier.