Après une première séquence à New York l'an dernier, où elle s'était entretenue avec le secrétaire général de l'ONU António Guterres et le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme Volker Türk, Bouayach, également présidente de l'Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l'Homme (GANHRI), enchaîne les consultations de haut niveau, annonce un communiqué du CNDH publié le 2 avril 2026. Dernier échange en date : une réunion stratégique avec le président du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, Siddharth Chatterjee, en fonction depuis janvier 2026. Au cœur des discussions : la nécessité de resserrer les rangs face à une triple crise qui fragilise l'architecture internationale des droits humains : recul du multilatéralisme, crise de financement des mécanismes onusiens et contestation croissante de l'universalité des droits dans plusieurs régions. Renforcer le rôle des institutions nationales Pour Bouayach, l'enjeu est de repositionner les institutions nationales des droits de l'Homme comme des acteurs centraux du système international. Elle plaide pour une présence accrue et structurée de ces instances dans les mécanismes onusiens, notamment à Genève et à New York, afin de peser davantage dans l'élaboration, le suivi et l'évaluation des politiques publiques en matière de droits humains, détaille la même source. Lors de cette rencontre, la responsable marocaine a insisté sur la nécessité de renforcer l'interaction entre les institutions nationales et les résolutions du Conseil des droits de l'Homme, ainsi qu'avec les procédures spéciales des Nations unies. Une articulation qu'elle juge indispensable pour améliorer le suivi des engagements internationaux et garantir leur traduction concrète au niveau national. Coordination internationale et ancrage national La présidente du CNDH a également mis en avant l'impératif d'une meilleure coordination entre les différents acteurs internationaux afin d'assurer le respect des standards universels. « Elle a défendu une approche intégrée, où les institutions nationales jouent un rôle de passerelle entre le droit international et les réalités locales, notamment à travers le monitoring des violations, la formulation de recommandations et la proposition de solutions adaptées aux contextes nationaux », explique le communiqué du CNDH. Dans cette dynamique, elle a rappelé le rôle structurant de ces institutions dans la diffusion de la culture des droits humains et dans l'appropriation du droit international au niveau interne. Soutien du Conseil des droits de l'Homme De son côté, le président du Conseil des droits de l'Homme a salué le rôle croissant des institutions nationales et le dynamisme du plaidoyer porté par la GANHRI (Global Alliance of National Human Rights Institutions). Cité par le communiqué du CNDH, Siddharth Chatterjee a exprimé sa volonté de renforcer la coopération avec ces acteurs, considérés comme des relais essentiels sur le terrain. « Au terme de cet échange, les deux parties ont convenu de poursuivre leur coordination pour faire face aux défis actuels et consolider une gouvernance internationale des droits humains plus équitable et plus efficace », conclut le communiqué.