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Oxfam Maroc : "Les lois sont nécessaires mais pas suffisantes pour protéger les femmes contre les violences"
Publié dans 2M le 18 - 02 - 2017

Dans le cadre de sa campagne « Baraka ! Ensemble contre les violences », l'ONG Oxfam, installée au Maroc, souhaite déconstruire les normes sociales nocives qui encouragent les violences faites aux femmes. Une approche originale a été adoptée, celle de l'art. C'est ainsi que le jeudi 16 février, plusieurs événements artistiques ont eu lieu afin d'aborder le sujet de la violence à travers la création.
Du rôle de l'éducation dans l'éradication de la violence dans la société à la meilleure manière de provoquer le changement sans choquer, éclaircissements avec Esther Sens, responsable de programmes et justice du genre à Oxfam Maroc.
Quel impact a le patriarcat sur la place de la femme dans la société ?
La violence à l'égard des femmes est un problème grave répandu dans le monde entier. Elle n'est pas confinée à une culture, une région ou un pays donnés, ni à un groupe spécifique de femmes dans une société. Elle n'est pas le résultat d'actes individuels et spontanés d'inconduite, mais elle est profondément enracinée dans les rapports d'inégalité qui existent entre les femmes et les hommes. Nous participons tous, hommes ou femmes, à la perpétuation du patriarcat car nous l'avons intériorisé. Ce conditionnement est constamment renforcé par ce que nous vivons, lisons, voyons. Et cela nous porte, même inconsciemment, à reproduire des comportements sexistes.
Le patriarcat restreint les choix des femmes mais ne leur ôte pas pour autant tout pouvoir, comme en témoignent l'existence des mouvements de femmes et la reconnaissance de leurs droits. Par ailleurs, la fin des violences n'est pas uniquement un combat de la société civile. Les Etats, y compris ceux régissant des sociétés patriarcales, s'engagent également dans la lutte contre les violences à travers leurs Constitutions, la ratification de conventions et traités internationaux, et l'adoption de lois nationales contre la violence.
Dans les sociétés patriarcales, quel est le rôle de l'éducation pour limiter la violence à l'égard des femmes ?
La culture n'est ni homogène ni statique. Son caractère fluide permet la remise en cause des normes sociales nocives et l'adhésion aux valeurs respectueuses des droits fondamentaux. L'éducation, surtout celle institutionnelle, est un levier de changement. Elle contribue énormément à façonner les sociétés et à véhiculer des messages. C'est à nous de décider quelle est l'éducation que nous voulons offrir aux générations les plus jeunes, quel est notre projet de société, qu'est-ce que nous voulons devenir comme humanité. C'est à nous tous, femmes et hommes, filles et garçons, de décider de briser la spirale de violences et de s'engager dans des campagnes comme « Baraka ! » pour dire que les violences ne sont ni immuables ni inévitables et pourraient être grandement réduites, voire éliminées, avec la volonté et les ressources nécessaires.
Le progrès des lois pour protéger femmes contre les violences est-t-il suffisant pour éradiquer ce fléau ?
La violence à l'égard des femmes les appauvrit individuellement ainsi que leurs familles, communautés, sociétés et pays à plusieurs égards. Elle réduit la capacité des survivantes des violences d'apporter une contribution productive à leurs familles, ainsi qu'à l'économie et à la vie publique de leurs pays. Elle absorbe les ressources des services sociaux, du système judiciaire, des organismes de soins de santé et des employeurs. Enfin, elle réduit de manière générale le niveau éducatif, la mobilité ainsi que le potentiel d'innovation des survivantes, de leurs enfants et même des auteurs de violences.
Les lois sont nécessaires mais pas suffisantes. Afin de mettre fin aux violences, l'approche d'Oxfam consiste à travailler sur les lois, sur les croyances et sur les pratiques. Une volonté ferme est donc essentielle à tous les niveaux et de la part de tous les secteurs, mais aussi de la part des femmes et des hommes, des filles et des garçons qui conforment toute société. C'est une affaire de tous et de toutes.
Lors de cet événement, plusieurs prestations artistiques sont organisées. L'art peut-il être un bouclier contre la violence dans la société ?
Musique, théâtre, danse, cirque, dessin, graffiti... « Baraka ! » souhaite engager les jeunes par le biais d'une série d'actions liées à l'expression artistique sous un message parapluie contre les violences visant à changer les stéréotypes sexistes et les normes sociales nocives.
L'art permet de développer le sens critique, le goût, le jugement. Il est un moyen d'expression qui permet de mettre des mots lorsque ce n'est pas possible par la parole. Un moyen efficace de construire la culture de l'égalité et de la non violence. L'art peut amener les jeunes à réfléchir sur leur humanité et à développer leurs sentiments de solidarité et de justice, dans l'espoir que les violences soient transformées en quelque chose de créatif, de positif, de constructif.
Comment peut-on déconstruire les normes sociales nocives sans brusquer la société afin que cela puisse être efficace ?
La plupart des gens, la plupart du temps, se conforment aux normes sociales. Nous absorbons continuellement des messages subtils concernant ce qu'il convient ou non de faire, de dire et de penser, distillés par notre famille, nos amis, nos collègues, l'enseignement, la culture, les médias, etc. Ces apprentissages permettent l'évolution individuelle et des sociétés mais aussi, parfois, normalisent et légitiment les violences quand ils sont liés à des normes nocives.
Nous pensons que les croyances nuisibles qui sont à l'origine des violences peuvent être changées, car la culture est fluide, comme mentionné auparavant. Cette campagne est née justement pour ouvrir le débat autour de la déconstruction de ces idées qui perpétuent les violences car nous avons tous et toutes le droit de vivre une vie libre de violence.


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