La France a fait part de son inquiétude face au désengagement des Etats-Unis au Moyen Orient, cherchant à faire réagir Washington. Réagissant lors de la quinzième édition de la conférence annuelle sur la sécurité Manama Dialogue au Bahrein, la ministre française des Armées, Florence Parly a affirmé que les Etats-Unis se désengagent progressivement dans le Moyen-Orient. « Nous avons assisté à un désengagement progressif et délibéré des Etats-Unis », a-t-elle dit. « Quand l'attaque de navires est restée sans réponse, le drone a été abattu. Lorsque cela est resté à son tour sans réponse, d'importantes installations pétrolières ont été bombardées. Où est-ce que cela s'arrête ? Où sont les stabilisateurs ? », a-t-elle déclaré, demandant à demi-mot, aux Etats-Unis de mener des représailles. Dans cette affaire de tensions dans le Golfe, les événements se sont succédé, entre arraisonnements de pétroliers, l'abattage d'un drone américain, et les attaques aux drones de pétroliers de diverses nationalités. A noter que chacun de ces incidents comportaient plusieurs parties prenantes. Mais le fait est que c'est l'Iran qui a été le principal suspect des grandes puissances mondiales, tandis que l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis dont les pétroliers ont été ciblés par les attaques revendiquées par les rebelles Houthis du Yémen, n'ont pas pointé du doigt un pays en particulier. « La région est habituée au flux et au reflux de l'engagement américain. Mais cette fois, ça semble plus sérieux », a ajouté la ministre française, regrettant que Washington n'ait pas réagit, et notant son désengagement « progressif ». Toutefois, elle a reconnu qu'un porte-avions américain, l'USS Abraham Lincoln a traversé le détroit d'Ormuz, cette semaine. Selon le Pentagone l'arrivée de ce porte-avions était un signe de « l'engagement » américain envers la liberté de navigation.