Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman (CFCM) après la polémique déclenchée par ses propos au micro de RMC, de BFM et de France Info « Certes, la liberté d'expression, elle est là, mais la volonté délibérée d'offenser [...] n'a pas lieu d'être dans un pays où la fraternité est son troisième triptyque. Nous pouvons renoncer à certains droits, pas pour plaire ou faire plaisir à des extrémistes, mais par le devoir de fraternité », a tenté de désamorcer les tensions en demandant aux musulmans de l'Hexagone de « défendre l'intérêt » de la France. Tout en estimant qu' »Il faut savoir renoncer à certains droits pour que la fraternité puisse s'exprimer dans notre pays » le président du CFCM a déclaré « Je pense que les musulmans de France doivent défendre les intérêts de notre pays et je pense que ces appels au boycott n'ont pas lieu d'être ». Les mots du président de la République ont été, selon lui, « déformés, instrumentalisés ». Et d'ajouter « La France est un grand pays, les citoyens musulmans ne sont pas persécutés, ils construisent librement leurs mosquées et pratiquent librement leur culte », Aussi dans une mise au point en date du 28 octobre 2020, Mohammed Moussaoui a tenu à réaffirmer avec force après s'être reproché ses propos « Je regrette que l'une de mes expressions au sujet des caricatures ait pu choquer certains. Et de poursuivre « qu'évoquer la publication ou la diffusion des dites « caricatures de Mahomet » pour expliquer un acte de terrorisme, justifier l'assassinat d'un Homme, proférer des menaces ou appeler à la vengeance sous quelle que forme que ce soit est en soi une profanation et une trahison du message du prophète lui-même ». Et d'appeler les musulmans de France et d'ailleurs, à suivre l'exemple du Prophète et à ne pas répondre. « Le Prophète de l'islam a toujours ignoré les insultes le visant, n'a jamais cédé à la provocation ou tolérer les actes de vengeance. Dès lors, il est indécent et indigne de s'interroger sur ce qu'a pu montrer notre compatriote Samuel Paty à ses élèves pour qu'une meute d'extrémistes jette son nom à la vindicte et provoque son assassinat lâche et barbare ». Aussi, tout en rappelant son attachement à « l'islam du juste milieu » Moussaoui en appelle à la modération, « Nos compatriotes, qui veulent défendre jusqu'au bout et avec toutes leurs forces le droit de caricaturer, personne ne peut leur en vouloir, tant notre règle commune qu'est la loi de la République les y autorisent. Les musulmans de France, comme d'autres, peuvent ne pas aimer les caricatures et user de leur droit d'être critiques à leur égard. Cela doit être fait avec la plus grande vigilance. Nous devons être conscients du risque qu'une expression non maitrisée puisse alimenter une posture victimaire aux conséquences néfastes. Les assassinats commis dans notre pays et en Europe en lien avec les caricatures et dont les auteurs prétendaient défendre l'islam, doivent nous le rappeler ». Puis passant à la Liberté d'expression Mohammed Moussaoui explique à ce sujet « La loi de la République qui est notre règle commune autorise la caricature et la considère comme un mode d'expression libre. Par nature, ce mode d'expression a pour objectif de moquer, de provoquer et de tourner en dérision même, ce qui est sacré aux yeux de certains. Si la liberté d'expression donne le droit d'être dans la satire ou l'humour, nous pouvons comprendre que les caricatures mettant un prophète fondamental pour des millions de croyants dans des postures suggestives et dégradantes ne puissent relever de ce droit : on tombe dans la mise en image de représentations négatives et stigmatisantes ». Quant aux réactions du monde musulman, le président du CFCM déclare, « s'agissant des réactions du monde musulman, il convient d'observer qu'elles ne prennent pas partout la même forme. Celles qui appellent au dénigrement de notre pays et s'attaquent à ses intérêts doivent être rejetées et dénoncées. Accuser la France d'être islamophobe alors qu'elle compte dans sa population l'une des plus grandes communautés musulmanes d'Europe est une aberration que les musulmans de France doivent rejeter avec toute leur force. Non ! La France n'est pas islamophobe, les Français ne sont pas islamophobes ». "Il faut savoir renoncer à certains droits pour que la fraternité puisse s'exprimer dans notre pays" Mohammed Moussaoui, président du conseil français du culte musulman, sur le droit à la carricature#ApollineMatin pic.twitter.com/LyMdMAHGpk — RMC (@RMCinfo) October 27, 2020