Les forces armées espagnoles qui participent chaque année aux exercices ou manœuvres militaires African Lion (suspendus en 2020 en raison de la pandémie), ont décidé de faire abstraction pour l'édition 2021, qui aura lieu du 7 au 18 juin au Maroc, en Tunisie et au Sénégal. L'African Lion dont l'objectif est d'améliorer l'interopérabilité des troupes occidentales avec les troupes africaines dans la lutte contre la menace djihadiste, revêt pourtant une question de toute première importance et d'intérêt pour l'Espagne. Raison invoquée par l'Espagne, les ajustements budgétaires de Défense, l'obligent à prioriser les exercices auxquels elle participe. Et elle n'a même pas daigné envoyer d'observateurs, comme 20 autres pays l'ont fait. Pourtant, Il s'agit, faut-il le rappeler, du plus grand déploiement et d'exercices de ce type jamais organisés sur le sol d'Afrique. Sûr que ces exercices militaires sur terre, effectués que les Forces armées des divers pays participants seront d'un apport extrême en expérience voulue, et sont stratégiques à plus d'un titre. Ces exercices sur terre interviennent trois mois seulement après les manœuvres navales et aériennes que le pays nord-américain et le royaume du Maghreb ont également déployées au nord des îles Canaries en mars et dont l'Espagne et le gouvernement autonome n'avaient semble-t-il pas eu connaissance. Cela étant, l'importance du Lion d'Afrique est démontrée par le général James C. McConville, chef d'état-major de l'armée américaine, qui a souligné l'importance stratégique de ces manœuvres sur ses réseaux sociaux. En fait, pour le commandement américain sur le continent (Africom), African Lion est sa plus grande opération d'entraînement. Jugeons-en ! environ 8 000 soldats – 7 800 selon les données connues – provenant de neuf pays, le Maroc et les Etats-Unis ayant mis le gros des contingents ; 21 avions militaires et 46 autres supports ; plus de 100 véhicules blindés ; deux bateaux ; 24 millions de dollars de budget et 21 pays en tant qu'observateurs. Outre les troupes américaines et marocaines qui participent aux exercices militaires, d'autres pays africains fournissent également des troupes, comme la Tunisie et le Sénégal, des Européens comme l'Italie, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, ainsi que le Canada et le Brésil. La plupart des 20 pays observateurs sont africains, mais le Portugal, le Danemark, Malte, la Norvège et la Pologne sont également présents. L'Espagne s'étant retirée du terrain et en tant qu'observateur, une décision que le ministère de la Défense des voisins du nord avait prise il y a plusieurs mois, indépendamment de la situation actuelle et des relations avec Rabat. Jusque-là rien d'anormal quant à cela, sauf qu'El Pais la voix de son maître du PSOE, est venu entretemps aviver la tension entre le Maroc et l'Espagne d'un article plutôt tendancieux et loin de cette réalité. « Des sources gouvernementales admettent que la raison sous-jacente est qu'une grande partie de ces exercices, auxquels l'Espagne a participé chaque année, auront lieu pour la première fois au « Sahara occidental » », a rapporté le canard loin de ses plumes et de ses palmes. Et de poursuivre « Envoyer des soldats à ces exercices signifierait légitimer l'occupation marocaine 45 ans après le départ des dernières troupes espagnoles de l'ancienne colonie » écrivait, le journal de gauche, en remettant en cause les régions du Sahara marocain choisies pour ces manœuvres (Mhabes, Tan Tan, Dakhla). El Pais, en bon aboyeur sur ordre de ses maîtres ne fait que confirmer l'hostilité de l'Espagne à l'encontre de l'intégrité territoriale du Maroc. Autre son de cloche, celui-là en provenance de la rive sud, selon de sources fiables consultées par Maghreb Intelligence, c'est bien le Maroc, premier protagoniste (avec les Etats-Unis) de ces manœuvres, qui a opposé une fin de non-recevoir à l'Espagne. Car, pour Rabat, il n'est pas question de donner l'impression que les relations reprennent normalement entre les deux pays, avant que ne soit résolue l'affaire de Brahim Ghali. La même source rappelle que « des responsables marocains avaient déjà fait allusion à une possible mise en sourdine de la coopération sécuritaire avec l'Espagne. Ce qui pourrait avoir de fâcheuses répercussions pour le voisin du Nord, mais aussi pour toute l'Europe », conclut-on. Pour nous autres, on comprend aisément le retrait des forces armées espagnoles de l'African Lion 2021, ses soldats ayant été mobilisés pour de la bastonnade à tout va à l'encontre de lionceaux mineurs à Sebta occupée. Une vraie guerre !