La Commission européenne a affirmé que l'accord commercial sur la pêche et l'agriculture entre l'Union européenne et le Maroc présentait des « avantages » à la fois pour les habitants du Sahara et pour le territoire de manière générale. Dans un rapport, la Commission ajoute que les habitants et exploitants de la région s'estimeraient lésés s'ils ne profitaient pas de l'accord comme le reste des territoires marocains. Dans un récent rapport, daté du 22 décembre, et auquel l'agence de presse Europa presse eu accès, la Commission européenne est venue apporter un nouveau soutien aux accords conclus entre le Maroc et l'Union européenne, comme l'avaient fait les 27 plus tôt. Le document explique les raisons pour lesquelles l'accord est bénéfique aux populations du Sahara contrairement aux allégations des milices séparatistes du polisario qui se trouvent en Algérie et qui, s'autoproclament comme étant les représentants du peuple sahraoui, dans le sillage de leur autoproclamée république non reconnue par les instances internationales. L'accord est bénéfique à la population sahraouie « Les bénéfices pour la population du Sahara Occidental de l'extension des préférences tarifaires aux produits » de ce territoire rassemblent les conclusions de la « visite technique » réalisée par les personnels de la Commission européenne et de l'Action extérieure européenne Service (SEAE) entre le 20 et le 23 septembre vers cette région, indique le rapport. Et d'expliquer que la mission de la Commission européenne comprenait cinq visites de terrain dans des fermes et des établissements qui exportent vers l'Union européenne et des réunions avec des représentants des secteurs de la pêche, de l'agriculture et de l'artisanat, des coopératives et un centre de formation dans la région du Sahara. Bruxelles défend que l'accord « entraîne des bénéfices » pour le Sahara et sa population « en termes d'exportations, d'activité économique et d'emploi » et que les organisations de défense des droits humains au Sahara ont « exprimé leur soutien à l'extension des préférences tarifaires » au Sahara comme ce que prévoit initialement l'accord signé entre les deux parties. Trois organisations de défense des droits humains ont été rencontrées par les membres de la Commission européenne le 4 novembre, précise le rapport et selon ces organisations, cite le document, la population « bénéficie directement et indirectement de l'accord » et il y a donc un « fort soutien » en sa faveur. Les associations ont estimé que priver la population du Sahara des préférences tarifaires « impliquerait une discrimination à son égard par rapport aux autres producteurs et exportateurs des territoires et pays voisins » qui en bénéficieraient. Les chiffres prouvent l'apport positif de cet accord sur le Sahara Dans son argumentaire, la Commission explique par ailleurs l'accord « a soutenu les exportations dans les deux secteurs les plus stratégiques du Sahara occidental et leur croissance et donc l'emploi et l'investissement », à avoir la pêche et l'agriculture. Les exportations vers l'UE et les chiffres de l'emploi montrent une « tendance de croissance régulière » indique le rapport et estime qu'elle « peut être considérée en grande partie en raison des conditions économiques favorables au Sahara » et de souligner l'importance des investissements réalisés par le gouvernement marocain dans la région. Bruxelles estime en outre qu'en l'absence de cet accord sur les préférences tarifaires, il n'y aurait pas eu d'augmentation des exportations, ni la production, ni de l'emploi et estime qu'il est probable « qu'une partie très importante de ces activités aurait été remplacée par des exportateurs des pays voisins » qui bénéficient de préférences tarifaires avec l'UE, ce qui aurait lésé les réels habitants du Sahara et la région dans son ensemble. Les chiffres indiquent que jusqu'à 88 % de la production agricole du Sahara, estimée à 66 700 tonnes, est destinée à l'export notamment pour l'Union européenne. En 2020, pas moins de 14 000 emplois directs liés à ce secteur ont été créés seulement dans la région de Dakhla, dont la majorité est liée aux exportations. Et pour la pêche, ce sont 140 500 tonnes de produits issus de ce secteur qui ont été exportés vers l'Union européenne et 123 000 emplois sont liés à cette activité avec une augmentation de 10 % entre 2019 et 2020 et de 37 % depuis 2016, date d'entrée en vigueur de l'accord. Ces données confrontent la décision rendue en septembre par un tribunal de première instance de l'Union européenne, qui a été saisi par les milices séparatistes du polisario établies en Algérie. La juridiction européenne avait annulé par sa décision les accords agricoles et de pêche liant les deux partenaires. Ces derniers sont toujours en vigueur en dépit de la décision de justice étant donné qu'elle n'a été rendue qu'en première instance. L'Union européenne a fait appel de cette décision le 19 novembre après une réunion des ministres du Développement des 27. Les pays de l'Union européenne veulent absolument garder les accords avec le Maroc en l'état notamment parce que leurs principaux enjeux c'est de sauvegarder leur accès aux eaux poissonneuses au large du Sahara marocain qui permet à 128 navires européens, principalement espagnols de pêcher librement dans les eaux atlantiques marocaines. Le Maroc et l'Union européenne sont liés par un accord d'association depuis 1996, année de sa signature, et qui est entré en vigueur en mars 2000. L'accord prévoit des préférences tarifaires accordées par l'UE aux produits d'origine marocaine et le protocole de pêche renouvelé en mars 2019 permet aux navires européens d'accéder aux eaux marocaines pendant une durée de 4 ans.