L'ambassadeur du Maroc empêché accéder à la cour de la Mosquée Hassan II au Sénégal : une source évoque une procédure protocolaire habituelle    Marrakech-Safi : 12.341 entreprises créées en 2025    Aïd Al-Fitr : Casablanca déploie un dispositif renforcé pour l'accueil du public dans ses parcs et jardins    Ligue des champions CAF : L'AS FAR élimine Pyramids et se qualifie en demi-finale    Après une absence due au service militaire... le groupe coréen BTS signe un retour en force avec des chiffres records    Détroit d'Ormuz : l'armée américaine affirme avoir "réduit" la menace iranienne    Accord agricole Maroc-UE : la Commission européenne soutient le système d'étiquetage    Désintox : De l'agence de presse nigériane aux sites à buzz : autopsie d'une fake news devenue «fait historique»    Sénégal: Obligada por la CAF, la FSF intenta apagar la polémica en torno a la camiseta Puma con una estrella    Tanger-Med : Saisie de 4 tonnes de cannabis dissimulées dans du faux poisson    Après-pétrole maritime : ce que le Maroc peut faire, dès maintenant    Officiel : Rayane Bounida dit NON à la Belgique et choisit le Maroc !    Voici les hauteurs de pluies enregistrées ces dernières 24H    2ème tour des municipales en France: La participation focalise l'attention    Paradoxe des Lions : Regragui part sans titre, Ouahbi arrive déjà champion    Kyntus Morocco Branch : dans l'Oriental, 220 emplois créés, 400 visés d'ici 2028    Sultana Khaya sort du silence et dément toute «scission» avec le Polisario    Commerce extérieur : le Maroc accélère sa transformation numérique    Sénégal : Contrainte par la CAF, la FSF tente d'éteindre la polémique autour du maillot Puma à une étoile    De la 2G à la 6G : une innovation chinoise réduit la consommation d'énergie et multiplie la vitesse des communications    Gaz de Tendrara: Le commercialisation annoncée pour le troisième trimestre 2026    Washington allège ses sanctions contre le pétrole iranien pour faire baisser les cours    Ligue 1: Bilal Nadir de retour à l'entrainement avant le choc OM-Lille    Le temps qu'il fera ce samedi 21 mars 2026    Aïd Al Fitr : Grâce Royale au profit de 1201 personnes    Football féminin : la FIFA impose la présence d'entraîneuses sur les bancs    L'Afrique du Sud apporte son soutien juridique pour le Sénégal après la perte de son titre AFCON    Perturbations météo: Suspension des liaisons maritimes entre Tarifa et Tanger ville    L'ambassadeur de France Christophe Lecourtier annonce son départ du Maroc    Rabat. SM le Roi, Amir Al-Mouminine, accomplit la prière de l'Aïd Al-Fitr à la mosquée "Ahl Fès" et reçoit les voeux en cette heureuse occasion    Pétrole: Les stocks stratégiques commencent à être mis sur le marché    Tanger Med: Mise en échec d'une tentative de trafic de plus de 3,9 tonnes de chira    Alerte météo: Averses orageuses et fortes rafales de vent ce vendredi    Did Morocco really walk off the pitch during an AFCON 1976 game?    Etablissements pionniers : L'ONDH engage 15,8 MDH pour mesurer la conformité à la labellisation    Un ex-ministre algérien accuse l'administration Trump d'exercer des pressions sur Alger et le Polisario    Mort de Chuck Norris, légende du cinéma d'action    Théâtre : Ouverture des candidatures pour le soutien aux projets culturels et artistiques    SM le Roi, Amir Al-Mouminine, accomplit la prière de l'Aïd Al Fitr à la mosquée "Ahl Fès" à Rabat    Aïd Al Fitr célébré vendredi au Maroc    Aïd Al Fitr : Grâce Royale au profit de 1201 personnes    Le Roi, Amir Al-Mouminine, accomplira vendredi la prière de l'Aïd Al Fitr à la mosquée "Ahl Fès" à Rabat    «Porte Bagage» triomphe à Bergamo et consacre une nouvelle voix du cinéma marocain    Produits du Sahara : Bruxelles précise le poids réel des exportations vers l'UE    Carte de l'artiste : les demandes déposées jusqu'au 31 décembre 2025 examinées    UNESCO : Medellín, en Colombie, désignée Capitale mondiale du livre 2027    FESMA 2026 : Lomé au cœur des saveurs africaines    Film : Rire, couple et quiproquos au cœur d'une comédie marocaine    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Plus de deux mois après le séisme, qu'en est-il de la population sinistrée ?
Publié dans Hespress le 13 - 11 - 2023

Le 8 septembre 2023, est désormais une date que les Marocains ne peuvent plus oublier. Après deux mois, les séquelles du séisme meurtrier d'Al Haouz pèsent toujours sur le Royaume et selon les observateurs, elles vont peser encore, et pour très longtemps. Le Haut-commissariat Au Plan (HCP) a récemment publié un profil sociodémographique de la zone sinistrée. Recenser les dégâts anticipe le retour au cours normal de la vie.
Ainsi, « les caractéristiques démographiques, telles que l'âge, le genre, la taille et la composition des ménages, jouent un rôle fondamental dans la manière dont les individus et les communautés vivent un séisme. Les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes handicapées peuvent avoir des besoins spécifiques en matière d'abri, de soins médicaux et de soutien psychosocial », lit-on sur l'introduction du document publié sur le site officiel du HCP.
En outre, « les informations démographiques aident les autorités à estimer le nombre de personnes touchées par le séisme, à évaluer la capacité des infrastructures locales (hôpitaux, écoles, abris d'urgence) et à allouer efficacement les ressources nécessaires », ajoute le même document.
Caractéristiques démographiques
« Une topographie majoritairement montagneuse (Haut Atlas) s'étendant sur une superficie totale de 53,135 kilomètres carrés », une caractéristique qui a fait la beauté de la région, certes, mais qui a aggravé les dégâts et qui a envenimé le travail des autorités. En ce qui concerne les habitants, le document réitère que « lors du recensement de 2014, cette zone abritait une population de plus de 2,402 millions d'habitants, répartis dans 475 928 ménages. À la veille du séisme, l'estimation de la population de l'ensemble du territoire sinistré faisait état de 2 608 115 personnes, soit un accroissement de 9 % par rapport à 2014, résidant dans 578 280 ménages dont la taille moyenne avoisine 4,5 personnes ».
Pour les ménages, « les chiffres révèlent que la zone sinistrée de la province d'Al Haouz se composait la veille du séisme d'un total de 145 818 ménages. Celle de Chichaoua en comptait 78 686, celle de Marrakech 137 735, Taroudannt en comptait 124 226 et enfin la province d'Ouarzazate comportait 65 922 ménages ».
Selon la même source et d'après les résultats du dernier recensement, « la population en âge de travailler (tranche d'âge de 15 à 59 ans) représente une proportion relativement importante dans toutes les zones des provinces sinistrées (entre 56,1 % dans la zone sinistrée de la province d'Azilal et 61,6 % dans la zone sinistrée de la préfecture de Marrakech). Les données mettent par ailleurs en évidence des tendances de vieillissement de la population plus prononcées dans certaines provinces sinistrées que dans d'autres ».
« En 2014, les zones sinistrées des provinces d'Azilal, de Chichaoua et d'Al Haouz ont des populations légèrement plus jeunes par rapport à celles de la préfecture de Marrakech et des provinces d'Ouarzazate et Taroudannt. La part des enfants âgés de 0 à 14 ans y constitue respectivement 35,3 %, 33,2 % et 31,4 %. Le développement urbain plus avancé et la migration de la population active vers la préfecture de Marrakech font que sa zone sinistrée se distingue par la plus faible proportion de jeunes de 0 à 14 ans parmi toutes les provinces sinistrées (29,8 % dans l'ensemble des deux milieux et 23,9 % en milieu urbain) », ajoute le document.
Une zone déjà accablée par plusieurs entraves pleure toujours les dégâts du tremblement de terre. Parmi les problèmes qui suffoquent l'essor de la région : l'analphabétisme. « Les résultats du RGPH de 2014 révèlent que le taux d'analphabétisme dans la zone sinistrée est au-dessus du niveau national avec 41,2 % contre 32,2 %. Ils mettent également en évidence des disparités selon sexe. En effet, l'analphabétisme touche plus les femmes que les hommes dans ces zones, surtout dans les provinces d'Azilal et de Chichaoua où les taux franchissent le cap de 60 % », détaille le rapport.
« Ces résultats vont de pair avec le niveau scolaire observé dans la région. En effet, les données du RGPH de 2014 révèlent que 44,4 % de la population de la zone sinistrée n'ont aucun niveau d'étude, 5 % ont le niveau préscolaire, 32,4 % ont le niveau d'étude primaire, 10,3 % ont le niveau secondaire collégial, 5,2 % ont le niveau secondaire qualifiant, et seulement 2,7 % ont le niveau supérieur », ajoute-t-il.
Habitat et condition d'habitation
Selon le rapport, « près de la moitié (50,8 %) des ménages habitent dans un logement de type rural et 44,2 % des ménages habitent dans une maison marocaine. Les autres types sont quasi-inexistants dans la zone sinistrée ».
Dans le détail, le document nous dévoile qu'au niveau provincial, « 73,5 % des ménages habitent dans un logement de type rural dans les communes sinistrées de la province de Chichaoua. De plus, à l'exception des municipalités urbaines de Chichaoua et d'Imintanoute où presque 9 ménages sur 10 habitent une maison marocaine (88,4 % et 90,1 % respectivement), le logement de type rural est le type d'habitat qui prédomine toutes les autres communes sinistrées de la province de Chichaoua, dont notamment Imindounit (98,9 %), Kouzemt (97,6 %), Ait Haddou Youssef (97,4 %), Bouabout Amdlane (96,8 %) et Ichamraren (96,5 %) ».
En ce qui concerne l'âge des habitations, suspect majeur des dégâts subis par le séisme, le document affirme que « la répartition des logements occupés selon leur ancienneté dans la zone sinistrée montre que 31,9 % du parc logement est âgée de plus de 50 ans, et 28,2 % des logements sont âgés entre 20 et 49 ans ».
Concernant les matériaux de construction des murs, la réparation il est indiqué que la construction de 42,5 % logements a été faite à partir du béton armé, des briques en terre cuite et du parpaing, et 34,6 % a été faite à partir du pisé et des briques de terre crue, et la construction des murs de 16,2 % logements a été faite à partir des pierres scellées avec de la terre.
Le séisme a exacerbé les inégalités socioéconomiques déjà présentes dans ces régions vulnérables. En analysant la pauvreté monétaire, il est important de noter que les taux varient considérablement d'une province à l'autre. Azilal présente le taux le plus élevé, franchissant 20,7 %, ce qui est plus de quatre fois supérieur au taux national du Maroc, établi à 4,8 %. En outre, Taroudannt enregistre également un taux élevé de 9,6 %, suivi de près par Ouarzazate avec 8,6 %, tandis que Chichaoua, Al Haouz et Marrakech affichent des taux de 7,1 %, 5,5 % et 1 %, respectivement.
Concernant le taux de vulnérabilité, qui « mesure la propension des individus à tomber dans la pauvreté en cas de choc socio-économique, de catastrophe ou de crise, il est également significatif de noter les disparités entre les provinces sinistrées. La province d'Azilal affiche le taux de vulnérabilité le plus élevé, à 25 %, suivi de près par Chichaoua avec 22,9 %. Marrakech a le taux de vulnérabilité le plus bas à seulement 5 %. La vulnérabilité peut être influencée par divers facteurs, tels que la stabilité de l'emploi, la sécurité sociale, et la résilience aux chocs économiques. Les provinces avec des taux de vulnérabilité élevés nécessitent une attention particulière pour mettre en place des filets de sécurité sociale et des politiques de protection économique », révèle le rapport.
Emploi et activité
En étant le moteur de la croissance et du développement d'un pays, « l'activité économique n'est pas uniformément répartie au sein du territoire Marocain, les disparités économiques entre différentes régions peuvent être significatives et influencées par une multitude de facteurs, notamment géographiques et socio-économiques et historiques », souligne le rapport.
En se focalisant sur les zones sinistrées, le document atteste que « les provinces endommagées présentent des taux d'activité variant de 41,3 % à 50 %. Marrakech affiche le taux d'activité le plus élevé, tandis que Taroudannt présente celui le plus bas. Par milieu de résidence, avec un taux de 39,9 % Azilal enregistre le taux d'activité le plus bas, alors que Marrakech se positionne toujours en tête des zones sinistrées en matière d'activité. Pour le milieu rural, et à l'exception de Marrakech (47,7 %) et Al Haouz (45,6 %), toutes les provinces affichent un taux d'activité inférieur à celui national ».
De plus, « le taux d'activité des hommes est substantiellement plus élevé que celui des femmes, illustrant des inégalités persistantes sur le marché du travail. Les femmes affichent un taux d'activité de seulement 16,5 %, alors que les hommes atteignent un impressionnant 76,2 %. Cette importante disparité reflète des défis en matière de participation des femmes à la vie économique au sein de ces régions », réitère-t-il.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.