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Baisse des taux d'activité et d'emploi, des répercussions se faufilent
Publié dans Hespress le 06 - 02 - 2024

Les taux d'activité et d'emploi au Maroc ont désormais enregistré de nouvelles baisses entre 2022 et 2023, s'établissant respectivement à 43,6% et 38%, dévoile la note du Haut-Commissariat au Plan (HCP). Selon les experts, cette tendance à la baisse présente ainsi des risques potentiels de chômage et d'exode rural.
Entre 2022 et 2023, le taux d'activité a enregistré une baisse de 0,7 point, se fixant à 43,6%. Cette diminution découle de l'augmentation de la population en âge d'activité (15 ans et plus) de 1,4%, conjuguée à une diminution de 0,2% de la population active, selon la dernière note du HCP relative à la situation du marché du travail en 2023.
Cette baisse du taux d'activité est plus marquée en milieu rural, où elle s'est établie à -1,8 point, passant de 49,1% à 47,3%, comparativement à une légère baisse en milieu urbain de -0,1 point, passant de 41,9% à 41,8%. Concernant les disparités entre les sexes, le taux d'activité des femmes a diminué de 0,8 point pour atteindre 19%, tandis que celui des hommes a baissé de 0,6 point pour s'établir à 69%.
D'autre part, le taux d'emploi a régressé de 39,1% à 38% au niveau national, enregistrant ainsi une diminution de 1,1 point. Cette baisse s'est traduite par un recul de 2,2 points en milieu rural, passant de 46,5% à 44,3%, et une diminution de 0,5 point en milieu urbain, passant de 35,3% à 34,8%. Par ailleurs, ce taux a diminué de 1,4 point pour les hommes et de 0,9 point pour les femmes.
Après avoir enregistré une perte de 24.000 emplois l'année précédente, l'économie nationale a subi une baisse de 157.000 postes en 2023. Cette diminution découle de la création de 41.000 emplois en milieu urbain et de la perte de 198.000 emplois en milieu rural.
Concernant la répartition par type d'emploi, le HCP fait savoir que 50.000 emplois rémunérés ont été créés, avec une augmentation de 59.000 postes en milieu urbain et une perte de 9.000 postes en milieu rural. Parallèlement, l'emploi non rémunéré a connu une baisse de 209.000 postes, principalement en raison d'un recul de 190.000 postes en milieu rural et de 19.000 postes en milieu urbain.
En 2023, le secteur des services représente la principale source d'emploi, occupant 48,3% des travailleurs actifs, suivi par le secteur de l'agriculture, de la forêt et de la pêche, qui emploie 27,8% de la main-d'œuvre. L'industrie, y compris l'artisanat, contribue à hauteur de 12,2% des emplois, tandis que le secteur de la construction (BTP) occupe 11,6% des travailleurs actifs.
En outre, près de deux tiers des travailleurs actifs en milieu rural, soit 64%, exercent dans le secteur de l'agriculture, de la forêt et de la pêche, tandis que deux tiers des travailleurs actifs en milieu urbain, soit 66,5%, sont employés dans le secteur des services.
Selon la même source, le secteur des BTP a créé 19.000 emplois au niveau national, avec 24.000 emplois créés en milieu rural et une perte de 5.000 en milieu urbain. Le secteur des services a généré 15.000 emplois, principalement grâce aux services sociaux fournis aux collectivités et à l'hébergement/restauration. L'industrie a, pour sa part, créé 7.000 emplois, tandis que l'agriculture, la forêt et la pêche ont perdu 202.000 emplois, principalement en milieu rural.
Commentant cette régression, Abdelkhalek Thami, expert et analyste économique, a affirmé que le taux d'activité au Maroc a une tendance globale à baisser, en particulier pour les femmes, étant donné qu'une femme sur cinq seulement accède au marché du travail. Par conséquent, cette tendance à la baisse peut également cacher une augmentation potentielle du taux de chômage.
De plus, le spécialiste a souligné, dans une déclaration à Hespress FR, qu'avec les épisodes de sécheresse qu'a connu le Maroc au cours de ces dernières années, il est probable que le taux d'activité en milieu rural diminue. Il rappelle ainsi que les personnes travaillant dans les zones rurales sont généralement engagés dans des activités agricoles saisonnières.
Cependant, en raison du désespoir causé par la sécheresse, ces activités pourraient être compromises, entraînant une baisse de l'activité et une augmentation du chômage. Un risque supplémentaire est l'exode rural potentiellement induit par cette situation, poursuit notre interlocuteur, notant que ces personnes chercheront ainsi à s'installer dans des centres où il a plus d'activité.
En ce sens, le chercheur en économie précise que cette situation pourrait avoir un impact significatif sur l'économie national. « Lorsque les individus quittent le marché du travail par désespoir, cela entraîne une diminution de leurs revenus et une baisse de confiance en l'avenir. Cela peut avoir des répercussions sur les revenus des ménages ainsi que sur le niveau de pauvreté », conclut Thami.


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