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Maroc : nouvel axe afro-atlantique qui redessine la géopolitique régionale
Publié dans Hespress le 18 - 08 - 2025

Alors que l'Union du Maghreb arabe s'enlise, le Maroc trace une voie alternative en se positionnant comme moteur d'un axe afro-atlantique. Le Royaume s'impose désormais comme un acteur incontournable au Sahel et sur la façade atlantique redessinant les équilibres régionaux.
L'Afrique du Nord et le Sahel traversent une phase de recomposition. Les coups d'Etat militaires, le retrait de la France, l'érosion de la CEDEAO et la multiplication des acteurs extérieurs fragilisent un espace déjà instable. Dans ce contexte, le Maroc avance ses pions. Loin d'un rôle passif de passerelle méditerranéenne, Rabat entend désormais jouer au premier plan sur la façade atlantique et au Sahel, selon une analyse récente du Centre arabe de recherches et d'études politiques élaborée par l'ancienne porte-parole de la mission de l'Union Africaine et des Nations-Unies au Darfour, Aicha Elbasri.
Pour la chercheuse et ancienne diplomate, le projet d'Union du Maghreb arabe, bloqué depuis des décennies, n'offre plus de perspectives réelles. Le Maroc prend acte de cette impasse et propose une alternative : bâtir un axe afro-atlantique capable d'intégrer les économies du Sahel aux circuits internationaux. Cette stratégie repose sur un équilibre entre investissements, coopération bilatérale et diplomatie de proximité.
Depuis son retour à l'Union Africaine en 2017, le Royaume a signé des centaines d'accords avec des pays africains, mis en place des programmes de bourses et de formation, et développé une diplomatie religieuse en formant des imams venus de la région. Ce maillage, parfois qualifié de « soft power marocain », complète une offensive plus concrète comprenant ports, infrastructures et projets énergétiques, a expliqué Elbasri.
Le 6 novembre 2023, le Maroc a dévoilé son initiative atlantique, destinée à offrir un accès maritime aux pays sahéliens enclavés comme le Mali, le Niger, le Tchad et le Burkina Faso. Les ports marocains, en particulier celui de Dakhla, deviennent ainsi des portes d'entrée vers l'Atlantique. Pour ces Etats, qui dépendaient jusque-là des infrastructures de la CEDEAO, il s'agit d'une ouverture stratégique.
Cette initiative se combine au méga-projet de gazoduc Nigeria–Maroc, traversant 13 pays d'Afrique de l'Ouest dont l'objectif est de sécuriser l'approvisionnement énergétique du continent et ouvrir un couloir d'exportation vers l'Europe. Si le chantier aboutit, Rabat se placerait au cœur de la géopolitique du gaz, un domaine traditionnellement dominé par Alger et Tripoli, a-t-elle affirmé.
En revanche, l'offensive marocaine exacerbe la rivalité avec l'Algérie. Cette dernière tente de relancer un axe maghrébin oriental, centré sur la Tunisie et la Libye, et soutient un autre projet concurrent, notamment le gazoduc transsaharien via Alger et Niamey. Cependant, ce dernier accumule retards et fragilités sécuritaires, a fait savoir l'ex-diplomate.
Au-delà de l'énergie, c'est aussi sur le terrain diplomatique que le Maroc marque des points. L'intégration des provinces du Sud dans les réseaux atlantiques renforce son argumentaire de souveraineté. Près de vingt pays africains ont ouvert un consulat à Dakhla ou Laâyoune, et plusieurs ont retiré leur reconnaissance au Front Polisario, dont récemment le Ghana.
Pour autant, la route n'est pas exempte d'embûches. La compétition énergétique, la sensibilité des corridors stratégiques et la multiplication des alliances fluctuantes rendent la situation instable. Le rapprochement maroco-mauritanien, perçu comme une avancée pour Rabat vers l'Afrique de l'Ouest, alimente en parallèle les inquiétudes d'Alger et du Polisario.
Dans ce contexte, deux dynamiques se font face, un axe afro-atlantique piloté par le Maroc et un axe oriental porté par l'Algérie. Entre les deux, la Mauritanie occupe une place d'arbitre potentiel, tandis que la Libye demeure un espace de confrontation ouverte entre acteurs locaux et puissances extérieures.


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