Alerté par des images satellitaires révélant une recrudescence du bâti anarchique et des irrégularités dans la gestion du patrimoine des collectivités, le ministère de l'Intérieur engage une importante opération de contrôle. Walis, gouverneurs et élus locaux sont désormais sous surveillance rapprochée. Après la réception d'images satellitaires alarmantes du Centre Royal de Télédétection Spatiale (CRTS), les services centraux ont lancé une mobilisation d'envergure contre l'expansion du bâti illégal et les dérives dans la gestion du foncier communal. Ces données dévoilent des extensions massives de zones d'habitat informel et des ventes douteuses de terrains appartenant aux collectivités locales. Face à ce constat, des instructions strictes ont été adressées aux walis et gouverneurs afin de mettre fin aux cessions suspectes de biens publics, de suspendre les ventes aux enchères abusives et de renforcer la surveillance des territoires sous leur tutelle. Selon des sources bien informées de Hespress, certaines communes auraient tenté de vendre des propriétés collectives pour éponger des dettes anciennes, parfois colossales. En outre, les circulaires du ministère de l'Intérieur exigent désormais la mise en place de mécanismes permanents de suivi et de protection du patrimoine communal. Les responsables locaux seront formés à la lecture des images satellitaires et à la mise à jour des données foncières, afin d'anticiper toute infraction avant qu'elle ne prenne de l'ampleur, ont dévoilé les mêmes sources. D'après les rapports transmis au ministère, des responsables dans les régions de Casablanca-Settat et Marrakech-Safi sont soupçonnés d'avoir fermé les yeux sur la prolifération du bâti anarchique. Certains caïds ont déjà été relevés de leurs fonctions, dans l'attente de sanctions administratives et judiciaires. En parallèle, les autorités intensifient la coordination avec l'Agence nationale de la conservation foncière, de la cartographie et du cadastre (ANCFCC), ainsi qu'avec les agences urbaines. L'objectif étant de croiser les données spatiales et les observations de terrain pour endiguer l'étalement désordonné des villes et prévenir la reconstitution de bidonvilles, un dossier que le programme « Villes sans bidonvilles » tente de clore définitivement. Les walis et gouverneurs ont également reçu ordre d'exploiter pleinement les Notes d'information périodiques sur l'évolution de l'urbanisme, de renforcer la veille foncière et d'ouvrir des enquêtes internes en cas de dépassements constatés. Par ailleurs, la Direction du patrimoine du ministère a relancé un plan de sauvegarde des terrains communaux, souvent cédés à des prix dérisoires à des promoteurs privés. Les présidents de communes devront désormais dresser un inventaire exhaustif de leurs biens et entamer sans délai les procédures d'immatriculation. Cette démarche vise à couper court aux soupçons de spéculation et de « courtages » illicites dans la gestion du foncier collectif.