En visite éclair à Alger, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a discuté des importations de gaz et des tensions géopolitiques, tout en abordant prudemment la question du Sahara occidental, appelant à une solution conforme à la vision des Nations unies. DR ‹ › Giorgia Meloni s'est rendue à Alger pour une visite éclair, centrée sur le dossier stratégique des importations de gaz italien en provenance d'Algérie, dans un contexte géopolitique tendu par la guerre au Moyen-Orient depuis le 28 février. À l'issue de ses discussions avec le président Abdelmadjid Tebboune, la Première ministre italienne a brièvement abordé la question du Sahara occidental. Dans une déclaration à la presse, elle a mentionné avoir discuté de ce sujet avec son homologue algérien, précisant : «Nous avons appelé à une solution» qui «soit conforme à la vision des Nations unies». Giorgia Meloni a cependant accordé une priorité aux questions de l'instabilité dans la région du Sahel et de l'immigration irrégulière en Méditerranée. Dans sa déclaration, elle a évité de mentionner «l'autodétermination du peuple sahraoui» ou les «négociations directes» entre le Maroc et le Polisario, contrairement à ce qu'avait réclamé en novembre 2021 à Alger le président italien Sergio Mattarella, dont le rôle est essentiellement honorifique. De son côté, Abdelmadjid Tebboune a affirmé, lors d'une allocution, que l'Algérie et l'Italie soutiennent une «solution juste à la question du Sahara occidental, garantissant au peuple sahraoui d'exercer son droit imprescriptible à l'autodétermination, conformément aux principes de la Charte des Nations unies et des résolutions du Conseil de sécurité». Le président algérien a également souligné l'«appui» des deux pays aux efforts de l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura. Prudence italienne La position exprimée ce mercredi à Alger par la Première ministre italienne s'inscrit dans la continuité du communiqué conjoint publié à l'issue de la 5e session du sommet intergouvernemental italo-algérien, tenue le 23 juillet 2025 à Rome et coprésidée par Giorgia Meloni et Abdelmadjid Tebboune. Le paragraphe 29 de ce document précisait que les deux parties «ont réitéré leur soutien aux efforts de l'Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies, M. Staffan de Mistura, pour relancer les négociations directes et parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, conformément aux buts et principes de la Charte des Nations unies et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité». Par ailleurs, l'Italie avait déjà «salué les efforts sérieux et crédibles menés par le Maroc» pour résoudre ce différend. En juillet 2023, à l'issue d'une réunion entre le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et son homologue italien, Antonio Tajani, Rome avait réaffirmé «son appui aux efforts du Secrétaire général des Nations unies pour poursuivre le processus politique visant à parvenir à une solution politique, juste, réaliste, pragmatique, durable et mutuellement acceptable à la question du Sahara, qui repose sur le compromis en conformité avec la résolution 2654», adoptée fin octobre 2022 par le Conseil de sécurité.