DR ‹ › L'islamologue suisse Tariq Ramadan a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle par la cour criminelle départementale de Paris pour des viols commis sur trois femmes, entre 2009 et 2016. Jugé par défaut et à huis clos, l'accusé ne s'est pas présenté à l'audience ouverte début mars. Ses avocats avaient invoqué une hospitalisation à Genève liée à sa sclérose en plaques, mais une expertise médicale a conclu à un état compatible avec sa comparution. La justice a donc décidé de poursuivre le procès en son absence. L'avocat général avait requis la même peine, hier mardi, assortie d'un mandat d'arrêt et d'une interdiction définitive du territoire français une fois la peine purgée. Ce mercredi, les avocats de Tariq Ramadan ont boycotté l'audience après avoir vu leur demande de report du procès d'une semaine refusée. Le procès se termine comme il a commencé, à savoir une mascarade. «Alors que les faits etaient extrêmement contestés, la sévérité de la peine, assortie d'une interdiction définitive du territoire français reflète un acharnement sur la personne de Tariq Ramadan. La défense de Tariq Ramadan est confortée du fait de ne pas avoir servi de caution à cette parodie de justice», a déclaré Me Ouadie Hamamouchi, contacté par Yailadi. Les faits jugés concernent trois plaignantes, dont Henda Ayari, à l'origine de l'affaire en 2017. L'islamologue conteste les accusations, tout en ayant reconnu des «relations sexuelles fougueuses» qu'il affirme consenties. Déjà condamné en Suisse à trois ans de prison, dont un an ferme, pour des faits similaires, Tariq Ramadan est au cœur de plusieurs procédures judiciaires liées à des accusations de violences sexuelles depuis près d'une décennie.