Les autorités provinciales relevant des régions de Casablanca-Settat, Marrakech-Safi, Rabat-Salé-Kénitra et Fès-Meknès ont adressé de nouvelles instructions aux présidents des conseils communaux placés sous leur juridiction territoriale, appelant à accélérer la délivrance des avis d'évacuation et des décisions de démolition visant des constructions résidentielles — maisons et immeubles — ainsi que des équipements publics à vocation administrative et commerciale. Ces mesures ont notamment concerné des annexes administratives, des maisons de jeunes et des marchés de proximité, à la suite de la réception d'un nouveau lot de procès-verbaux de constatation et de rapports établis par des bureaux d'études et des laboratoires techniques, lesquels ont confirmé la dangerosité de ces bâtiments pour la sécurité des habitants et des usagers. Selon des sources bien informées qui se sont confiées à Hespress, plusieurs présidents de communes, en particulier dans les provinces périphériques, ont déjà entamé la prise de décisions d'évacuation et de démolition, dont la mise en œuvre a été confiée aux autorités locales compétentes. Les mêmes sources précisent que ces décisions ont notamment porté sur la démolition de la Maison des jeunes de Deroua, de l'espace relevant de la coopération nationale, ainsi que d'un marché de vente au détail de volailles situé dans la commune de Deroua. Des immeubles d'habitation implantés dans une autre commune relevant de la même province ont également été concernés par ces mesures. Parallèlement, nos sources font état d'une multiplication des avis de démolition adressés aux habitants et exploitants de bâtiments situés dans les arrondissements de Hay Hassani et d'Anfa, au cœur de la capitale économique. Toujours selon ces sources, l'accélération du rythme des opérations d'évacuation et de démolition s'inscrit dans le cadre de directives émanant des walis des régions concernées, formulées lors de réunions tenues avec les gouverneurs des préfectures et des provinces. Ces orientations visent à rattraper le retard accumulé dans le traitement du dossier des bâtiments menaçant ruine, dans un contexte marqué à la fois par les événements récemment survenus dans la ville de Fès et par les bulletins d'alerte diffusés par la Direction générale de la météorologie. Les sources de Hespress soulignent, à cet égard, que les services des wilayas ont donné des instructions strictes aux autorités provinciales afin de procéder à l'exécution de décisions de démolition, anciennes comme récentes, concernant plusieurs équipements publics dont il a été établi qu'ils représentent désormais une menace réelle pour la sécurité des occupants et des usagers. Selon les mêmes informations, il est également prévu de soumettre le zonage des habitations menaçant ruine dans les territoires relevant des provinces et préfectures, parallèlement aux tournées de constatation et aux études techniques, à des opérations de cartographie aérienne à l'aide de drones. Les images recueillies feront l'objet d'analyses approfondies par les autorités régionales, avant d'être recoupées avec les données fournies par les agences urbaines ainsi que par l'Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie. Ces données, issues de campagnes de recensement réalisées antérieurement, permettront d'identifier avec précision les infractions en matière d'urbanisme et d'orienter les interventions de terrain des agents d'autorité — caïds et pachas — mobilisés pour intensifier leurs enquêtes administratives sur ces irrégularités. Par ailleurs, le ministère de l'Intérieur avait adressé des lettres de rappel aux gouverneurs, en raison des manquements constatés dans la tenue des réunions prévues par une circulaire antérieure du ministre, relative à l'application des dispositions de la loi n° 66.12 portant sur le contrôle et la répression des infractions en matière d'urbanisme et de construction. Les services centraux avaient relevé des retards dans la mise en œuvre des directives insistant sur la nécessité d'organiser des réunions associant architectes et agents d'autorité — caïds et auxiliaires — dans le but d'accélérer la surveillance des chantiers et de renforcer la lutte contre la construction anarchique. Dans le même esprit, les walis des régions ont exhorté les autorités provinciales, selon des sources de Hespress, à procéder à la mise à jour des registres des habitations menaçant ruine, tout en adoptant des critères plus rigoureux pour l'évaluation du degré de vulnérabilité du bâti. Cette approche tient compte à la fois des données techniques disponibles et de l'état des infrastructures environnantes. Enfin, les mêmes sources indiquent que ces directives se sont étendues au renforcement du contrôle des autorisations de réhabilitation et de construction, ainsi que des certificats de conformité à l'habitation délivrés dans les zones géographiques abritant ces bâtiments. Cette vigilance accrue s'inscrit dans une démarche visant à détecter toute infraction urbanistique potentielle commise sous couvert de permis de réparation, notamment en ce qui concerne les opérations de surélévation réalisées en dehors du cadre légal.