À la veille d'une demi-finale historique contre le Nigeria, Walid Regragui et Munir El Kajoui ont affiché une confiance mesurée mais une détermination totale. Devant la presse, le sélectionneur national et le gardien des Lions de l'Atlas ont insisté sur l'enjeu majeur de cette rencontre, qui peut ramener le Maroc en finale de la Coupe d'Afrique des nations pour la première fois depuis plus de deux décennies. Pour Walid Regragui, la présence du Maroc dans le dernier carré est déjà une étape symbolique. « Cela faisait très longtemps que le Maroc n'avait pas atteint une demi-finale de CAN. C'est important de remettre notre pays parmi les grandes nations du continent », a-t-il souligné, tout en rappelant la stature de l'adversaire nigérian, qui disputera sa 17e demi-finale. Le sélectionneur marocain voit dans ce carré final – Maroc, Nigeria, Sénégal et Égypte – l'image même de l'élite africaine actuelle. « Ce sont les quatre meilleures équipes du continent aujourd'hui. C'est bon pour le spectacle, pour l'Afrique et pour la crédibilité de notre football », a-t-il insisté. Le coach marocain s'est voulu rassurant sur l'état de forme de son groupe : « Nous sommes prêts mentalement, physiquement et tactiquement. C'est au meilleur moment du tournoi que nous arrivons. » Le staff a d'ailleurs minutieusement géré les efforts depuis le début de la compétition, permettant à certains cadres comme Achraf Hakimi ou d'autres éléments clés de monter progressivement en puissance. Sur le plan médical, le sélectionneur a annoncé le retour de Romain Saïss à l'entraînement, tandis qu'Azzedine Ounahi reste forfait. « À part Azzedine, tout le monde peut postuler », a-t-il précisé. Mounir Mehimdate Interrogé sur les critiques liées à l'arbitrage, Regragui a tenu un discours ferme et engagé : « Les polémiques existent partout, en Afrique comme en Europe. Il faut arrêter de faire croire que notre continent serait différent. Nous aussi, nous avons été lésés à plusieurs reprises, mais on ne parle pas. La seule réponse, c'est le terrain. » Le sélectionneur a rappelé que le Maroc préfère se concentrer sur le jeu et les résultats plutôt que de nourrir des débats extérieurs. « Quand on gagne, c'est parce qu'on le mérite. C'est tout », a-t-il martelé. Le Nigeria, un test de très haut niveau Malgré l'absence de Wilfred Ndidi, suspendu, Regragui refuse toute forme de relâchement. « Le Nigeria a un effectif très riche, avec Osimhen, Lookman et beaucoup d'options sur le banc. C'est une équipe puissante, rapide et très forte dans les duels. » Il prévient que le moindre temps faible pourrait être fatal : « Si on se relâche comme contre la Tanzanie ou même par moments face au Cameroun, on sera puni. Une demi-finale de CAN exige un niveau maximal de concentration, de courses et d'impact. » De son côté, Munir El Kajoui a rappelé l'importance de l'expérience dans ce genre de rendez-vous. Présent depuis de nombreuses années dans la sélection, le portier marocain se voit comme un relais auprès des plus jeunes. « Mon rôle, c'est d'aider l'équipe, d'accompagner les jeunes, de transmettre l'expérience et de maintenir l'équilibre du groupe », a-t-il expliqué. Même sans être toujours titulaire, Munir demeure une voix respectée dans le vestiaire, notamment dans les moments de pression. Le public, une arme décisive pour un objectif clair Walid Regragui a également insisté sur l'impact du public marocain, attendu en nombre massif au stade Moulay Abdellah. « Jouer au Maroc, ce n'est pas comme jouer ailleurs. Quand le stade est plein, c'est très difficile pour l'adversaire. Nos supporters doivent montrer au Nigeria qu'il est très dur de gagner ici. » Malgré les exploits déjà réalisés, Regragui reste focalisé sur une seule chose : le titre. « Les demi-finales, les records, tout ça ne compte pas. Ce qu'on retient, ce sont les trophées. Mon objectif est clair : ramener la Coupe d'Afrique au Maroc. » Après plus de vingt ans sans finale, le Maroc se retrouve à deux matches de marquer une génération entière. Face au Nigeria, les Lions de l'Atlas joueront bien plus qu'une simple qualification : ils joueront une page d'histoire.