Le président de la Chambre des représentants, Rachid Talbi Alami, a affirmé que la France et le Maroc peuvent avec leurs alliés, jouer un rôle décisif dans la mobilisation des investissements et des financements, ainsi que dans le plaidoyer en faveur des projets stratégiques lancés par le Maroc au Sahara. Dans un discours prononcé à l'ouverture des travaux de la cinquième session du Forum parlementaire franco-marocain, ce jeudi, le président de la Chambre a souligné que le Sahara marocain constituait un trait d'union et une plateforme centrale dans la connexion entre l'Afrique et l'Europe. Il a estimé que la France et le Maroc pouvaient faire ce plaidoyer « sur la base de la justice pour l'Afrique et dans le cadre d'un partenariat équitable et équilibré, permettant au continent africain de devenir une région émergente, prospère et attractive ». Rappelant le « développement multidimensionnel » que connait la région, Talbi Alami, a indiqué également que les initiatives du Roi Mohammed VI visant à faciliter l'essor de l'Afrique constituent des opportunités précieuses d'investissement et de construction d'une prospérité partagée. « Imaginez l'impact historique, aux plans humain, économique et civilisationnel, de l'initiative royale concernant les pays africains de l'Atlantique. Il s'agit d'un espace regroupant 23 pays, abritant 46 % de la population du continent, concentrant 55 % du produit intérieur brut africain, et disposant d'un vaste espace maritime s'étendant de Tanger au cap de Bonne-Espérance », a-t-il déclaré, en invitant à réfléchir au rendement des investissements dans un espace aussi riche en ressources et en nourriture du futur, capable d'accueillir des activités et des équipements essentiels. Photo: Mounir Mehimedate Et de poursuivre que cette initiative se complète avec une autre initiative royale solidaire visant à permettre aux pays africains du Sahel dépourvus d'accès maritime de rejoindre l'océan Atlantique, ainsi qu'avec le projet du gazoduc atlantique Nigeria-Maroc traversant 13 pays africains. Ainsi, il a exhorté les acteurs parlementaires au Maroc et en France à donner de la voix au partenariat bilatéral, tout en plaçant les institutions législatives au coeur de cette dynamique et ce nouvel élan des relations bilatérales, leur caractère ambitieux. Talbi Alami a par ailleurs souligné le rôle de la société civile dans le construction et le développement de cette voie de coopération et de facilitation de ce partenariat. A cet égard, il a déclaré la nécessité de « permettre à l'opinion publique et aux différents acteurs politiques, économiques et de la société civile de s'approprier et de s'engager dans ce partenariat », en prenant la mesure de son ampleur, de ses significations, de ses ambitions et de son caractère stratégique. Photo: Mounir Mehimedate Il a estimé que cet engagement multiforme lui conférera une dimension institutionnelle et un accompagnement démocratique de la part des institutions représentatives, tout en soutenant que l'unification des efforts peut permettre d'importantes avancées en matière d'investissements, de transfert de technologies et de partage des compétences et des connaissances. Ce partage peut se faire, selon lui, autant dans le cadre bilatéral entre le Maroc et la France que dans les perspectives internationales dans le cadre leur coopération et de leur action commune, ajoutant que « la profondeur africaine constitue l'un de ces horizons prometteurs vers lesquels l'effort conjoint peut être orienté ». « La profondeur des liens maroco-français, malgré les aléas qu'ils peuvent connaître, dépasse largement le seul cadre économique », a déclaré le parlementaire soulignant « la richesse des relations humaines entre les deux pays est plus forte que tout autre lien ». A ce titre, il a évoqué « la dynamique des communautés française au Maroc et marocaine en France, ainsi que par les partenariats et relations scientifiques, culturelles, créatives et de formation de haut niveau ». Et d'ajouter l'importance de la production marocaine, littéraire et intellectuelle en général, écrite en langue française, ainsi que les productions remarquables d'écrivains de renom, de responsables politiques et d'observateurs français objectifs, soulignant leur rôle dans la présentation du Maroc, de son histoire, de sa civilisation et de sa diversité au monde à travers des ouvrages et des études rigoureux, défendant la vérité sur les grandes causes du Royaume, notamment la question centrale des provinces du Sud, ainsi que sur le socle culturel et de valeurs communes entre les deux pays. Il a également évoqué le socle de valeurs communes, l'attachement des nations marocaine et française aux valeurs du vivre-ensemble, de la diversité, de la démocratie, des droits de l'Homme et de la tolérance. Pour lui, c'est là où réside le socle, les piliers et les fondements sur lesquels reposent la relation entre le Maroc et la France, et qui continuent d'offrir de « nouvelles perspectives plus larges pour une coopération porteuse de valeur ajoutée ».