Un groupe d'archéologues a récemment mis au jour douze tombes dans l'une des deux nécropoles musulmanes situées entre les VIIIe et XVe siècles à Estepona, dans la province de Málaga. Cette trouvaille enrichit encore plus les données scientifiques sur Al-Andalus et sur le passé musulman de l'Andalousie. Une des tombes découvertes à Estepona ‹ › Al-Andalus révèle encore des secrets sur le passé musulman de la péninsule ibérique. La dernière découverte dans ce sens a permis d'exhumer douze tombes dans l'une des deux nécropoles d'Estepona, dans la province de Málaga. Daté entre les VIIIe et XVe siècles, le site a livré ses nouvelles trouvailles en plein réaménagement des avenues San Lorenzo et España. Ces travaux visent à transformer la zone en un grand boulevard piétonnier de 22 000 mètres carrés, avec un terrassement pour fusionner centre historique avec la zone de promenade maritime Bien avant d'entamer ce chantier urbain, la mairie a d'ailleurs informé la Délégation régionale andalouse à la Culture de la nécessité d'un contrôle archéologique, l'existence de cette nécropole musulmane étant connue, selon la mairie d'Estepona citant l'archéologue municipal Ildefonso Navarro. De plus, le site est classé zone archéologique dans le Plan général d'urbanisme (PGOU) et le Plan spécial de protection de la vieille ville. C'est ainsi qu'une équipe d'archéologues a accompagné le projet de réaménagement, avec la coordination du service du patrimoine historique de la mairie, l'autorisation et le contrôle d'experts du patrimoine du gouvernement andalou. Mario González, archéologue de la société MENIA qui mène les fouilles, indique que les dépouilles sont orientées vers à La Mecque. Elles ont été inhumées directement dans la terre, sans objets et selon un rite funéraire musulman précis. Ces restes humains seront étudiés de plus près, afin d'établir les causes de décès, l'âge et le sexe. Al-Andalus : Des vestiges islamiques et romains qui retracent certaines installations des Taïfas Ces dernières années, dix fouilles ont été menées dans la médina d'Istibbuna, le nom nasride de la ville d'Estepona, connues pour abriter deux cimetières musulmans de l'époque. Jusque-là, les travaux sur le terrain ont permis de découvrir 600 dépouilles. La ville comme témoin des bouleversements d'Al Andalus A Estepona, les fouilles devraient encore se poursuivre dans les mois à venir, parallèlement aux nouveaux travaux de terrassement qui pourraient apporter leur lot de découvertes. Archélogues et urbanistes y croient et joignent leurs deux champs de compétences, d'autant que la première phase des fouilles entamée fin 2024 a déjà permis de mettre au jour des pièces inédites, dont des armes médiévales. Parmi elles figurent notamment cinq lassos à boules et à base de péridotite, une pierre caractéristique du massif local. Ces armes auraient été utilisées lors des nombreux sièges d'Istibbuna aux XIIIe et XIVe siècles par les armées chrétiennes. Des pièces de céramique médiévale ont également été trouvées, éclairant davantage sur l'histoire musulmane d'Estepona. Autant dire qu'à travers les vestiges laissés depuis l'époque et qui ne sont pas encore tous connus, cette zone fait partie des nombreuses régions du sud espagnol qui témoignent de la succession et de la cohabitation des pouvoirs à Al-Andalus. Dans le temps, chrétiens et musulmans ont tenté de renforcer leur règne à travers des alliances, notamment avec les Zirides (972 – 1148). Espagne : Les Almohades d'Alarcos reprennent vie A Murcie, un groupe d'archéologues a précédemment découvert les vestiges intacts d'un ancien palais califal, permettant de retracer des pans encore méconnus de l'histoire d'Al-Andalus. En 2019, les premiers éléments de cette trouvaille ont suggéré une architecture étroitement apparentée à celle unique d'al-Madîna al-Zâhira. Entre les Xe et XIe siècles, de 978 à 1009, cette «ville resplendissante» a servi de domicile aux émirs omeyyades de Cordoue.