Après plus de dix jours d'attente, la Confédération africaine de football (CAF) a rendu (en pleine nuit), ses sanctions liées au chaos ayant émaillé la finale de la CAN 2025. Le verdict était attendu, et avec lui une question: la CAF allait-elle enfin mettre fin à l'impunité et sanctionner ceux qui ont semé le désordre, ou allait-elle passer l'éponge et créer un précédent dangereux ? La décision est tombée, et elle est édifiante. Les sanctions se situent au même niveau pour tous, sans distinction entre les fauteurs de troubles et ceux qui ont respecté les règles. Le message est clair : dans le football africain, chacun peut agir en dehors des règles sans crainte aucune. Le pays à l'origine de la plainte, le Maroc, a été sanctionné au même titre que la partie pointée, à savoir le Sénégal, pourtant principal instigateur du désordre. Comment comprendre que le pays (Maroc) qui a reçu le prix du fair-play de la compétition soit aussi lourdement sanctionné (415.000 dollars) pour ... « comportement antisportif » ? Une décision incompréhensible pour tous ceux qui ont suivi les événements : le Maroc n'a jamais répondu aux provocations verbales ni aux campagnes orchestrées contre lui depuis le début de la compétition, et même au-delà. Il a agi dans le cadre des d'institutions, croyant (à tort!) en la justice et la règlementation. Mais face à ce choix correct, civilisé et courageux, la CAF a reculé devant la vérité. Elle a choisi l'équilibre artificiel, sanctionnant ceux qui respectent les règles au même titre que ceux qui les bafouent. La CAF est censée être un arbitre impartial, garantir le respect des règles et sanctionner ceux qui perturbent le jeu. Mais cette décision prouve le contraire : l'Instance continentale n'a pas voulu, ou osé, prendre les mesures qui s'imposaient, faillant ainsi à son esprit, à son devoir, et à tout ce qui fait une confédération digne de ce nom. En sanctionnant le Maroc alors qu'il est la victime de la situation, la CAF, qui semble oublier le sens même de sa mission, envoie un signal inquiétant à l'ensemble du football africain : le respect des règles, l'intégrité et la justice sont des valeurs optionnelles, et non des principes fondateurs. En fin de compte, ce verdict n'est pas seulement une erreur de jugement, c'est un manquement grave aux principes du fair-play et de la justice sportive. Il met en lumière, une fois de plus, la faiblesse structurelle de la CAF et sa tendance à protéger l'apparence plutôt que la vérité. En choisissant l'équilibre artificiel et en sanctionnant de manière indistincte, la Confédération continentale a envoyé à l'Afrique, et par de là le monde, un message très inquiétant : le chaos est toléré, la vérité est ignorée, et le respect des règles devient option. La CAF déçoit et piétine ses propres standards, laissant planer un doute, encore un, sur sa crédibilité et sur la justice sportive sur le continent.