Le projet de liaison électrique à très haute capacité entre les provinces du Sud et le centre du Royaume est sur le point de franchir une nouvelle étape technique. L'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE) s'apprête à lancer les études topographiques du corridor destiné aux futures lignes Ultra Haute Tension entre Boujdour et la région de Tensift. Un chantier d'envergure appelé à renforcer les capacités de transport de l'électricité et à accompagner le développement des énergies renouvelables. L'ONEE prépare le lancement des études topographiques du corridor appelé à accueillir les futures lignes électriques Ultra Haute Tension (UHT) reliant Boujdour à la région de Tensift. Cette phase d'ingénierie constitue une étape préalable à la réalisation de cette infrastructure majeure destinée à relier les provinces du Sud au centre du pays. Les travaux d'étude porteront sur un couloir d'environ 50 mètres de part et d'autre de l'axe des lignes électriques. Au total, le périmètre concerné couvre près de 2.000 kilomètres, correspondant à deux lignes parallèles d'environ 1.000 kilomètres chacune. Les terrains devant accueillir les postes électriques de raccordement sont également inclus dans le champ de cette mission. Ces études visent principalement à définir le tracé le plus approprié pour l'infrastructure, tout en réalisant des levés topographiques détaillés permettant de préparer les futures opérations de construction. Elles devront aussi permettre d'identifier les contraintes liées au terrain, à l'occupation du sol ou encore aux infrastructures existantes susceptibles d'influencer l'implantation de la ligne. Pour mener à bien cette mission, l'appel d'offres lancé par l'ONEE est structuré en deux lots distincts. Le premier concerne le tronçon reliant Oued Lakraâ à Tan Tan, pour une longueur estimée à environ deux fois 500 kilomètres. Le second porte sur la portion Tan Tan–Marrakech, également évaluée à près de deux fois 500 kilomètres. Les soumissionnaires pourront candidater pour l'un ou l'autre des lots, ou pour les deux. Les prestations attendues couvrent plusieurs opérations techniques. Le cabinet chargé de l'étude devra notamment procéder à des reconnaissances de terrain afin d'optimiser le tracé en tenant compte de différents paramètres, tels que la présence d'agglomérations, de zones forestières ou d'ouvrages existants. Le tracé retenu devra ensuite être matérialisé sur le terrain à l'aide de repères physiques placés aux points stratégiques, notamment aux changements d'orientation ou aux zones de traversée. Les équipes devront également réaliser des relevés topographiques précis, identifier la situation juridique des terrains traversés et constituer les dossiers techniques nécessaires aux étapes ultérieures du projet. L'étude devra par ailleurs inclure une estimation des dommages potentiels que le passage des lignes pourrait occasionner aux cultures ou aux exploitations agricoles situées dans le corridor. Au-delà de sa dimension technique, cette future infrastructure s'inscrit dans la stratégie nationale visant à renforcer le réseau de transport d'électricité et à accompagner l'essor des énergies renouvelables dans les provinces du Sud. La liaison permettra notamment d'acheminer vers le centre du pays l'électricité produite à partir des ressources renouvelables du Sud, tout en améliorant la sécurité d'approvisionnement électrique des territoires concernés. Le projet sera déployé selon un calendrier progressif. Une première phase, dotée d'une capacité de transport de 1.500 mégawatts, devrait être mise en service en 2026. Une seconde tranche, d'une capacité équivalente, est prévue à l'horizon 2028. En mai 2025, l'ONEE avait attribué la réalisation de cette autoroute électrique longue d'environ 1.400 kilomètres à un consortium composé du Fonds Mohammed VI pour l'investissement (FM6I), de Taqa Morocco – filiale du groupe émirati Taqa – et de Nareva. Ce consortium a également signé trois protocoles d'accord avec l'État et l'ONEE portant sur le développement de nouvelles infrastructures liées au transport de l'électricité et de l'eau, ainsi que sur la mise en place de capacités supplémentaires de dessalement d'eau de mer et de production d'électricité à partir de sources renouvelables et de gaz naturel. Dans ce cadre, environ 1.200 mégawatts additionnels de capacités renouvelables devraient être développés.