Les audiences du procès des personnes poursuivies dans l'affaire « Escobar du Sahara », ont connu de nouveaux développements, après la longue plaidoirie présentée par la défense de l'ancien dirigeant du Parti Authenticité et Modernité (PAM), Saïd Naciri, devant la cour. Les avocats ont cherché à remettre en cause plusieurs éléments du dossier. Lors de l'audience, la défense s'est particulièrement attachée à réfuter la version liée au dossier de la « villa Californie », estimant que les déclarations du plaignant surnommé « El Haj » comportent de nombreuses contradictions, tant sur les faits que sur les dates relatives à la transaction immobilière objet du litige. Les avocats de Naciri ont expliqué que le plaignant ne cherchait pas initialement à acheter une villa, mais plutôt un appartement, dans l'optique de s'installer et de préparer son mariage. Selon la plaidoirie, ce dernier aurait ensuite été informé, par l'intermédiaire de Saïd Naciri, d'une villa mise en vente par une personne nommée Mir Belkacem. La défense affirme que « El Haj » a effectivement remis des sommes d'argent dans le cadre de cette tentative d'acquisition, avant de renoncer à finaliser la transaction en raison d'obstacles ayant empêché l'aboutissement de la vente. Dans ce contexte, les avocats soutiennent que Naciri aurait par la suite décidé d'acheter lui-même la villa. Ils ont également indiqué que l'opération d'achat s'est faite en accord avec le propriétaire, avec l'idée d'enregistrer le bien au nom d'une société. Les avocats ont souligné que la relation entre Naciri et le vendeur, Belkacem, reposait sur une connaissance préalable et une confiance mutuelle. Selon la défense, Naciri aurait versé des sommes d'argent au vendeur et remis cinq chèques à titre de garantie dans l'attente de la finalisation du contrat définitif, précisant qu'un acte notarié attestait des détails de la transaction. Des accusations de falsification contestées La défense a par ailleurs contesté l'accusation de falsification liée au dossier de la villa, s'interrogeant sur les raisons pour lesquelles le notaire ayant supervisé l'acte n'a pas été poursuivi, malgré le caractère officiel du document. Pour les avocats, cet élément soulève des interrogations quant au fondement juridique des accusations visant leur client. Ils ont également critiqué les déclarations du plaignant surnommé « El Haj », notamment son affirmation selon laquelle il aurait acheté la villa pour trois milliards de centimes auprès de Abdenbi Bioui avant qu'elle ne soit ensuite cédée à Saïd Naciri. La défense soutient que les investigations menées n'ont pas confirmé cette version, évoquant en particulier une incohérence chronologique entre des faits remontant à 2013 et un contrat signé en 2019. De son côté, le bâtonnier Hissi, membre de l'équipe de défense de Naciri, a insisté lors de sa plaidoirie sur l'absence d'éléments matériels directs susceptibles d'incriminer son client. Selon lui, la situation de flagrant délit n'est pas établie et aucune saisie de drogue ni aucun élément matériel ne relierait Naciri aux faits qui lui sont reprochés. L'avocat a également affirmé que le dossier repose essentiellement sur les déclarations de Haj Ben Ibrahim, qu'il a qualifiées de contradictoires, estimant que l'aveu de ce dernier concernant son implication dans le trafic de drogue constitue une responsabilité individuelle qui ne peut suffire à incriminer d'autres personnes. La défense a par ailleurs indiqué que plusieurs témoins ont nié avoir vu l'accusé dans les faits évoqués lors de l'enquête, ajoutant que certaines personnes mentionnées dans le dossier n'ont pas été entendues durant les différentes phases de l'instruction. En conclusion de sa plaidoirie, la défense de Saïd Naciri a estimé que les éléments constitutifs de l'infraction ne sont pas établis et que le doute persiste quant à plusieurs faits présentés devant la cour, demandant en conséquence l'acquittement de son client après examen de l'ensemble des éléments du dossier.