Une délégation de l'Organisation des Nations unies s'est rendue à Laâyoune pour examiner le fonctionnement de la mission MINURSO et évaluer ses difficultés opérationnelles, dans un contexte de révision globale de l'efficacité des missions onusiennes de maintien de la paix. De hauts responsables et experts onusiens, siégeant notamment au sein du département des opérations de maintien de la paix, viennent d'achever une visite de terrain destinée à observer et suivre le travail de la MINURSO au Sahara. Cette visite s'inscrit dans le sillage d'autres missions similaires, opérées par différentes délégations, notamment américaines. Elles interviennent à l'heure où des voix s'élèvent pour réévaluer l'efficacité de cette mission — chargée de surveiller l'application du cessez-le-feu de 1991 — face aux obstacles opérationnels rencontrés pour accéder aux zones situées à l'Est du mur de défense marocain. En effet, les rapports onusiens se suivent et se ressemblent quant aux difficultés éprouvées par les casques bleus pour mener leurs patrouilles à l'Est du mur de sable. Ces entraves sont principalement dues au refus de coopération du Front Polisario, précisément dans la zone tampon où se trouvent illégalement ses milices. Ces éléments armés empêchent systématiquement les membres de la MINURSO de se déplacer librement, mais entravent également leur ravitaillement, un point critique régulièrement soulevé dans les rapports. À plusieurs reprises, la mission s'est ainsi retrouvée à court de carburant, d'eau et de vivres. Sur place, les responsables et experts de l'ONU ont tenu une série de réunions techniques avec le commandement des forces onusiennes. Ils y ont abordé les défis auxquels la mission est confrontée : contraintes de déplacement, suivi des activités dans la zone tampon, et évaluation de la réponse opérationnelle face aux évolutions liées aux tensions de faible intensité. Outre les échanges avec les responsables civils et militaires de la mission, la délégation a également rencontré des responsables marocains pour discuter de la surveillance du cessez-le-feu et de l'évolution de la situation sur le terrain. L'ensemble de ces observations servira à la rédaction d'un nouveau rapport d'évaluation. Ce document devrait permettre de statuer sur la poursuite des activités de la mission et d'ajuster les détails de son déploiement. Cette série de visites pourrait s'avérer déterminante pour l'avenir de la MINURSO, face aux pressions américaines visant à réduire les budgets alloués aux missions de maintien de la paix jugées trop anciennes ou inefficaces, voire à les supprimer dans les régions où leurs objectifs de pacification ne sont pas atteints. À ce titre, le membre du Congrès américain Mike Waltz a récemment indiqué lors d'une audition que son pays procédait à une révision stratégique de la MINURSO, insistant sur la nécessité d'évaluer la pertinence de ces missions après des décennies de déploiement et de les conditionner à de réelles perspectives de solutions politiques. À noter que la délégation dépêchée à Laâyoune devrait ensuite effectuer une visite dans les camps de Tindouf, en Algérie. Des rencontres avec diverses agences des Nations unies, dont le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS), y sont programmées.