Révélée par une source interne à Royal Air Maroc (RAM) à Hespress, la conjoncture actuelle frappe de plein fouet certaines lignes du transporteur national. La compagnie a en effet constaté « un recul notable de la demande sur plusieurs destinations touristiques et liaisons aériennes vers Doha et Dubaï à l'heure actuelle ». Face à cette désaffection soudaine, le maintien de certains itinéraires risque de se transformer en gouffre financier. L'intervenant souligne d'ailleurs que « proposer des vols sur certains itinéraires pourrait ne pas être économiquement viable actuellement en raison du manque d'engouement ». Il explique cette tendance prudente par le fait que « de nombreux clients préfèrent ne pas s'aventurer à voyager dans le contexte de guerre actuel, ce qui conduit à opérer des vols incomplets ». Échappant totalement à cette morosité ambiante, le secteur des vols dédiés à la Omra affiche au contraire une résilience remarquable. Contrairement aux liaisons touristiques classiques, « la demande pour ces vols ne s'est pas interrompue », précise la même source. Les fidèles désireux de se rendre aux Lieux Saints bénéficient ainsi de « diverses options de voyage, que ce soit par le biais de vols directs ou de vols indirects transitant par des aéroports intermédiaires, à l'instar de l'aéroport d'Istanbul en Turquie ». Redessinant la carte des transits, les conditions actuelles ont néanmoins eu raison de certaines correspondances habituelles dans le Golfe. Le porte-parole indique en effet que « les options de voyage indirect via Doha ou Dubaï ne sont plus disponibles comme par le passé pour les vols de la Omra ». En alternative, l'escale turque tire son épingle du jeu : « le voyage via la Turquie demeure une option viable, les passagers faisant escale à Istanbul avant de poursuivre leur trajet, un système adopté par Turkish Airlines pour faciliter l'arrivée des pèlerins de diverses destinations, y compris le Maroc ». Sur le front des liaisons directes entre le Royaume et l'Arabie Saoudite, le marché reste fermement concentré entre les mains de deux acteurs majeurs. Selon le responsable, ce monopole est partagé entre « Saudi Arabian Airlines, qui propose des vols directs et réguliers, et Royal Air Maroc ». Ces deux mastodontes « se partagent la part du lion dans le transport direct et sans escale des pèlerins marocains ». Élargissant enfin les perspectives du marché, le secteur de la Omra pourrait bientôt voir de nouveaux concurrents entrer en lice. La source informée conclut son propos en évoquant « l'existence d'autres compagnies saoudiennes susceptibles d'entrer en jeu, telles que Flynas ou des transporteurs similaires ». Quoi qu'il en soit, il insiste sur le fait que « l'organisation actuelle des vols garantit au pèlerin marocain un éventail de choix, allant de la rapidité offerte par les compagnies directes nationale et saoudienne, à la flexibilité des coûts et des différents services proposés via les aéroports intermédiaires, notamment turcs ».