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Bilan de législature : Akhannouch revendique la cohérence d'un cap dans la turbulence
Publié dans Hespress le 15 - 04 - 2026

Devant le Parlement réuni en séance commune, le Chef du gouvernement a livré une lecture politique dense de son action depuis 2021. Entre gestion des crises, accélération des réformes et affirmation d'un modèle de développement articulé autour de l'économie et du social, il a cherché à imposer le récit d'un mandat guidé par la continuité et la décision.
Conformément aux dispositions de l'article 101 de la Constitution, Aziz Akhannouch s'est présenté, mercredi, devant les deux Chambres du Parlement pour exposer le bilan de l'action gouvernementale sur la période 2021-2026. Un exercice institutionnel majeur, que le chef de l'Exécutif a transformé en une démonstration politique structurée, visant à installer une lecture cohérente de son mandat.
Dès l'entame de son intervention, le ton est posé : la législature écoulée n'est pas présentée comme une simple séquence de gestion, mais comme une phase charnière dans la trajectoire du pays. Le Chef du gouvernement insiste sur une volonté de refonder les priorités publiques, en articulant action économique et consolidation du socle social, dans un contexte international jugé particulièrement instable.
Face aux turbulences, un mandat construit dans l'épreuve
Le discours s'ancre d'abord dans une contextualisation appuyée. Crises économiques, tensions sur les marchés internationaux, perturbations des chaînes d'approvisionnement... Le chef de l'Exécutif rappelle à plusieurs reprises que son action s'est déployée dans un environnement marqué par l'incertitude.
Mais cette contrainte est immédiatement intégrée dans une logique de valorisation. Loin d'être présentée comme un frein, elle est mobilisée pour souligner la capacité du gouvernement à agir dans l'adversité. Le message est clair : le mandat n'a pas été celui de la facilité, mais celui de la résilience et de l'adaptation.
Dans cette perspective, l'Exécutif revendique un choix stratégique : ne pas attendre un retour à des conditions plus favorables, mais inscrire l'action publique dans une dynamique proactive, fondée sur l'anticipation et la prise de décision. Une posture qui, selon le Chef du gouvernement, a permis de transformer les contraintes en leviers d'action.
© Mounir Mehimdate
Une dynamique économique mise en avant
Sur le plan économique, le discours met en avant une trajectoire de redressement et de consolidation. La croissance, après un ralentissement en début de mandat, aurait retrouvé un rythme soutenu, avec une progression notable sur les dernières années. Le Chef du gouvernement évoque une montée en puissance des activités non agricoles et une reprise de la demande intérieure comme principaux moteurs de cette dynamique.
L'investissement constitue un autre pilier du bilan. Le gouvernement insiste sur l'augmentation significative de l'investissement public, tout en mettant en avant une refonte du cadre incitatif destiné à stimuler l'investissement privé. L'objectif affiché est de renforcer l'attractivité du Maroc et d'inscrire son économie dans une logique de compétitivité accrue.
Cette dynamique se traduit également par une progression des investissements étrangers, présentée comme un indicateur de confiance des acteurs internationaux. À cela s'ajoute un effort de territorialisation de l'investissement, à travers un rôle accru des structures régionales et des dispositifs d'appui aux entreprises.
Sur le plan macroéconomique, l'Exécutif met en avant une amélioration des principaux équilibres : réduction du déficit budgétaire, maîtrise de l'inflation et stabilisation de l'endettement. Autant d'indicateurs mobilisés pour asseoir l'idée d'une gestion jugée rigoureuse et cohérente.
Le virage social au cœur du discours
Au-delà des performances économiques, le Chef du gouvernement insiste sur la dimension sociale de son action, présentée comme un axe structurant du mandat. L'élargissement de la protection sociale constitue à cet égard l'un des principaux marqueurs du bilan.
Le gouvernement met en avant l'extension de la couverture médicale à des millions de nouveaux bénéficiaires, ainsi que la prise en charge des cotisations pour les ménages les plus vulnérables. Cette politique est présentée comme une traduction concrète d'un modèle social fondé sur la solidarité et l'inclusion.
La mise en place du soutien social direct est également présentée comme une avancée majeure. Plusieurs millions de foyers bénéficient désormais d'aides financières ciblées, dans une logique de rationalisation des dispositifs existants et d'amélioration de leur efficacité.
Dans le même temps, le gouvernement souligne les efforts consentis pour soutenir le pouvoir d'achat, notamment à travers le maintien de mécanismes de compensation visant à stabiliser les prix des produits de base. Le dialogue social est également mis en avant, avec des accords ayant permis des revalorisations salariales significatives dans les secteurs public et privé.
© Mounir Mehimdate
Des réformes structurelles dans les secteurs clés
Dans son grand oral, Akhannouch accorde également une place importante aux réformes engagées dans les secteurs de la santé et de l'éducation. Dans le domaine sanitaire, le gouvernement insiste sur l'augmentation du budget, la modernisation des infrastructures et l'amélioration de la gouvernance du système.
L'objectif affiché est de restaurer la confiance des citoyens dans le service public de santé, tout en réduisant les disparités territoriales en matière d'accès aux soins. La formation médicale et le renforcement des capacités hospitalières sont présentés comme des leviers essentiels de cette transformation.
Dans le secteur de l'éducation, l'Exécutif met en avant une stratégie visant à améliorer la qualité de l'enseignement et à élargir l'accès aux différents niveaux de formation. L'extension de l'enseignement préscolaire, le développement de nouveaux modèles pédagogiques et les investissements dans les infrastructures sont présentés comme autant de jalons d'une réforme en profondeur.
Le gouvernement souligne également les mesures prises en faveur des enseignants, notamment à travers des revalorisations salariales et des réformes statutaires, destinées à stabiliser le système éducatif.
© Mounir Mehimdate
Une affirmation politique assumée
Au-delà des politiques publiques, le discours se distingue par une dimension politique assumée. Le Chef du gouvernement revendique explicitement des choix difficiles, parfois impopulaires, mais jugés nécessaires dans une perspective de long terme.
Il insiste sur la nécessité de privilégier la responsabilité à la facilité, en rejetant les logiques de surenchère ou de populisme. Cette posture est présentée comme une condition de la crédibilité de l'action publique et de la préservation des équilibres économiques et sociaux.
Dans le même mouvement, une critique implicite des oppositions apparaît, accusées de réduire le débat à des lectures fragmentées ou à des logiques de dénigrement. Sans entrer dans une confrontation directe, le Chef du gouvernement trace une ligne de démarcation entre, d'un côté, l'action, et de l'autre, la contestation.
Un récit tourné vers la continuité
Enfin, l'intervention dépasse le seul cadre du bilan pour esquisser une projection. Le Chef du gouvernement insiste sur le caractère inachevé des réformes engagées, appelant à leur poursuite dans une logique de continuité.
Les réalisations mises en avant sont ainsi présentées comme les fondations d'un processus appelé à se prolonger. L'objectif est de consolider les acquis et d'approfondir les transformations amorcées, dans un contexte qui reste marqué par l'incertitude.
En filigrane, le discours réactive la légitimité issue des élections de 2021, présentées comme le point de départ d'un engagement politique inscrit dans la durée.
Au terme de cette intervention, c'est donc un double message que le Chef du gouvernement adresse : défendre un bilan qu'il juge solide, tout en affirmant la nécessité de poursuivre l'effort engagé. Une manière de transformer l'exercice du compte rendu en un acte de positionnement politique à part entière.


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