L'économie marocaine semble amorcer un tournant psychologique majeur en ce début d'année 2026. Selon la dernière note de conjoncture du Haut-commissariat au Plan (HCP), l'Indice de Confiance des Ménages (ICM) a effectué une remontée impressionnante pour s'établir à 64,4 points au premier trimestre. Cette performance marque une rupture nette avec la morosité de l'année précédente, puisque l'indice ne plafonnait qu'à 46,6 points au même trimestre de 2025. Ce regain d'optimisme, également visible par rapport au trimestre précédent, témoigne d'une perception nettement plus favorable de la situation économique globale par la population. Le fait le plus marquant de cette enquête concerne le basculement des perspectives financières personnelles. Pour la première fois depuis plusieurs périodes, le solde d'opinion relatif à l'évolution future de la situation financière des ménages repasse en territoire positif, atteignant 5,8 points. Ce revirement est d'autant plus significatif qu'il tranche avec le solde de moins 16,4 points enregistré un an plus tôt. Si la gestion quotidienne reste tendue, avec 37,5% des familles déclarant s'endetter ou puiser dans leur épargne, l'espoir d'une amélioration financière gagne du terrain et porte désormais le moral des ménages. Le marché de l'emploi et le niveau de vie global bénéficient également de ce climat moins anxiogène. Bien que le pessimisme ne disparaisse pas totalement, les craintes liées au chômage s'atténuent considérablement. Le solde d'opinion sur l'évolution du nombre de chômeurs s'est ainsi amélioré pour s'établir à moins 34,7 points, contre moins 73,4 points au premier trimestre 2025. Parallèlement, la perception de l'évolution future du niveau de vie montre des signes de redressement, le solde de cet indicateur passant à moins 28,8 points contre moins 46,3 points l'année précédente. Néanmoins, 45,1% des ménages s'attendent encore à une dégradation de leurs conditions de vie, signe que la reprise de la confiance reste fragile. Cependant, des zones d'ombre persistent et continuent de peser sur le pouvoir d'achat. L'inflation alimentaire demeure la préoccupation majeure, 93,3% des ménages ayant constaté une hausse des prix au cours de l'année écoulée. Pour les mois à venir, 78,9% des sondés redoutent que cette cherté de la vie ne se poursuive. Cette pression constante sur les prix explique pourquoi 66,9% des foyers jugent toujours inopportun l'achat de biens durables. De même, la capacité d'épargne reste hors de portée pour la grande majorité des Marocains, 87,8% des personnes interrogées estimant ne pas pouvoir mettre d'argent de côté au cours des 12 prochains mois. Cette enquête permanente de conjoncture menée par le HCP repose sur sept indicateurs qualitatifs majeurs. Les résultats sont présentés sous forme de soldes d'opinions, représentant la différence entre les pourcentages de réponses positives et négatives. L'ICM ainsi calculé offre une lecture précieuse des tendances de consommation et des attentes sociales au Maroc.