Crise climatique, tensions sur les chaînes d'approvisionnement, guerre en Ukraine, flambée des prix des céréales… Jamais le sujet de la souveraineté alimentaire n'a été aussi brûlant. C'est dans ce contexte explosif que s'ouvre, du 20 au 28 avril à Meknès, la 18e édition du Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM). Avec le Portugal comme invité d'honneur, l'édition 2026 assume son thème : la durabilité de la production animale et la souveraineté alimentaire. Plus qu'une vitrine, le salon se veut une réponse concrète aux défis du siècle. Le SIAM n'est pas un salon comme les autres. Lancé en 2006, il a grandi au rythme des ambitions agricoles du Maroc. Mais cette 18e édition a une saveur particulière. Les chiffres, d'abord, donnent le vertige. Les organisateurs annoncent 1.500 exposants venus de 70 pays, 45 délégations étrangères et plus d'un million de visiteurs attendus sur 370.000 mètres carrés. Pourtant, ce n'est pas la taille qui impressionne le plus. C'est l'urgence. Le monde agricole traverse une tempête. Les prix des engrais s'envolent. L'eau se raréfie. Les marchés internationaux deviennent imprévisibles. Face à cela, le Maroc a choisi une stratégie claire : produire plus, produire mieux, produire local. Le SIAM est la caisse de résonance de cette ambition. Le Portugal invité, l'Afrique en ligne de mire Cette année, le Portugal est à l'honneur. Ce choix n'a rien d'anodin, au contraire, c'est un signal adressé à l'Europe pour affirmer que le Maroc est un partenaire fiable, capable de nourrir ses voisins autant que lui-même. Mais le véritable horizon du salon, c'est l'Afrique. Les délégations venues du continent sont plus nombreuses que jamais. Les accords signés dans les allées de Meknès dessinent une nouvelle carte agricole régionale, moins dépendante des importations lointaines. Les douze pôles thématiques du salon reflètent cette double orientation. Le pôle «International» dialogue avec le pôle «Génération Green», qui incarne la nouvelle stratégie agricole marocaine. Le pôle «Agri-Digital» expose les technologies de pointe – drones, capteurs, intelligence artificielle – quand le pôle «Produits du terroir» rappelle que l'agriculture, c'est aussi des femmes et des hommes qui travaillent la terre avec leurs mains. B2BConnect : le salon devient une machine à faire des affaires Le SIAM a compris l'importance de la dimension Business. Dans ce sens, la plateforme B2BConnect, véritable outil de mise en relation, transforme le salon en accélérateur de partenariats. Les chiffres des années précédentes parlent d'eux-mêmes : des centaines d'accords signés, des millions de dirhams d'investissements annoncés. Cette année, l'objectif est de faire mieux. Les éleveurs, plus de 200, sont au cœur du dispositif. La production animale est un maillon faible de la souveraineté alimentaire marocaine. Trop dépendant des importations de céréales pour l'alimentation du bétail, le secteur cherche des solutions. Les conférences techniques, plus de 55 au programme, planchent sur des alternatives tels les aliments locaux, l'élevage de précision, la génétique… Autre temps fort de cette édition : la mobilisation record des coopératives. Plus de 500 unités exposent leurs produits. Derrière ce chiffre, une réalité politique. Le Maroc parie sur l'agriculture inclusive, celle qui associe les petits producteurs, les femmes rurales, les jeunes. Les produits du terroir ne sont pas des produits de niche. Ils sont au cœur d'une stratégie de création de valeur et d'emplois.