Le Maroc n'est pas un partenaire comme les autres pour l'Union européenne. C'est en substance le message délivré jeudi à Rabat par Kaja Kallas, Haute représentante de l'UE et vice-présidente de la Commission européenne, à l'issue de ses entretiens avec le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita. La responsable européenne a appelé à hisser les relations bilatérales à un niveau supérieur. Les chiffres sont éloquents. En 26 ans, les échanges commerciaux entre le Maroc et l'Union européenne ont été multipliés par cinq. L'UE demeure le premier partenaire commercial du Royaume et son principal investisseur étranger. Un constat que Kaja Kallas n'a pas manqué de souligner lors de son point de presse conjoint avec Nasser Bourita, à l'issue de leurs entretiens tenus à Rabat. «Les fondements de notre partenariat sont déjà solides, et nous sommes déterminés à les renforcer davantage», a-t-elle affirmé. Une déclaration qui intervient dans un contexte géopolitique tendu, où l'Europe cherche à sécuriser ses approvisionnements et à diversifier ses alliances. Le Maroc, par sa stabilité et sa position géographique, apparaît comme un interlocuteur privilégié. Un partenariat qui monte en gamme La visite de Kaja Kallas à Rabat s'inscrit dans une dynamique initiée en janvier dernier, lorsque Nasser Bourita s'était rendu à Bruxelles. À l'issue de cette visite, les ministres des Affaires étrangères de l'UE avaient approuvé une initiative visant à intensifier la coopération avec le Royaume. L'objectif, selon la responsable européenne, est de traduire cet engagement politique en résultats concrets au bénéfice des citoyens et des entreprises des deux parties. Les domaines prioritaires sont nombreux : transition écologique, éducation, investissement, accès aux compétences, entrepreneuriat, amélioration du climat des affaires. Autant de chantiers où le Maroc et l'UE peuvent avancer main dans la main. Au-delà des aspects bilatéraux, Kaja Kallas a également salué le rôle essentiel du Maroc dans le développement de la coopération en Méditerranée. L'UE apprécie particulièrement la contribution du Royaume au Pacte pour la Méditerranée, notamment à travers l'organisation d'une réunion de haut niveau en septembre dernier. Cette implication méditerranéenne est d'autant plus stratégique que l'Europe fait face à des défis sécuritaires croissants. Les entretiens entre les deux responsables ont d'ailleurs porté sur la lutte contre le terrorisme, la sécurité maritime et la résilience face aux menaces hybrides. Ces sujets seront au cœur du Forum de sécurité régionale UE-Méditerranée prévu plus tard cette année. Mais l'annonce la plus significative de cette visite est sans doute l'évocation d'un nouveau partenariat stratégique englobant le commerce, l'investissement et la migration. Kaja Kallas a clairement indiqué que l'ambition était de hisser les relations entre le Maroc et l'Union européenne à un niveau supérieur.