Un arrêté publié au Bulletin officiel du 9 avril 2026 fixe les nouvelles règles d'organisation, d'évaluation et de délivrance du diplôme de master en sciences et technologies. Signé le 26 décembre 2025 par le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l'Innovation, le texte abroge l'arrêté de 2014 et entrera en vigueur à la rentrée universitaire 2026-2027. Objectif : unifier les pratiques, garantir la qualité, renforcer la lisibilité du diplôme et l'aligner sur les standards internationaux. Le master en sciences et technologies change de logiciel. Près de 12 ans après l'arrêté du ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation des cadres n° 2085.14 du 5 décembre 1435 (30 septembre 2014), un nouvel arrêté publié au Bulletin officiel n° 7498 du 9 avril 2026 vient l'abroger et redessiner les contours de ce diplôme stratégique pour l'enseignement supérieur marocain. Signé le 26 décembre 2025 par Azzedine El Midaoui, le texte pose un cadre national unique, censé harmoniser les pratiques d'un bout à l'autre du Royaume. L'enjeu est triple : garantir un niveau de qualité homogène entre les universités, offrir aux étudiants comme aux employeurs une lisibilité accrue, et aligner le diplôme sur les standards internationaux du processus de Bologne. Cette réforme entrera en vigueur à la rentrée universitaire 2026-2027, laissant aux établissements le temps de s'adapter. Les étudiants déjà inscrits dans un master en sciences et technologies avant cette date restent soumis à l'ancien régime (arrêté de 2014). Une disposition classique qui évite toute rupture de parcours pour les promotions en cours. Un référentiel national pour mettre fin aux disparités Jusqu'ici, l'organisation des masters en sciences et technologies variait sensiblement d'une université à l'autre. Le nouvel arrêté fixe un socle commun. Le diplôme est désormais structuré autour de quatre semestres (soit deux années), avec une charge totale de 120 crédits (ECTS). Chaque semestre compte 30 crédits. Les parcours – ou «filières» – doivent être constitués d'unités d'enseignement homogènes, articulant connaissances fondamentales et compétences professionnelles. Une innovation notable consiste en l'ouverture à des formes d'enseignement hybrides. Les unités dites «transversales» peuvent être enseignées à distance jusqu'à 50% de leur volume horaire, et les unités «fondamentales» jusqu'à 30%. Une souplesse bienvenue qui répond aux évolutions des pratiques pédagogiques post-Covid. Le texte impose également un suivi individualisé des étudiants. Chaque parcours est doté d'un coordinateur pédagogique, chargé de veiller à la cohérence des enseignements, à la bonne application du cahier des normes et à l'évaluation des résultats. Une avancée significative pour l'accompagnement des étudiants. Soulignons que cette réforme s'inscrit dans la mise en œuvre de la loi-cadre 01.19 sur l'enseignement supérieur, qui prévoit l'harmonisation progressive des cursus. Elle a été préparée par la Commission nationale de coordination de l'enseignement supérieur, qui a rendu un avis favorable en avril 2025. L'objectif est de répondre à la massification des effectifs, plus de 50.000 étudiants étant inscrits en master toutes filières confondues, et aux nouvelles attentes du marché du travail. Des règles d'évaluation harmonisées et plus lisibles Le nouveau dispositif unifie les modalités de contrôle des connaissances. La note d'une unité d'enseignement est calculée à partir d'un contrôle continu (examens, travaux pratiques, rapports de stage ou projets) dont les formes sont désormais clairement définies. Un examen terminal peut également être organisé en complément, si la maquette le prévoit. Le texte prévoit un rattrapage pour les étudiants n'ayant pas validé certaines unités. Seuls ceux qui n'ont pas obtenu la moyenne (10/20) peuvent s'y présenter, et c'est la meilleure note entre l'examen initial et le rattrapage qui est retenue. Pour valider un semestre, l'étudiant doit obtenir une moyenne générale d'au moins 10/20 sur l'ensemble des unités d'enseignement de ce semestre, sous réserve d'avoir validé au minimum six unités (dont deux avec une note supérieure ou égale à 8/20). Une compensation est possible entre unités d'un même semestre, ce qui évite de pénaliser un étudiant qui échouerait sur une seule matière. En fin de parcours, l'étudiant qui a validé tous ses semestres (soit 120 crédits) se voit décerner le diplôme. Une mention est attribuée selon la moyenne générale : «assez bien» à partir de 12/20, «bien» à partir de 14/20, «très bien» à partir de 16/20. Le texte impose également à chaque établissement de publier son règlement d'évaluation et de le mettre à disposition des étudiants, une avancée en matière de transparence. Des dispositions contre la fraude et le plagiat sont également prévues, renforçant la crédibilité du diplôme. Le mémoire de fin d'études, pierre angulaire de la formation Le projet de fin d'études reste un élément central du master. Il est doté de 30 crédits, soit un quart du total du diplôme. L'arrêté insiste sur son rôle dans l'acquisition de compétences méthodologiques et professionnelles. Le sujet et l'encadrement sont définis par l'équipe pédagogique de chaque parcours. Cette importance accordée au mémoire traduit une volonté de maintenir un haut niveau d'exigence dans la formation à la recherche, sans pour autant négliger les débouchés professionnels. Le texte prévoit d'ailleurs que les parcours soient élaborés en associant des acteurs extérieurs (entreprises, laboratoires, collectivités) et que les conventions de partenariat soient explicitement mentionnées dans les dossiers d'accréditation. Les laboratoires universitaires sont encouragés à s'impliquer dans l'encadrement des mémoires, créant ainsi un lien renforcé entre la formation et la recherche. Accès et mobilité : les nouvelles règles Le texte précise les conditions d'accès au master. La sélection se fait sur dossier académique, éventuellement complétée par des épreuves écrites si le parcours le prévoit. Une commission d'admission, composée d'enseignants du parcours concerné, est chargée d'examiner les candidatures. Les critères de sélection sont définis dans le dossier descriptif de chaque parcours, garantissant ainsi la transparence du processus. En matière de mobilité, le nouveau cadre facilite les échanges nationaux et internationaux. Les crédits ECTS sont reconnus entre établissements, et des passerelles sont prévues entre les parcours. Les étudiants peuvent ainsi effectuer une partie de leur formation dans une autre université marocaine ou à l'étranger, sans perdre le bénéfice des crédits acquis. Une disposition qui répond aux besoins de mobilité croissants des étudiants marocains et qui aligne le master marocain sur les pratiques internationales.