Le Maroc a porté son effort de défense à un niveau inédit en 2025, dans un contexte international marqué par une montée généralisée des tensions et une accélération des dépenses militaires. Selon le dernier rapport de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), le Royaume a consacré plus de 6,3 milliards de dollars à son budget militaire, soit environ 3,54 % de son produit intérieur brut (PIB). Un niveau jamais atteint, qui place le Maroc au deuxième rang en Afrique, derrière l'Algérie. Cette progression s'inscrit dans une tendance haussière continue : après 5,2 milliards de dollars en 2023 et 5,5 milliards en 2024, les dépenses militaires marocaines ont enregistré une augmentation de 6,6 % en 2025. Une dynamique qui reflète à la fois des impératifs de modernisation des équipements et un environnement régional sous tension, notamment en Afrique du Nord. Face au Maroc, l'Algérie conserve une nette avance. Son budget militaire a bondi de 11 % pour atteindre 25,4 milliards de dollars en 2025, faisant d'elle le premier contributeur africain en matière de défense. Plus significatif encore, ce niveau représente près de 25 % de ses dépenses publiques, un ratio qui la place parmi les pays les plus engagés au monde en termes d'effort militaire rapporté au budget de l'État. En fait, ces chiffres dépassent la rivalité régionale, pour s'inscrire dans une tendance globale préoccupante. À l'échelle mondiale, les dépenses militaires ont atteint près de 2.900 milliards de dollars en 2025, enregistrant une onzième année consécutive de hausse. Les États-Unis, la Chine et la Russie concentrent à eux seuls plus de la moitié de ce montant, avec un total cumulé de 1.480 milliards de dollars. Malgré un léger recul de 7,5 % des dépenses américaines, celles-ci demeurent largement dominantes, avec 954 milliards de dollars. Cette baisse conjoncturelle, liée notamment à l'absence de nouveaux financements pour l'Ukraine, pourrait toutefois être de courte durée, Washington ayant déjà prévu une hausse significative de son budget militaire pour les prochaines années. En parallèle, l'Europe apparaît comme l'un des principaux moteurs de cette augmentation globale, avec une progression de 14 % des dépenses, portée par la guerre en Ukraine et le repositionnement stratégique des pays européens face à un engagement américain jugé moins systématique. L'Asie suit la même trajectoire, sous l'impulsion de la Chine, qui poursuit une montée en puissance militaire constante depuis trois décennies. Dans ce contexte international marqué par l'incertitude, l'Afrique n'échappe pas à la tendance. Le continent a enregistré une hausse de 8,5 % de ses dépenses militaires en 2025, atteignant 58,2 milliards de dollars. L'Afrique du Nord, à elle seule, concentre plus de 35 milliards de dollars, dont plus de 90 % sont assurés par le Maroc et l'Algérie. Ce double mouvement, aussi bien régional que mondial, met en lumière une réalité de plus en plus évidente, à savoir que la sécurité redevient une priorité centrale des politiques publiques, au détriment parfois d'autres secteurs. Pour le Maroc, cette montée en puissance militaire traduit un choix stratégique assumé, dans un environnement où les équilibres géopolitiques restent fragiles et en constante recomposition.