Les sages sont toujours ceux qui font le premier pas n'insultant pas le présent pour préserver l'avenir. Contrairement aux boycotts en série des opérateurs économiques algériens lors d'événements importants se tenant sur les terres du Royaume, pour des raisons strictement politiques n'ayant rien à voir avec les intérêts économiques bien compris et mutuellement profitables, le Maroc marquera massivement sa participation à la Foire internationale d'Alger qui se déroule en juin prochain. L'objectif de cette présence forte vise à «donner une impulsion nouvelle aux échanges commerciaux privilégiant la complémentarité et le partenariat entre le Maroc et l'Algérie», soulignent des sources du CMPE. Et comme nous savons que ces échanges commerciaux sont au point mort avec le gel de l'UMA et le conflit du Sahara marocain, autant le dire de suite que tout est à faire, ou plutôt à refaire. Damnée politique des gouvernants qui sacrifient à leurs hégémonies de puissance régionale les attentes des peuples frères. Ces peuples qui, au temps de la paix et de la concorde entre les deux pays voisins, vivaient dans la prospérité des échanges très fertiles aux frontières. Les deux marchés de la consommation étaient florissants et le commerce entre les deux pays très dense. Et c'est dommage qu'aujourd'hui, après la fermeture inique des frontières, ces marchés ont été verrouillés pour laisser libre cours à la contrebande avec tous les risques encourus. Bien qu'une légère reprise semble s'amorcer, depuis 2005, entre les deux pays. Une opportunité à ne pas manquer Fasse que les acteurs économiques des deux pays réussissent là où les dirigeants politiques ont échoué. Et espérons que l'important forum économique, en marge de la Foire internationale, qui regroupera les deux confédérations patronales le lundi 5 juin, soit le vrai départ de l'amorce d'une nouvelle ère de prospérité dans la sous-région. Surtout que des rencontres individualisées entre hommes d'affaires des deux bords figurent intensément au programme des manifestations de la capitale algérienne. Pareille occasion n'est pas près de se présenter à nouveau si la situation de crise persistait ou venait à s'endurcir davantage. Il faut donc battre le fer tant qu'il est chaud d'autant plus que cette Foire d'Alger, comme le reconnaissent nos promoteurs nationaux, «est un événement économique privilégié et un excellent moyen pour les entreprises marocaines d'assurer la promotion de leurs produits et une opportunité pour les hommes d'affaires marocains de rencontrer un grand nombre de décideurs et de partenaires algériens et d'examiner avec eux les perspectives d'échanges et de partenariat commerciaux et industriels». Cette opportunité d'affaires est à saisir dans sa pleine dimension puisque tous les secteurs clés y seront représentés, les industries chimiques et para chimiques, mécaniques, métallurgiques, électriques et électroniques, les NTIC, le BTP, le textile et cuir, l'agro-industrie… Il est aussi temps de rétablir les équilibres de la balance commerciale largement défavorable au Maroc qui importe de l'Algérie pour une valeur de 2,2 milliards DH contre des exportations vers ce pays totalisant seulement 441 millions DH.