L'une des “casseroles” les plus retentissantes que traîne et que continuera de traîner Noubir Amaoui est certainement l'invitation “acceptée” qu'il avait faite à Driss Basri, ci-devant tout-puissant ministre d'Etat à l'Intérieur d'assister à l'ouverture du IIIème congrès de la confédération démocratique du travail (CDT). C'était, semble-t-il, de “la haute politique” à laquelle le commun des mortels ne pouvait rien comprendre. En fait, ce ne fut que l'inféodation de “sa” centrale syndicale au pouvoir du “premier flic” du Royaume que Amaoui entérinait en grande pompe, la mise de la CDT sous l'aile tutélaire de Basri qui était tout sauf un ami de la classe ouvrière. Au sein de la CDT, jamais cette désastreuse initiative n'a été oubliée. Elle demeure à ce jour l'un des principaux griefs que font les syndicalistes honnêtes à leur non moins “désastreux” leader. Et nombre de militants et de cadres continuent de la ressentir comme une véritable trahison, à tout le moins une grave déviation qui a durablement terni l'image de la centrale de Noubir Amaoui. Quant à la sienne propre, n'en parlons pas. Ces militants sincères, ces cadres honnêtes, sont aujourd'hui la cible principale de Noubir dans la guerre fratricide qu'il mène contre les tenants d'une véritable démocratisation de la CDT. Car Amaoui, fidèle en cela à son ex-mentor, a brisé la démocratie syndicale. Toute velléité de changement est étouffée dans l'œuf. Les syndicats nationaux (phosphates, enseignement, santé), des unions locales dans plusieurs villes, même des sections par trop remuantes sont actuellement en butte à des attaques en règle de la part des sbires de Amaoui. Qui pour “saboter” des assemblées légales, qui pour “déloger” les directions régulièrement élues et leur remplacement par des “comités” désignés arbitrairement et au mépris de la volonté des bases. Comme toujours, Amaoui se trompe d'adversaire et d'objectif. Comme toujours, il n'en fait qu'à sa tête. Maître incontesté il fut maître -même contesté- il veut rester. On ne change pas la nature humaine et “les apprentis dictateurs” demeurent des dictateurs en puissance. Jusqu'à ce qu'ils soient déboulonnés de leur piédestal comme le fut Driss Basri qui lui aussi se croyait éternel. Là où Noubir Amaoui se trompe énormément c'est lorsqu'il croit que son ennemi de toujours, l'USFP, va le laisser libre d'instrumentaliser la CDT en tant que force de pression et de chantage, qu'il continuera à appeler à des grèves générales jamais suivies, même si elles font rire tout le monde. Tout donne à penser que le parti de Abderrahman Youssoufi se prépare sérieusement à créer sa propre branche syndicale. Ce jour-là, Noubir Amaoui pourra compter ses partisans. Comme ses électeurs du 27 septembre dernier, ils seront peu nombreux.