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La croissance erratique accentue la pauvreté
Publié dans La Gazette du Maroc le 23 - 12 - 2002


Rapport de la Banque mondiale
Relevant dans une certaine catégorie de pays,
en l'occurrence les pays en développement, une conjoncture économique stagnante, la Banque mondiale appelle à des progrès dans
les négociations commerciales
Le nouveau rapport de la Banque mondiale sur l'état de l'économie planétaire est loin d'être rassurant, en tout cas pour les pays en développement. Dans ce document, il ressort que la conjoncture sera stagnante et la croissance, dans 12 à 13 mois, plus lente que prévu. L'une des conséquences de ces deux phénomènes est de saper considérablement l'effort entrepris pour réduire la pauvreté. Dans ces conditions, la meilleure stratégie à prendre pour limiter les dégâts est de recourir aux vertus du commerce international. Par quels moyens ? Selon les analystes de l'institution de Bretton Woods, il devient de plus en plus urgent de démanteler les barrières aux échanges commerciaux et à l'investissement, qui frappent de plein fouet les populations pauvres des pays à revenu limité.
Le niveau de la croissance est indexé. Sa faiblesse, durant ces deux dernières années, est une des causes de la précarité qui frappe les populations du Sud. En dépit d'un PIB mondial en augmentation de 2,5 % en 2003, un taux supérieur à celui des deux années précédentes, mais bien inférieur à la hausse de 3,9 % enregistrée en 2000, la situation de l'économie mondiale pour l'année prochaine est loin d'être rose. Et ce ne sont pas les arguments qui manquent. En effet, selon les prévisions dudit rapport, la reprise entamée vers la fin de 2001 pourrait s'essouffler et il y a un risque significatif qu'une récession s'instaure.
Selon les dernières prévisions de cette institution financière, les pays à revenu élevé enregistreront un taux de croissance d'environ 2,1% en 2003. Quant aux pays en voie de développement, ils devraient connaître une croissance moyenne beaucoup plus rapide. Celle-ci sera autour de 3,9%. Mais d'après les analyses de cette moyenne, il ressort qu'elle masque un certain nombre de disparités régionales. Ainsi, l'Asie de l'Est se présente en tête avec 6,1 %, suivie de l'Asie du Sud avec 5,4 %. Dans les autres régions, la croissance se situera à moins de 4%, avec l'Amérique Latine et l'Europe de l'Est atteignant difficilement le taux de croissance de 1,8%. Pour les économistes de la Banque mondiale, en dehors de l'Asie, les taux de croissance dans la plupart des pays en développement seront trop faibles pour générer une réduction significative de la pauvreté. Autrement dit, on peut s'attendre au pire dans de nombreux pays au sud du Sahara confrontés à des sécheresses particulièrement sévères. C'est la quasi- totalité des pays de l'Afrique australe (Zimbabwé notamment) et de l'Afrique de l'Ouest (la Mauritanie, en particulier).
Fuite de capitaux privés
L'une des grandes retombées négatives de la stagnation de l'économie mondiale pour les pays en développement est incontestablement la nette diminution des flux des capitaux privés. Ils sont devenus moins attractifs et donc créent moins d'emplois. Et même le montant net des prêts consentis par les banques commerciales est négatif. Les investissements directs à l'étranger dans ces pays sont caractérisés par une diminution significative depuis le pic enregistré en 1999. “ Nous assistons là à la chute la plus soudaine des investissements directs étrangers dans les pays en développement depuis la récession mondiale de 1981-83 ”, déclare Richard Newfarmer, principal auteur de ce rapport.


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