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La vérité éclatera tôt ou tard
Publié dans La Gazette du Maroc le 10 - 03 - 2003


Feggane, du fond de sa cellule à Sidi Moussa
En automne 2002, un gigantesque incendie a ravagé la prison Sidi Moussa d'El Jadida. Les flammes qui ont envahi le pavillon 5 de la prison ont fait près de cinquante morts et des dizaines d'autres blessés. Elles auraient pu atteindre le pavillon 4 où réside un détenu pas comme les autres. Mais heureusement que le lieu de détention de l'investisseur Mohamed Feggane a été épargné. Oui, c'est bien Feggane qui croupit dans ce lieu sinistre, après avoir été transformé en un simple numéro carcéral. Récit.
Purgeant sa peine à la prison civile de Salé, Feggane devait être transféré à El Jadida le 25 septembre 2002. Ce transfert a été dicté par des raisons obscures surtout que le détenu souffre de la prostate et du diabète. Il n'a cessé de revendiquer d'être suivi médicalement à l'hôpital Ibn Sina de Rabat. En vain, les décideurs l'ont tout simplement éconduit et incarcéré à la prison de Sidi Moussa sans aucune considération. Mais qui est en fin de compte Feggane ? Les lecteurs de la Gazette ont eu l'occasion de lire, à propos de cet homme qui a cru rendre service à son pays et à sa région, mais qui s'est trouvé pris dans l'engrenage des scandales financiers du CIH et de la CNCA. Il est d'ailleurs le seul et l'unique client de ces banques à avoir été jeté en pâture à la vindicte judiciaire. Ce monsieur a débuté sa carrière en tant que comptable en 1969. Il devint, par la suite, directeur financier et administratif de l'une des plus grosses sociétés de transit et de transport international dont la propriété revenait à un certain Mohamed Karim Lamrani. Entre 1969 et 1983, Feggane devait acquérir une grande expérience dans le domaine de la gestion et devait côtoyer plusieurs hommes d'affaires nationaux et étrangers. Il devait gérer un chiffre d'affaires de près de 200 millions de dirhams et il était légitime qu'il entretienne le rêve de devenir un promoteur, surtout après avoir pris connaissance des orientations de feu Hassan II encourageant les investisseurs à développer l'économie rurale. En 1983, Feggane lance son premier projet d'export de la production agricole par le biais de la société Frolait, spécialisée dans l'élevage des bovins et la production laitière. Feggane devait bénéficier, au début, de crédits de la part de la CNCA moyennant des garanties solides. En 1987, et après la libéralisation de l'export des légumes et agrumes, il créa la société NECOMI en compagnie d'une pléiade d'associés. Le but de cette société était d'encadrer les producteurs et les coopératives de la région des Doukkalas pour acheminer leurs productions par le port de Jorf Lasfar. NECOMI a eu le soutien de la CDG et d'autres banques nationales et étrangères. Or, les producteurs et les coopératives qui traitaient avec Feggane étaient tous clients de la CNCA. Et c'est ainsi que la Caisse devait approcher Feggane pour lui proposer ses services. Ainsi commença la relation entre les deux parties. Un compte auprès de la CNCA a été ouvert et tout un dossier des transactions internationales de NECOMI a été déposé dans cette banque. Ainsi, tous les 10 jours, 1.500 tonnes de produits agricoles étaient exportées vers l'Europe et notamment vers des clients de Bordeaux avec lesquels Feggane était en étroite relation. Chaque transaction se chiffrait alors à près de 6 millions de dhs. Mais malgré la prospérité de l'affaire, NECOMI n'a point bénéficié d'avantages puisqu'elle devait assumer les intérêts accumulés des crédits à hauteur de 40 millions de dhs et ce, en dépit des répercussions négatives de la guerre du Golfe sur le commerce international.
Le tournant
En 1993, ce fut le déclenchement de la crise. Que s'était-il passé au juste ? Mohamed Feggane avait élaboré un projet ambitieux de production et d'export pour l'année agricole 1993 d'après des engagements pris envers des investisseurs étrangers, britanniques et bordelais. De même que l'Union européenne avait conclu un accord avec la région des Doukkalas pour la relance de l'export des produits agricoles. Pour ce, NECOMI a mobilisé tout son potentiel pour réussir cette opération, s'appuyant également sur les producteurs et industriels locaux ainsi que sur la COMANAV. Ainsi la Chambre de commerce de Bordeaux avait pu recevoir jusqu'à trente mille tonnes de légumes et agrumes pour une valeur de 180 millions de dhs. NECOMI a pu, par la suite, exporter les tomates et primeurs à hauteur de 30% du taux fixé jusqu'au mois de mars 1993 et les 70% restants, pommes de terre ,agrumes et fruits devaient être acheminés entre mars et fin juin 1993. Au moment même où les affaires allaient bon train, certaines forces occultes devaient intenter un procès contre Feggane qui a été incarcéré. Mais grâce à ses partenaires bordelais et les investigations menées, Feggane fut innocenté. L'enquête a même démontré que le plaignant n'était en fait qu'un escroc que les milieux d'affaires français devaient épingler.
L'enlisement
Entre temps NECOMI devait sombrer dans la crise du fait de l'arrêt de ses transactions. Après sa libération, Feggane devait entamer une série de négociations avec la CNCA pour résoudre les problèmes des dettes accumulées. Mais pour mieux se positionner, Feggane devait présenter un ambitieux projet touristique qu'il voulait mettre en place en partenariat avec des sociétés françaises et belges. Ce projet a même attiré l'attention du géant Bouygues, de la société allemande Robin Club, de la société FINACCOR et de la société irlandaise Thames Ressources. Après plusieurs rounds de négociations, le choix a été porté sur la société spécialisée de Lotfi SOPERISME. Les contrats ont été conclus sous l'égide de la commission centrale des crédits qui a supervisé l'achat par Lotfi du projet pour la somme de 165 millions de dhs. Toutefois, après la désignation d'une nouvelle direction à la tête de la CNCA, le projet a été bloqué. L'affaire qui devait profiter à toutes la parties, y compris à la CNCA , s'est avérée la cause principale des déboires de Feggane et du directeur général Rachid Haddaoui. Encore une fois, le sort s'acharne sur ces deux personnes qui devaient être accusées d'avoir dilapidé des fonds, alors qu'elles avaient tout fait pour les préserver. Pendant de longs mois Feggane envoyait les correspondances à la CNCA, demandant à résoudre les problèmes en suspens. En vain. Comme si les comploteurs voulaient absolument utiliser la carte Feggane pour tendre un piège à Haddaoui. En tout cas, et après toutes ces années de souffrance, Feggane est certain que la vérité éclatera.
Mais il y a aussi le volet des rapports de Feggane avec le CIH. Qu'en est-il exactement ? A partir de 1995, Feggane devait ouvrir un compte auprès de cette institution pour lui faciliter les transactions commerciales avec ses partenaires français. Son chiffre d'affaires pour 1995-1996 était de 11 millions de dhs et en 1996-1997 ce chiffre a été évalué à 47 millions. Les prévisions de Feggane pour la saison agricole de 1998 tablaient sur un chiffre d'affaires de 100 millions de dhs. Et au moment même où Feggane négociait les contrats à Bordeaux, la CNCA déposa une plainte contre lui sans aucun préavis. A son tour, le CIH devait déposer une autre plainte contre le promoteur, alors qu'aucun litige ne les opposait. D'ailleurs, les responsables du CIH devaient justifier leur démarche par le fait que l'institution pourrait bénéficier du dédommagement de la part des assureurs. Ainsi donc, la justice condamna Feggane à 20 ans de prison par contumace, alors que l'accusé n'était pas en délit de fuite et qu'il n'avait jamais reçu de convocation à son adresse française. Après ce verdict, Feggane décida de renter au pays, confiant en la justice et persuadé de son innocence. Mais son calvaire dure depuis.
Ce sont là les principales étapes de cette affaire abracadabrante où se mêlent certainement les intérêts de certains lobbies tentaculaires. Mais il faut souligner que notre examen des dossiers nous a révélé la vérité suivante : l'affaire Feggane a été montée de toutes pièces. Même la commission d'enquête parlementaire a abouti à la conclusion que la société Oum Errabiï n'a bénéficié d'aucun traitement de faveur. Mais il se trouve, bizarrement, que Feggane est le seul et unique client à avoir été traité de la sorte. Une injustice flagrante qui fait dire à Feggane qu'il demeurait optimiste surtout après qu'il ait lu les déclarations du ministre de la justice à la Gazette du Maroc dans lesquelles il s'attachait au principe de l'égalité de tous les Marocains devant la justice. Les responsables sont appelés à réexaminer les tenants et les aboutissants de cette affaire obscure et permettre à un promoteur, qui a cru en son pays, de retrouver tous ses droits pour ne plus figurer uniquement sous le numéro 14855.


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