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A. Khatib, les défauts de la vertu
Publié dans La Gazette du Maroc le 27 - 10 - 2003

“Personne n'est exempt de dire des fadaises, le malheur est de les dire sérieusement”. La Bruyère
Mustapha Sahel est ministre de l'Intérieur. Abdelkrim Khatib, lui, est un habitué du sérail et non moins chef du PJD. Ils ont eu un entretien téléphonique. Le voici :
Sahel : “allo, ministre de l'Intérieur à l'appareil.
Khatib : bienvenue.
Sahel : vous déclarez la guerre contre l'Irak ?
Khatib : pas du tout, pourquoi dites-vous ça ?
Sahel : sinon, comment considérez-vous l'élection de Mustapha Ramid à la tête du groupe parlementaire du PJD ? C'est là une rupture totale (en français dans le texte).
Khatib : écoute monsieur Sahel. Ramid est un monarchiste, moi aussi mon parti et ma famille sont au service du Roi. Si le Roi a un problème avec nous, et je ne le pense pas, qu'Il nous contacte ! ”.
Alors comment vous demandez-vous si j'ai mis le ministre de l'Intérieur sur écoute, hein ? Non, j'aurai aimé, mais aussi humble que je suis je ne peux y prétendre. C'est donc Khatib que vous filez ? Non plus. La communication ci-dessus transcrite est publiée noir sur blanc, par notre collègue “Al Ayyam” de cette semaine. Actualité oblige, un de nos confrères –dont nous saluons hautement le scoop- a fait son boulot. Il a pu dénicher, presque mot à mot, la conversation. Question : qui, des deux clients de télécom (je devine qu'ils sont des abonnés !) a pu vendre la mèche ? On voit mal un ministre, qui plus est de l'Intérieur, appeler un journaliste pour lui déballer tout. Les raisons ne manquent pas. Entre autres : la vieille rivalité entre le pouvoir et les médias. Moralité ? Il faut chercher ailleurs. Mais quoi qu'il en soit, ce “vice de forme”, pour emprunter une formule très chère au juriste, est très éloquent. C'est effectivement un syndrome très inquiétant. Il n'en révèle pas moins l'état d'esprit, belliqueux et inconséquent, qui s'empare, depuis un certain temps de notre élite. Tartuffe, de Molière, avait déjà trouvé la formule : “on n'y respecte rien, chacun y parle haut” ! Pas pour ne dire que les meilleures choses, hélas !
Vice de fond, maintenant. Le docteur Khatib est apparemment très furieux. Il croit, haut et fort, à une immixtion des services dans les affaires internes de son parti. Inadmissible, certes. Là où le bât blesse, c'est quand il implique le Souverain, dans la discussion. Sans, pour autant, que le contexte s'y prête : “écoutez Sahel, Ramid est un monarchiste, moi aussi”. Soit. Et lui de s'emporter encore plus : “si le Roi a un problème avec nous (sic), qu'Il nous contacte”.
Disons que personne ne met en doute la fidélité de Khatib. Son parcours de vieux patriote, son passé politique et d'autres choses plaident pour lui. Seulement voilà. L'attachement du chef de file du PJD, le cas échéant, ne serrait que trouble ressemblance avec son contraire : l'irrespect.
Oui, le mot est craché. Docteur Khatib, effectivement, «coupe l'écoute» et attend l'appel du Roi. “Qu'Il nous contacte”, dit-il. On se pose la question : que sert le dénouement là où manque le respect ? Il y a lieu de se poser la question sans chercher à porter préjudice au vieux patriote. Car, c'est le cas de la dire, la véritable politesse se montre sans peine quand on en a.
Du haut de ses quatre-vingts ans, Khatib aurait mieux fait. Même pour rejeter un soupçon de pression de la part de l'exécutif. D'ailleurs c'est son droit le plus élémentaire. Il s'est énervé, il a tort. Peut-être que Sahel a eu le malheur de lui déplaire en lui dévoilant un peu l'avenir qui serait celui des relations de l'Etat avec son parti. Est-ce suffisant, néanmoins, pour faire preuve de mauvais goût (=plaisir aristocratique de déplaire) ? On ne sait que trop que la colère est tout, sauf bonne conseillère. Le PJD en chef en a déjà fait les frais. On s'en souvient encore : il avait déjà soulevé l'éventualité d'un coup d'Etat qui se trame quelque part dans le Royaume. La suite est désormais connue : rectification de tir, par presse interposée. Il aurait tiré les enseignements qui s'imposent. Hélas, il persiste et signe.
Cette fois-ci, ce n'est guère la colère seule qui lui joue un mauvais tour. Il y a aussi une certaine idée de l'audace, la sienne. Sage comme il est, le Docteur de la résistance sait mieux que d'autres qu'il y a des moments de crise (politique ou autre) où la simplicité est le meilleur manège du monde. Encore : quand on a l'audace, il reste à prouver qu'on peut s'en servir. Au mieux. L'audace, aussi, a son tact. Je me résume ainsi : savoir jusqu'ou l'on peut aller trop loin ! Et réciproquement ? Docteur Khatib est un homme paradoxal. Oui, il témoigne d'un dévouement qui, le cas échéant, le conduit à l'irrespect. C'est à conclure qu'il y a “certains défauts qui marquent une bonne âme que certaines vertus”. Dixit un vieux sage français.


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