Maroc : Les distributeurs de gaz annulent leur suspension d'activité après un accord    Guercif and Laayoune police dismantle fraud network impersonating public officials    Maroc : 5 arrestations pour escroquerie téléphonique et usurpation d'identité de fonctionnaires    Marrakech police detain suspects in store vandalism case    Casablanca : Amine Boudchar repense le concert orchestral avec une création immersive    Arabie Saoudite : Hervé Renard évincé, un marocain pour le remplacer ?    La Roumaine Anda Filip nouvelle secrétaire générale de l'UIP    Man United : Noussair Mazraoui brille face à Chelsea et séduit en Angleterre    Ligue des Champions : L'AS FAR en finale, Alexandre Santos très ému    Ligue 1 : Sofiane Boufal débloque enfin son compteur    CAN 2027 : la CAF s'inquiète des retards chez les pays hôtes    La Turquie accuse Israël de vouloir créer un "fait accompli" au Liban    Trump annonce un nouveau round de négociations avec l'Iran    Pyongyang tire plusieurs missiles balistiques de courte portée    LOSC : Bruno Genesio rassure sur l'état d'Ayyoub Bouaddi après sa sortie face à Nice    Tinghir: Tehraoui lance les services de 19 infrastructures de santé réparties sur quatre régions    DGSN. Hammouchi dote plusieurs villes du Royaume de nouvelles jeunes compétences sécuritaires    Mise en service de 19 infrastructures de santé réparties sur quatre régions    Sahara : L'Algérie joue la carte des hydrocarbures pour séduire les Etats-Unis    GITEX Africa 2026 : le Groupe BCP dévoile sa nouvelle stratégie digitale et continentale    Etats-Unis : Une délégation marocaine de haut niveau reçue par le secrétaire à la Défense    Franchise Exhibition Morocco : One Retail vise 500 points de vente en 2026 (VIDEO)    Maroc-USA: Une importante délégation marocaine reçue par le Secrétaire américain à la Guerre    Bourse de Casablanca : le MASI enregistre une solide progression hebdomadaire    Elu Produit de l'Année Maroc, Ce que révèlent les choix des Marocains : le palmarès 2026    Le Maroc renforce sa coopération agricole en choisissant le Portugal comme invité d'honneur du Salon de l'Agriculture de Meknès 2026    Vers un leadership continental... le Maroc parmi les pays africains les plus avancés dans les technologies spatiales    Comment les consulats marocains en Espagne s'adaptent à l'afflux massif de demandes de régularisation    Akhannouch: Le dialogue social n'a jamais été un engagement ponctuel, mais un choix politique clair et assumé    Tétouan: deux enfants meurent dans l'effondrement partiel d'une habitation dans la médina    Code de la famille : Lachgar appelle les Marocaines à "se venger" à travers les urnes    La Société Régionale Multiservices Casablanca-Settat rapproche ses services des citoyens et élargit son réseau d'agences au profit de 5 millions de clients    L'actrice franco-marocaine Nadia Farès décède à 57 ans à Paris    Nouveau projet de loi contre le piratage des retransmissions sportives en direct    Diplomatie. L'Equateur annonce l'extension de sa couverture consulaire au Sahara marocain    Dialogue social : Le gouvernement dresse le bilan et réaffirme ses engagements    Concert : Ino Casablanca, "EXTASIA" en tournée marocaine    Arts plastiques : Ilias Selfati fait fleurir le papier    Selon Trump, l'Iran accepte de "ne plus jamais fermer le détroit d'Ormuz"    Info en images. Transport routier : Hausse de 25% du soutien octroyé aux professionnels    Un journal canadien salue le Maroc et le met en avant comme puissance du renseignement pour la sécurité du Mondial    Casablanca : le navire-école indien INS Sudarshini en escale pour renforcer la coopération navale    Arts plastiques : Larbi Cherkaoui, l'expérience-limite de la lettre à L'Atelier 21    Le service militaire, un chantier royal prometteur pour former les jeunes et répondre aux exigences du marché de l'emploi    Coopération Chine-Mozambique : pour le renforcement du partenariat stratégique global Partager    Belmkaddem : «Entre étoffes et moteurs, une célébration des cultures»    Festival Films Femmes Afrique de Dakar : Deux films marocains dans la compétition    Turquie: Un adolescent commet une tuerie dans une école    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Un symbole ancestral
Publié dans La Gazette du Maroc le 06 - 05 - 2002


Le thé à la menthe
D'abord, mettez environ deux cuillères à café de thé dans la théière “ berrad ”, versez-y un peu d'eau chaude et remuez. Puis, versez le liquide obtenu dans un verre que vous mettez de côté. Ajoutez-y
une cuillère de thé et quelques morceaux de sucre et faites chauffer (t'chaher) le thé jusqu'à ébullition, puis, ajoutez-y le contenu du verre que vous avez mis de côté.
Laissez infuser le thé, le temps d'incorporer (t'siyess) toutes ses composantes et buvez. Le premier “ verre ” est réputé le plus savoureux. Pour la préparation du deuxième “ verre ”, reprenez la même opération en ajoutant de la menthe et/ou de l'absinthe. Voici le détail d'un rituel alimentaire séculier, ancré dans le mode de vie des Marocains : le thé traditionnel à la menthe. Nul n'est dépourvu de culture, puisque chacun adopte les attitudes du groupe social qui est le sien. A cet égard, l'observation des pratiques alimentaires peut s'avérer très utile pour lever le voile sur les modes de vie qui déterminent les traits culturels spécifiques à chaque communauté. Dans ce sens, l'observateur ne manquera pas de relever la relation privilégiée qu'entretiennent les Marocains avec le thé traditionnel, en tant que pratique alimentaire de base de tous les jours.
D'ailleurs, les écrits historiques portant sur le Royaume témoignent de l'importance prépondérante du thé dans la vie quotidienne des Marocains. En effet, les dynasties qui se sont succédé au Maroc ont adopté le thé comme partie intégrante de leur mode de vie. Ainsi, les Alaouites ont toujours considéré le thé comme une composante essentielle de l'hospitalité à l'égard des hôtes qui venaient au Royaume. La preuve en est l'intérêt que portaient les sultans alaouites à l'importation et à la commercialisation du thé, surtout celui d'Asie orientale. Cette tradition s'est perpétuée durant le protectorat. À ce propos, les Marocains refusaient de consommer le café qui symbolisait, selon eux, la culture du colonisateur français. Ce faisant, ils gardaient intactes leurs pratiques alimentaires en considérant le “ thé ”, non seulement comme un trait culturel qui caractérise les Marocains, mais aussi comme un symbole culturel qui renforçait le patriotisme et la solidarité dans la lutte pour l'indépendance. Pendant le protectorat français, les Marocains ont eu l'idée de consommer le thé accompagné de dattes, pour compenser l'absence du sucre dont ils étaient privés à cette époque.
La situation n'a guère changé après l'indépendance, puisque le “ thé traditionnel ” s'est même imposé comme un rituel traditionnel officiel, même dans les cercles du pouvoir. En effet, lors de la célébration des cérémonies officielles, par exemple, le Roi invite toujours ses hôtes à déguster ensemble un verre de thé, souvent servi par un professionnel, nommé communément “ As-saki ”.
Désormais, le “ thé ” est considéré comme le symbole culturel, par excellence de la tradition gastronomique marocaine. Il n'est nul foyer au Maroc qui ne dispose des accessoires relatifs à la préparation du thé (berrad, sinniya…etc.). Plus, les us et coutumes marocaines prévoient la présentation de ces accessoires, souvent en argent, par l'époux à sa future conjointe, pour lui témoigner son respect et sa considération. D'ailleurs, le thé demeure, de loin, la boisson traditionnelle préférée pour accompagner la célébration des fêtes et des mariages. Il suffit de rappeler que le thé traditionnel a marqué les chants et les contes populaires marocains, à l'image de la musique traditionnelle du “ Malhoun ” qui a célébré le thé traditionnel dans le fameux “ poème ” intitulé : “ Sinniya ”.
Le fameux thé traditionnel à la menthe a même été reconverti en outil de marketing dans les campagnes publicitaires réalisées par les professionnels du tourisme. Du coup, il figure sur les menus de toutes les chaînes de restauration et d'hôtels. Pour aller plus loin, il peut être considéré comme un trait culturel incontestable, qui marque l'identité collective de la communauté marocaine. Autrement dit, c'est un “ melting pot ” identitaire, qui consolide la solidarité et l'homogénéité de communautés multiculturelles et pluriethniques. Ainsi, malgré les différences culturelles dont regorge le Royaume, le thé traditionnel demeure une base commune pour toutes les ethnies. De fait, peu importe que vous soyez Rifain, Sahraoui, Bidaoui, Berbère, Fassi ou autre, le thé traditionnel étant organiquement lié aux pratiques alimentaires de tous les Marocains sans exception.
D'ailleurs, l'observation des pratiques alimentaires des Marocains atteste d'une consommation croissante du thé traditionnel, même s'il n'existe pas d'études empiriques sur le sujet. En effet, ils se sont habitués à boire sans modération le thé traditionnel. La preuve en est la consommation excessive du sucre qui doit accompagner le “ thé ”. Une des raisons de cet excès réside, sans doute, dans la précarité du niveau de vie des Marocains, qui ont trouvé dans le thé un moyen de subvenir à leurs besoins alimentaires.
Résultat, le thé traditionnel est en train de perdre sa portée culturelle, pour se réduire à une denrée vidée de toute substance symbolique. Pis encore, il est souvent associé à la pauvreté. D'où la fameuse association à connotation péjorative : le pain et le thé sont les sources de vie des plus démunis. Voilà comment l'étude des pratiques alimentaires, aussi ordinaires soient-elles, peut nous renseigner sur la situation socio-économique et politique d'un pays. À votre santé !
Aziz Chahir


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.