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Les confidences du garde du corps de Ben Laden
Publié dans La Gazette du Maroc le 26 - 07 - 2004

Fin de l'instruction du procès d'Abdellah Tabarak et ses compagnons
Le procès de Abdellah Tabarak, le présumé garde du corps d'Oussama Ben Laden, débute cette semaine devant la chambre criminelle de la Cour d'appel de Rabat. Au cours de l'instruction, Tabarak persiste pour faire tomber toutes les charges retenues contre lui. Détenu durant trois années dans une base cubaine transformée en immense camp de concentration à ciel ouvert et tout en barbelés. Qui est cet homme ? Quel a été son passage en Afghanistan ? Et comment il est tombé dans les filets de l'armée américaine.
Il s'appelle Abdellah Tabarak. Il est Marocain, âgé de 49 ans. Il a été arrêté en 2001 lors de l'attaque américaine contre les montagnes de Tora Bora, ex-dernier carré de résistance des Talibans. Présumé garde du corps de Ben Laden, il est présenté à la justice marocaine comme l'homme qui a permis à celui-ci d'échapper à la gigantesque souricière tendue par l'armée et les services américains, après que l'homme de confiance ait couvert jusqu'au bout la fuite de son chef spirituel. Extradé de Guantanamo et remis aux autorités marocaines depuis le 1er août dernier, il croupit dans les geôles de la prison civile de Salé, en compagnie de quatre autres Marocains de Guantanamo (Mohamed Ouzar, Mohamed Mazouz, Redouane Chekkouri et Brahim Benchekroun ), en attendant sa comparution devant la chambre criminelle de Rabat pour jugement. Les chefs d'accusation retenus contre lui et ses compagnons, maintenues pendant toutes les phases de son procès, sont d'une extrême gravité. Ils vont de la constitution d'une bande criminelle et préparation d'actes terroristes à l'exécution d'un projet collectif visant à attenter à l'ordre public en passant par le faux et usage de faux et l'appartenance à une organisation terroriste. Des faits réprouvés par la procédure du code pénal en vertu des dispositions desquelles il est poursuivi.
Interrogatoires et aveux
De sa cellule à Salé, l'homme ne cesse de clamer son innocence à travers les déclarations acerbes de son avocat de Rabat, Me Abdelfettah Zahrach, et les entretiens accordés à la presse nationale. Lors de ses différentes auditions et comparutions devant la BNPJ et le juge d'instruction de la Cour d'appel de Rabat, Mohamed Chentouf, Abdellah Tabarak persiste, tant bien que mal, à faire tomber les charges décisives retenues contre lui dans l'éclipse mystérieuse du milliardaire saoudien qui a été révélée tout au début par le Washington Post et Seattle Times.
En effet, les deux publications américaines, qui s'appuyaient sur des documents du ministère américain de la Défense et l'enquête des agents des services secrets marocains qui ont spécialement fait le déplacement à Guantanamo, ont été les premières à dévoiler l'identité et la fonction de Tabarak grâce auquel le chef du réseau Al Qaïda avait réussi à s'enfuir lors de la bataille de Tora Bora. Aujourd'hui, de là où il se trouve, Abdellah Tabarak dément cette information et soutient qu'il a fait le déplacement en Afghanistan uniquement pour enseigner le Coran à Peshawar. Il reconnaît, toutefois, qu'il a rencontré, à plusieurs reprises, Oussama Ben Laden, sans pour autant adhérer à son organisation terroriste. “Je n'ai jamais combattu auprès de Ben Laden et je n'ai jamais eu d'informations sur la préparation des attentats du 11 septembre”, a
assuré Abdellah Tabarak lors de sa dernière audience par le juge d'instruction de la Cour d'appel de Rabat. Et de s'interroger: “si j'étais effectivement le disciple le plus proche de Ben Laden, pensez-vous que les autorités américaines allaient me livrer à la justice marocaine, sachant que jusqu'à présent
treize Marocains sont toujours en détention à Guantanamo...”. Les arguments de Tabarak sont appuyés par une autre version selon laquelle il a été “monnayé” et présenté par un Pakistanais aux Américains, comme étant le garde du corps de Ben Laden, en contrepartie de 5000 dollars. C'était l'époque où l'armée américaine avait mis à prix toutes les grosses têtes du mouvement Al Qaïda en Afghanistan.
Devant le juge d'instruction de la Cour d'appel de Rabat, Tabarak a assuré qu'il ne connaissait, jusqu'à son arrestation par les forces américaines, aucun des autres détenus extradés de cette base cubaine transformée en un immense camp de concentration à ciel ouvert et tout en barbelés. Une base où sont rassemblés des captifs talibans, où charriaient régulièrement des noms d'intégristes marocains présumés impliqués dans la croisade sanglante de Ben Laden.
Compétence contestée
Jusqu'à quelques semaines, ils étaient dix-huit Marocains parmi les six cents prisonniers de la base cubaine. À présent, ils ne sont plus que treize, dont certains se trouvent dans un état psychique critique, a confié Tabarak à son avocat. Depuis leur arrestation en Afghanistan, ils ont passé plus de trois années enfermés à Guantanamo, où ils auraient subi les pires tortures, avant leur transfert au Maroc. Pour le cas de Tabarak, “il a été détenu dans ce centre américain où il a été frappé et maintenu en cellule d'isolement”, a affirmé l'avocat au juge d'instruction.
“Et c'est justement là où le bât blesse selon Me Zahrach. Quand il a été remis aux autorités marocaines, nous pensions qu'il allait être libéré, au lieu de cela, la Cour d'appel de Rabat l'a accusé sans aucune preuve tangible d'avoir participé à un groupe criminel ainsi que d'avoir porté atteinte à la sécurité de l'Etat”, fait-il remarquer. Les avocats de la défense estiment que la justice marocaine est “incompétente” pour juger une telle affaire car les actes reprochés aux mis en cause ont été commis en dehors du territoire national.
Contrepoids
Cependant, la défense de Tabarak et ses compagnons, assurée conjointement par Me Hilal, Ramid et Zahrach, est battue en brèche par la justice marocaine. Selon le rapport du juge d'instruction, il a été prouvé, selon les enquêtes et les investigations de la BNPJ ainsi que les différentes comparutions des détenus, leur adhésion au réseau terroriste Al Qaïda ainsi que des rapports solides et des contacts divers avec un ensemble de cellules et d'organisations qui ont les mêmes visées terroristes. Parmi les organisations concernées citées par le rapport de l'instruction figurent le “Groupe islamique des combattants marocains”, les “Marocains afghans” et le “Groupe islamique des combattants libyens”. Selon le rapport préliminaire de la Brigade nationale de la police judiciaire, les cinq détenus ont suivi des entraînements militaires en Afghanistan où ils ont notamment appris le maniement des armes et la préparation des explosifs. À ce sujet, on reproche à Abdellah Tabarak, entre autres, de ne pas avoir informé les autorités d'un projet d'attentat contre le Maroc auquel on lui aurait proposé de participer alors qu'il se trouvait au Soudan en 1995. Entre ces vérités et les contrevérités d'Abdellah Tabarak, c'est la chambre criminelle de Rabat qui tranchera.
Le parcours d'un présumé disciple de Ben Laden
Avant d'intégrer la mouvance islamique en Afghanistan, Abdellah Tabarak, né à Oulad Frej dans la province d'El Jadida le 12 décembre 1955, occupait le poste de receveur de la régie autonome des transports en commun de Casablanca ( RATC ). L'homme n'avait atteint que le niveau secondaire et menait au temps où il était installé à Casablanca une vie tranquille avant de s'engager petit à petit sous l'influence d'un certain Mohamed Nouamani, dans le mouvement “Jamaat Adaawa wa Tabligh” en 1977. Depuis, il a quitté cette organisation islamiste pour intégrer le groupe de Cheikh Yassine, d'Al Adl Wal Ihsane qu'il abandonna pour rejoindre le Pakistan puis l'Afghanistan. Parti avec sa toute sa famille, pour une courte durée, Abdellah Tabarak est aussitôt rentré au Maroc pour liquider toutes ses affaires pour un éventuel long séjour dans la région. Du Pakistan, Abdellah Tabarak est passé par le Soudan, l'Arabie Saoudite et l'Afghanistan, suivant les traces de Ben Laden là où il se trouvait. Ce n'est qu'en 2001 qu'il fut arrêté, emprisonné, pendant un mois à Kaboul, puis transféré à la base militaire de Guantanamo avant d'être remis en août 2004 aux autorités marocaines.


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